• Nom Collecteur: J Collet.
  • Date Création: 10-01-2026
  • Commune concernée: MEZERIAT
  • Catégorie principale: Présentation de la commune

TOPONYMIE : "science" des noms de lieux (toponymes), au carrefour de l'histoire, de la géographie et de la linguistique.

Lieudit : lieu, endroit d'une commune qui porte un nom particulier. Nom donné aux champs, prés, bois, terres et à tous des hameaux d'une commune.

 Le cadastre napoléonien (1811)

Cadastre parcellaire, institué par la loi du 15 septembre 1807, il fut levé de 1808 à 1850 par des méthodes d'arpentage. Un travail remarquable, incontournable, qui a fixé les toponymes sur le papier. C'était aussi un outil juridique et fiscal permettant d'imposer équitablement les citoyens aux contributions foncières. Il fut révisé à partir de 1930. Nous avons compté sur Mézériat 230 toponymes sans parler des cours d'eau et des étangs. À titre de comparaison : 170 à Vonnas. Et nous ne mentionnons pas les micro-toponymes qu'on trouve dans les états de section et la matrice cadastrale.

Le plan napoléonien de Mézériat est constitué de 4 sections : A dite des Fays ; B, dite du Village ; C, dite de Montfalcon ; D, dite des Curtalins.

Chacune de ces sections comprend respectivement 4, 2, 2, et 2 subdivisions, soit 10 feuilles au total.

Beaucoup de noms de lieux sont mystérieux. Souvent très anciens, leur graphie et leur prononciation ont été altérées au cours des temps. Retrouver leur sens originel nécessite bien des recherches. C'est l'objet de la toponymie.

Nous nous référons ci-dessous au corpus du plan napoléonien de 1811.

Essai de classement des toponymes de Mézériat.

Des toponymes sont très fréquents dans notre région : on les trouve dans les communes voisines : Chanoz, Chaveyriat,Vonnas...et ailleurs, comme les Platières, les Rippes, les Belouses, le Vernet...

¶ On trouve beaucoup de lieux-dits avec le patronyme de l'un des propriétaires : Vernay Guichard (C1), verchère Chavagnat (C1), champ Goiffon, rippe Cathelin (D1) aux Roux (A4), au Roux (B2).

E.Dubois (monographie, p.78) note l'existence des familles Roux, Nallin, Curtalins, Genevon vers 1750 et pense qu'elles ont donné leur nom aux hameaux éponymes.On pourrait ajouter les Roussets (Rosset en 1811).

¶ Des noms de lieux évoquent la topographie, le relief, l'exposition des terres, ainsi : la Baisse (pâturage bas), Bassolles : ces noms parlent d'eux-mêmes.

Les Covettes/ Couvettes (B1) vient du latin cupa (cuvette) ; cela correspond bien à l'emplacement.

Le mot gaulois cumba (vallonnement, creux) a donné le toponyme la Combe (A2), les Combes (B2).

-  Les Platières (A1, B2, C2), les Plaines, au Plan (D2) désignent des espaces plats ; ce sont là des noms de lieux très fréquents.

Le latin vallis (vallée) est fort productif avec tous les toponymes commençant par vau- val- ainsi Laval à Vonnas et Vaudrenant, dont la seconde partie pourrait représenter un patronyme germanique.

Par contre, Montfalcon (monte falconis vers 1135), mot germanique emprunté au latin falconis (faucon), évoque un lieu plus élevé. Au Paradis (C2) désigne une terre bien exposée en hauteur.

Champvent : champ venteux. Ce toponyme se retrouve à Polliat et à Chanoz.

-  De nombreux toponymes renseignent sur la taille ou forme des parcelles : Champ Long (A3), au petit Bois (A1), aux grands Prés (A1), Grandes Terres (C2).

Appellations empruntées au règne végétal.

-  Beaucoup de toponymes se rapportent à la forêt et aux bois : grand

Taillis (A1), bois Recornet, bois Baricot, bois de la Tête, bois des Brolières (C1), bois de Laigue (A4).

 1. Les arbres : l'aulne est connu chez nous sous le nom de verne, d'où les lieudits : grand Vernay (D2), verne Géruffe (A3), Mauvernay (B1) : mauvais bois (de vernes), Vernay Guichard (C1).

La présence de bouleaux (du latin betulla, radical gaulois bett) est attestée par des toponymes comme : les Bioleys (A3), champ Biollet (D2).[ À Chanoz : les Bieux et à Chaveyriat : les Boulets].

Le tremble (latin : tremulus) a donné aux Trembley (D1), lieu planté de trembles. Le hêtre (fagus en latin, fayard nom régional) est à l'origine du toponyme Fay ou Faya : les Fays (A), au Fayard (A3).

 2.Les cultures. Jusqu'aux années 1970, chaque ferme avait ses vignes.Nous trouvons : Vigne vieille, vignes de Bayard (B2), vignes des Curtalins (D1), terre de la vigne (C1). Les vignes ont disparu depuis, sauf une aux Curtallins

- Citons aussi : au Pêcher (A1) ; au Chenevier (D2), Chenevière (D1) attestent de la culture du chanvre.

 3.Le latin pratum (pré) a donné Prairiat (A1), la Prod (A4). Citons aussi le Pré de la mousse (A1), aux Bruyères (A4).

Bonne terre à côté de la maison : aux Verchères (A3), verchère Chavagnat (C1).

 Curtil : jardin clos de haies, attenant à la ferme : au curtil Geai (D1).

 4.Friches, jachères : le mot germanique hripa (terrain envahi par les broussailles) ripa en franco-provençal) a donné aux Rippes (D1) : rippe Charnod (A1), rippe de la Féole (A4) ; terres incultes à l'herbe rase : aux Peloux (A2, A4), la Pelouze (A4), les Pelouses (C1).

Pré, terre inculte à proximité d'une ferme (tippa en franco-provençal) : aux Teppes (A4), teppes de la Féole (A4), les Teppes (C2), le domaine des Teppes (B2),

5. On retrouve la trace des défrichements, importants aux XIe et XIIe siècles : bois Brûlé (A3), les Feuilles (D1), les Frachets (A4), dérivé du mot bressan frâche (branches cassées lors de l'abattage). Montleyssard/ Montlessard est à rapprocher du mot patois essarto (latin exsartum : terrain défriché)

¶ La gente animale est présente, le loup surtout ! en Pau loup (A2) [à Vonnas, également], grand pré de la Louve ou grand pré du Roux (A4). rippe du loup, en pisse loup (C2) : peut-être est-ce une allusion à une source.

¶ Noms (plus récents) liés aux activités humaines : La Grange (dérivé du latin granum : grain) a d'abord désigné un bâtiment pour abriter les gerbes, puis au Moyen-âge un domaine agricole : Grange Martignat (A4), Grange Neuve (A2)

Sont plus récents : la Tuilerie, la Carronnière (dérivé du mot carron).

Voies de communication : la Croix (du latin crucem carrefour, croisement de routes), les Cruisettes. Outre leur caractère religieux, les croix servaient aussi de repère aux voyageurs.

La présence de l'eau. Nous avons parlé des étangs, des "serves" : aux Mares (A1, B2). Mais ce toponyme "mare'" peut désigner aussi une terre fertile :  mare du biez (C2), Mare de by : il s’agit du bief de Chevalqueue (ou de Montlessard) ; au Marais (B1) le long du même bief ; au Gourgouillon (D2), près de l'Irance : site bourbeux, lieu de sources. Citons aussi : pré de la Fontaine (A1)

L'hydronyme d'origine préceltique Ir- se retrouve dans le nom de l'Irance (Riparia Herencie, 1467).

La Veyle (Vele, 948) viendrait d'un nom d'origine gauloise : uela (mauvaise) à cause de ses crues soudaines.

Le fief Gaillot et le bief Biboud sont mentionnés.         

Toponymie. Ouvrages consultés :

BARTHOUX H, Les noms de lieux de Bresse-Dombes, 1998.

TAVERDET G, Les noms de lieux de l'Ain, 1985.

SUTER Henry, Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site Internet.

VURPAS A.Marie, Michel Claude, Noms de lieux de l'Ain, Bonneton, 1999.

Enfin, nous avons consulté également : DIBOIS E., Monographie de la commune de Mézériat, reprint : Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, p.77,78.

         Signalétique et toponymie.

La nouvelle signalétique a fait son apparition. On doit reconnaitre qu'elle a sauvegardé de nombreux noms de hameaux et lieudits de Mézériat.

Des voies rappellent le nom des hameaux ou de maisons isolées :

-chemin des Badelles, de Bayard, de Buyet, de Champvent, de Corrobert, de Corsant, des Curtalins, des Feuilles, des Genevons, des Guyennards, de Montfalcon, de Montleyssard, des Petits Bois, des Platières, de Poyet, des Pigots,des Roux.

-impasse des Manets, de Meurnant, des Plaines, des Plans.

-route de Chandé, des Dalles, de Fay, de Prairiat, de Pont-Perdu, de Vaudrenant, de l'Étang Coton.

-rue des Nallins.

La Tuilerie a son chemin et les Carronnières ont leur lotissement.

Les Curnillards, les Covettes n'ont pas été oubliés, tout comme les cours d'eau         : impasse de la Veyle, rue de l'Irance, route des trois rivières, impasse du bief Gaillot.

D'anciens panneaux rappellent le nom des hameaux : Vaudrenant, les Guyennards...

Des toponymes vont tomber dans l'oubli avec la nouvelle signalétique. Les deux maisons du Falquet sont chemin du stade. Vernay-Guichard, est devenu 880, impasse des Genevons. Qui sait où est l'Aberjoux ? C'est le nº 231, route de Pont Perdu.  La Baisse : 322, chemin du Moulin. L'ancienne ferme de Martignat se situe chemin du bois de Laigue. Tyran d'en bas et Tyran d'en haut, deviennent 924 et 1162, route de Polliat.Grange-Coton 756, route de Fay et Grange-Neuve : 2780, route de Saint Genis.Le lieudit Marmesin (à Vaudrenant) a disparu.