PRESENTATION
Superficie : 1140 ha . Altitude : de 179 m à 224 m.
Voies principales de communication : D2 sur la limite ouest de la commune (reliant Pont-de-Veyle à Châtillon-sur-Chalaronne), et D96 reliant, d’ouest en est, la commune de Saint-André d’Huiriat à celle de Vonnas.
Les habitants sont les Biziatis et les Biziaties.
Appellations anciennes :
Bisiacum villam (875, charte de Charles-le-Chauve)
Bisiei (1250, pouillé du diocèse de Lyon)
Bysia (1285, polyptique de Saint-Paul de Lyon)
Biziacus (1325, pouillé manuscrit du diocèse de Lyon)
Bisies (1495, pancarte des droits de cire)
Bizia (1670, enquête de l’intendant Bouchu)
Bisiat (1743, description de Bourgogne)
Biziat (1790, dénombrement de Bourgogne)
(E. Philipon, Dictionnaire topographique du département de l’Ain, 1911)
Population
L’intendant Bouchu donne pour 1670 : 100 feux et 600 communiants.
Evolution démographique depuis 1793 :
Année : 1793 1851 1856 1962 1968 2006 2012 2022
Hab. : 888 1141 1060 628 610 749 817 897
(Source : EHSS et INSEE)
On note une courbe ascendante depuis la Révolution jusqu’au milieu du XIXe siècle (1851), puis une baisse jusqu’en 1962 correspondant à l’exode rural qui toucha la France dans la seconde moitié du XXe siècle. Depuis la fin des années 60, l’augmentation régulière de la population correspond à la naissance d’un nouveau phénomène « néo-rural » confirmé à Biziat par la création de 5 lotissements : les Allouets (1977), le Clos des Mûres (2000), les Acacias (2006), le Clos des Vignes (2006), le Grand Chêne (2006).
Géologie
Située à 17 km de Mâcon et à 26 km de Bourg-en-Bresse, aux confins de la Bresse et de la Dombes et proche du Val-de-Saône, la commune de Biziat demeure avant tout une entité représentative du sud de la Bresse. C’est un pays de prairies bocagères, de coteaux hérissés de bosquets, de terres grasses serties parfois de haies épaisses ou bordées de fossés profonds, paysage singulier façonné par son histoire géologique aux ères tertiaire et quaternaire. Les glaciers du quaternaire, s’ils ont le plus souvent épargné la terre bressane, ont en revanche raboté le plateau dombiste, effleurant l’extrémité sud de Biziat. Tout le nord de la commune, la vallée de la Veyle et le vallon du bief Bourbon ont été remblayés par des alluvions modernes. En remontant vers l’intérieur , les pentes présentent des affleurements parfois importants de marnes bleues de Bresse (formation argilo-calcaires très fertiles). Plus haut encore, on trouve des zones de limons anciens et enfin, les plateaux du sud-ouest ont à leur surface des limons de la Dombes d’origine glaciaire. C’est dans ce secteur que des sondages furent réalisés en 1953 par une compagnie pétrolière. La foreuse traversa des nappes de sel et de charbon et l’on décela des traces de pétrole. Mais sans doute le gisement était-il insignifiant, car il ne fut pas donné suite à cette découverte.
(Falsan et Chantre, Monographie géologique des anciens glaciers et du terrain erratique de la partie moyenne du bassin du Rhône, Lyon, 1879-1880.
Goutterand S., Etude géomorphologique des flux glaciairesdans les Alpes nord-occidentales au pléistocène récent, thèse de doctorat, 2010)
Environnement et hydrographie
Paysage authentiquement bressan, le bocage est toujours bien représenté à Biziat, même s’il a dû reculer quelque peu ces dernières décennies devant l’avancée des terres labourables, le plus souvent dédiées à une monoculture : blé, maïs, colza, tournesol notamment. Le temps est loin où la vigne prospérait sur les coteaux de Biziat. Voici ce que pensait de son pays Jean-Marie Monnier, un notable local du XVIIIe siècle : « La paroisse de Biziat est sans contredit une des meilleures de la Bresse ; elle produit toutes sortes de denrées et même du très bon vin ; elle est dans une situation des plus agréables, étant sur différents petits coteaux ;…l’air y est très pur, n’y ayant ni bois ni étang, tout étant parfaitement cultivé ; les eaux y sont très bonnes ».
Elles y sont aussi fort abondantes. La Veyle, d’abord, venue de Vonnas, dont le bras sud devient la Petite Veyle lorsqu’elle se divise au Gour des Parties. Cette rivière traverse ou longe la commune sur presque 8 km avec une pente moyenne d’un mètre par kilomètre. Elle reçoit, près du moulin du Geai, le bief Bourbon, grossi lui-même, au sud de la commune, des eaux du bief Berthelon, venu de Saint-Julien-sur-Veyle. A l’ouest, venu de Saint-André d’Huiriat, le bief de Vieudon, effectue un bref parcours sur Biziat avant de poursuivre sur Laiz sous un nouveau nom : le Malivert. D’autres cours d’eau, plus modestes, traversent ou longent la commune : la Méserine, le bief des Gondées, le bief de Mont-Goux, ou encore le bief de Morbier.
Cette riche hydrographie a donné naissance dans la vallée de la Veyle à une large zone humide dont le biotope bénéficie d’une protection concrétisée par l’arrêté préfectoral du 27 décembre 2012. Entre autres espèces sensibles protégées par cet arrêté figurent la libellule Oxygastra Cuitisii et la fritillaire pintade, espèces emblématiques des prairies humides bocagères.
Parallèlement, la restructuration du milieu aquatique s’est poursuivie, en 2006, avec le reméandrage de la Petite Veyle en amont du moulin du Geai et la revégétalisation de ses rives.
(Jean-Marie Monnier, Mémoires généalogiques sur la famille Monnier, manuscrit, médiathèque R. Vaillant ; cartes IGN, plans cadastraux, publications du syndicat Veyle Vivante)
Hameaux, lieux-dits et étymologie
Biziat, dont l’origine pourrait être l’anthroponyme celtique Bisius, a de nombreux hameaux et lieux-dits. En voici quelques-uns.
Rétissinge : c’est le plus gros hameau de la commune ; l’origine en serait Restisengia (971) composé de l’élément germanique Rest, lui-même emprunté au latin restu suivi du suffixe –ingas.
Chanal : issu de cassano, chêne, chênaie.
Dégletagnes : (Gletaigne, 1331) pourrait désigner un lieu où pousse l’églantier, aquilent. Ce nom semble être propre à Biziat où l’on trouve plusieurs familles Dégletagnes.
Bey : un des plus importants hameaux de la commune. Pourrait venir de bedu, bief ?
Rameaux : rappelle probablement un bien ou un droit appartenant aux moines qui furent longtemps établis à Biziat.
Pain-Bénit : sans doute la même origine que Rameaux.
Stivan : (Setivan avant 1939) ; un des plus hauts coteaux de Biziat.
Savaron : un des plus hauts points de la commune. Il tient son nom d’un seigneur lyonnais, Ennemond Savaron, qui en fit l’acquisition en 1698.
Le Creuzet : situé « dans un creux », en bas d’un vallon.
Les Maholières : on a pu penser que ce toponyme viendrait du nom propre Mahaut, ancienne forme de Mathilde, avec ajout du suffixe -ère ou –lière.
La Moussière : le nom viendrait de la présence de mousse à cet endroit. Très ancien fief appartenant à l’origine à des seigneurs en portant le nom, cette terre changea très souvent de possesseur. Naguères s’élevait encore ici un château avec chapelle, dépendances, fermes et un important domaine agricole. Il n’en reste pratiquement plus rien aujourd’hui.
Ce panel ne donne qu’un faible aperçu de la richesse toponymique et microtoponymique de Biziat qui atteignait un demi-millier de toponymes attestés à l’écrit ou usités seulement oralement. La majorité a aujourd’hui sombré dans l’oubli et beaucoup d’autres ne sont plus guère utilisés. Le plan cadastral de 1939 en a conservé 80.
(Vurpas A.M. et Michel C., Noms de lieux de l'Ain, 1999)