LES CHEMINS de PERREX en 1836
Si ,en 2025, la valorisation des des chemins vicinaux contribue à la sauvegarde des paysages, deux siècles auparavant les chemins communaux focalisaient les angoisses des résidents, principalement pour deux raisons : d’une part, le bourg et les hameaux de Perrex étaient éloignés des grands voies de circulation vers Macon, Bourg et Chatillon ; d’autre part, les chemins étaient souvent impraticables en raison d’un climat fortement humide. Aussi la communauté devait consentir un effort conséquent pour assurer l’entretien des chemins. Une enquête réalisée en 1836 permet d’identifier très précisément le réseau des chemins communaux et de comprendre l’ampleur de la difficulté à laquelle était confrontée la municipalité.
Le 22 décembre 1836, l’état général des chemins sur la commune de Perrex répondait à l’injonction des lois sur les chemins vicinaux du 28 juillet 1824 et du 21 mai 1836 (inventaire des chemins communaux sur 23 pages du registre des délibérations en format in quarto). Le 7 août 1864, en invoquant l’effort considérable supporté par la commune, le conseil municipal sollicite l’aide de l’Etat pour l’entretien des chemins communaux.
« Depuis 1853, la commune a fait de grandes choses pour ses chemins vicinaux grâce à l’activité et au zèle de Monsieur le maire et à la bonne volonté du conseil municipal. Avant 1853, à peine deux kilomètres de chemins étaient-ils en bon état, le reste était impraticable. Dans les mauvais temps, on ne pouvait pénétrer ni en voiture ni à pied. Mais aujourd’hui plus de 12 kilomètres de chemins sont élargis, redressés, empierrés. Ces chemins ont partout une largeur de 7 ou 8 mètres et sont bordés de fossés bien entretenus. La commune de Perrex n’est parvenue à obtenir de tels résultats qu’en se surchargeant d’impôts ; le chemin de grand communication n° 25 et le chemin d’intérêt commun n° 1 lui ayant toujours enlevé les deux tiers de ses ressources en prestations, elle a été obligée de s’imposer extraordinairement et tous les ans pour poursuivre son but d’amélioration. Quoique presque toujours les particuliers aient cédé gratuitement leurs terrains pour l’élargissement des chemins et que des souscriptions volontaires soient venues s’adjoindre à ses faibles ressources pour une somme totale de 10.000 francs, elle n’a pas moins en dix ans fait l’énorme sacrifice de 11 082 francs par votes spéciaux et impositions extraordinaires régulièrement autorisées... Dans les endroits plus favorisés sous le rapport des matériaux, on aurait pu faire davantage peut-être, mais pour la commune de Perrex, il faut qu’elle aille jusqu’à Vonnas chercher du gravier qui lui revient rendu et étendu sur les chemins à plus de 5 francs le mètre l’un dans l’autre. »
Le 5 août 1862, moins de trente années plus tard, le nombre des chemins communaux est réduit et la municipalité procède à la vente de vieux chemins : « La séance ouverte, le maire expose au conseil municipal qu’il reste encore dans la commune une certaine quantité d’excédents de vieux chemins devenus inutiles à la viabilité par suite de rectifications récemment opérées; que la vente de ces parcelles pourrait produire une somme qui serait utilement employée à l’entretien des chemins vicinaux de la commune. »
Le 21 avril 1872, est ouverte une nouvelle gravière : « Monsieur le maire expose à l’assemblée que le gravier que la commune fait extraire sur le terrain de Monsieur TANTON est loin d‘être de bonne qualité ; qu’il est à une profondeur moyenne de 2 mètres et que les ouvriers se refusent à le tirer à 1 franc le mètre cube… Il propose au conseil municipal d’ouvrir une nouvelle gravière sur un terrain appartenant à Monsieur DAGALIER François : ce terrain est inscrit au plan cadastral de Perrex, section A. L’hiver dernier, le sieur DAGALIER propriétaire a commencé volontairement à laisser extraire du gravier dans ce même terrain pour l’empierrement d’un chemin rural récemment rectifié : on a pu constater la qualité supérieure du gravier et qu’il n’est qu’à 20 ou 30 centimètres de profondeur ; la commune a, en outre, l’avantage de pouvoir le faire extraire à 0 franc 75 le mètre cube. »