Biographie de René PLE :
René PLE avait 103 ans et son entourage gardera de lui l’image d’un « antifasciste républicain. Le résistant s’est éteint, à la résidence Branda, en laissant derrière lui une vie marquée par la lutte active contre l’occupant allemand.
Né à Paris en 1909, René PLE devient orphelin à l’âge de 8 ans et, de ferme en ferme, finit par arriver au Conquet où il exerce ses talents de menuisier. Il rencontre son épouse, disparue en 2003, et rejoint dès 1937 la ligue antifasciste. Mobilisé en 1939, il fait partie des corps francs et est arrêté par l’armée de l’Allemagne nazie qui le déporte dans un stalag. Il s’en évade en 1942 et revient en France, où il rejoint la commune de Saint Laurent sur Saône, où il participe activement au réseau de Résistance.
C’est lors de cette activité risquée dans la région de Mâcon qu’il exfiltrera, entre autres, la famille AUBRAC vers l’Angleterre le 4 Février 1944. Membre du quatrième bataillon de choc pour la libération de l’Alsace et des Vosges à la fin du conflit.
René PLE retournera à son bois et à sa menuiserie, une fois la guerre terminée. Il travaillera, quelques années, en Centrafrique avant de revenir à Brest. Parallèlement, cet homme « toujours actif » avait développé une passion pour la sculpture sur bois. Ses pièces sont exposées dans une salle (à la bibliothèque de Saint-Laurent-sur-Saône) qui porte son nom.
En 2003, il avait publié aux éditions du Télégramme « Matricule 467 – Prisonnier de guerre en Allemagne », un livre d’abord écrit pour ses proches.
NAPOLÉON à SAINT-LAURENT :
« Entre deux campagnes, NAPOLÉON qui parcourait des départements de l’Est s’était arrêté la veille à Mâcon.
De bon matin à cheval, suivi d’un seul officier, il passa le pont et fit au galop le tour de Saint-Laurent sur Saône. Comme il revenait par le bord de l’eau, son cheval heurta un bateau que son propriétaire était en train de radouber. Ce bonhomme nommé TROUILLOUX fut renversé.
« Sacré maladroit ! » cria-t-il au cavalier. L’empereur arrêta son cheval et se mit à rire. L’autre furieux, allait l’injurier de nouveau quand l’officier lui dit : « Tu parles à l’empereur ». « Tu ne me reconnais donc pas ? dit NAPOLÉON, eh bien pour que pareille chose ne t’arrive plus à l’avenir, voici de mes portraits ! » Et mettant une poignée de pièces d’or dans le bonnet du père TROUILLOUX il éperonna son cheval ».
Les apparitions de Catherine PANIER
« Catherine a vingt ans et sert comme domestique chez Mme de MONICAULT lorsqu’à la suite d’apparitions de la Vierge, elle s’est sentie investie d’une mission auprès des autorités gouvernementales à Paris. Alors que la guerre fait rage, le 15 octobre 1870, elle quitte Mâcon par le train via Dijon, Sens puis, s’il faut en croire les lettres reçues par Mme de MONICAULT et soigneusement transmises par le curé RICHTER à Monseigneur de LANGALERIE elle gagne Paris et enfin Orléans en franchissant avec beaucoup de difficultés les lignes prussiennes.
Ses communications faites, elle reprend à pied le chemin de Mâcon où elle arrive saine et sauve le 3 novembre pour reprendre son travail
« J’avais une mission à remplir, je l’ai remplie et me voilà » se contente-t-elle de répondre ».
Pierre Casimir ORDINAIRE (1801-1889)
Il exerçait la profession de médecin à Saint-Laurent-sur-Saône ; c’était un homme très cultivé, surtout attiré par les lettres et la musique.
Auteur de nombreux articles sur la médecine, membre actif de la Société d’horticulture de Mâcon, il écrivait sur les pratiques agricoles, la culture de la vigne, la vie paysanne.
Poète, journaliste et militant politique épris de liberté, il lança en 1842 « Le Progrés » et fit paraître en 1843 « la mouche littéraire de Saône-et-Loire et de l’Ain » qui eut un très grand succès sur les deux rives de la Saône.
On lui doit, entre autres publications, un livre sur les inondations de 1840 sur le littoral de la Saône et du Rhône, qui fut vendu au « bénéfice des submergés ».
En tant que chercheur, il mit au point un traitement contre la teigne.
Il fut maire de Saint-Laurent-sur-Saône en 1848.
Francisque ORDINAIRE (1844-1896)
Fils du précédent, né à Saint-Laurent-sur-Saône en 1843, il fut animé de bonne heure par des idées républicaines qu’il tenait de son père.
Dans les dernières années de l’empire, il prit une part active à la lutte contre le régime, à la fondation et à la rédaction de nombreux journaux. Il prononça de vibrants discours dans les réunions publiques au commencement de la guerre contre la Prusse en 1870, puis il alla rejoindre la légion formée par Garibaldi où il se distingué par sa bravoure. A la fin de la guerre, il revint à Saint-Laurent-sur-Saône où il devint président du Comité Radical. Il fut élu député dans le département du Rhône en 1871 et 1876. Il siégea à l’extrême gauche de l’Assemblée Nationale.
Le Curé RICHTER
Georges François RICHTER naquit à Worms en Allemagne en 1806 d’une famille qui voulut rester française après les guerres napoléoniennes. Doué d’une intelligence plus qu’ordinaire et d’une force de caractère peu commune, il acheva rapidement ses études, fut vicaire à Villebois et arriva comme curé à Saint-Laurent-sur-Saône en 1839.
Les inondations de 1840 fournirent au Curé RICHTER l’occasion de déployer son dévouement et son infatigable activité. Pour la construction de l’église, il se fit tailleur de pierre. Le marteau, le compas, le ciseau lui devinrent aussi familiers que la plume et le bréviaire. Ainsi créa-t-il cet atelier de sculpture qui a fourni à nombre d’églises des appuis de communion, des autels, des chaires et des statues qui resteront des modèles dans leur genre.
Il fut curé de Saint-Laurent-sur-Saône durant cinquante ans. Il est enterré au cimetière local.
François BOURDON
Il ouvrit à Saint-Laurent-sur-Saône un chantier de construction de bateaux à vapeur employant 60 personnes.
En 1826, ses premiers bateaux remorqueurs pour les marchandises commencèrent à assurer un service régulier sur la Saône. Ils étaient mus par un moteur à hélice de 40 CV qui remplaçait la roue à aubes.
La famille PECQUET
Cette famille de « potiers de terre » est installée dans le canton au moins depuis 1770, et peut-être même depuis la fin fu XVIIème siècle. Les ateliers furent successivement implantés à Bâgé-le-Chatel, Pont-de-Veyle, La Madeleine et principalement à Saint-Laurent-sur-Saône (quartier sur la commune de Replonges) avec les deux derniers maillons de la génération : Gabriel PECQUET père, né en 1861 et Gabriel PECQUET fils, décédé en 1984.
Les PECQUET, dépositaires de « savoir-faire » ancestraux, ont réussi à maintenir la tradition artisanale d’une poterie populaire et rustique très intéressante du point de vue artistique. Les pièces qu’ils ont créées sont aujourd’hui très recherchées.
Statue Maxime DESCOMBIN :
Autodidacte, tailleur de pierre puis ornemaniste dans le bâtiment et l’art funéraire, Maxime DESCOMBIN (1909-2003) a réalisé des portraits et des compositions avant d’entamer une vaste remise en question qui l’a conduit à l’abstraction et à l’invention de la sculpture sérielle* (1948-1950), son apport majeur. Il créa de nombreux cartons de tapisserie et des décors pour l’opéra (Arnold Schonberg, Jean Guy Bailly, Karlheinz Stockhausen).
Sculpture sérielle* en béton lavé, composée de trois éléments identiques, celui du milieu étant inversé. Les éléments sont portés par des consoles posées sur une dalle de béton surélevée.
Dimension de chaque élément : 4,00 x 1,15 m
Les trois éléments en béton sont les prototypes de la sculpture sérielle » Fleur d’eau » installée en 1971 à la Cité scolaire de Digoin.
Le caractère minéral de l’œuvre est accentué par la mise en évidence des agrégats du béton lavé.
L’élément central, semblable mais autrement orienté, parfait l’ensemble.
*Sculpture sérielle : une organisation de volume variable à partir d’un SIMPLE (figure géométrique ou forme composée) ayant possibilités multiples d’applications selon les situations géographiques ou psychologiques proposées. MD