• Nom Collecteur: Alain JANTET
  • Date Création: 04-12-2025
  • Commune concernée: BIZIAT
  • Catégorie principale: Personnalités
  • Bibliographie: J. M. MONNIER, Mémoires généalogiques sur la famille Monnier, manuscrit. F. BOURDON, Notice historique sur la paroisse de Biziat en Bresse, Bulletin de la Société Gorini, 1905. A. JANTET, Biziat, village bressan, Trévoux, 1981. A. JANTET, Bulletin municipal, année 2010.

 

LA FAMILLE MONNIER A BIZIAT

 Revenue à l’actualité locale avec la création de la place Bertrand MONNIER, cette lignée de notables est à coup sûr l’une des plus prestigieuses de la commune de Biziat. C’est aussi l’une des plus anciennes dont le souvenir ait pu parvenir jusqu’à nous, grâce notamment à l’un de ses membres les plus éminents, Jean-Marie MONNIER.

 

Jean-Marie MONNIER

Ce lettré du XVIIIè siècle laissa en effet un manuscrit – légué par la suite à la ville de Bourg – intitulé Mémoires généalogiques sur la famille Monnier , dans lequel il raconte l’histoire de sa famille, agrémentée de renseignements d’ordre historique sur la paroisse de Biziat. Jean-Marie MONNIER fut un personnage dont la notoriété dépassa largement le cadre de son village d’origine. Il cumulait en effet les fonctions d’avocat au Parlement, juge des Marquisats de Treffort et Varambon, juge de Saint-Sorlin-en-Bugey, subdélégué de l’Intendance de Dombes, conseiller du Roi au Bailliage de Bresse et siège présidial de Bourg, enfin conseiller du Tiers-Etat de la province de Bresse. Ses notes manuscrites nous permettent de faire connaissance avec quelques uns des membres de cette grande famille.

 

Pierre MONNIER 

En 1442, Pierre MONNIER est notaire à Biziat où il épouse Claudine Dumont avec qui il aura deux fils, Bertrand et Jean. Ils habitaient une maison située près de l’église, appelée « maison du Paradis », et qui était la maison de famille des Monnier . Pierre MONNIER fonda dans l’église l’autel de Saint-Claude (côté sud) devant lequel il fut inhumé, ainsi que son épouse. Cet autel a, par la suite, été dédié à Saint-Clair, patron de la commune.

 

Bertrand MONNIER , dit « le Vieux »

Fils de Pierre, il naquit à Biziat vers 1467 et fut à la fois curé et notaire, situation fréquente à l’époque. Dans des actes dressés de sa main dès 1489, il est désigné sous les termes de vénérable, de messire, monsieur ou encore seigneur. C’est comme mécène et bienfaiteur de la commune que son souvenir se perpétuera. Chargé de la cure de Biziat de 1506 à 1549, il allait user de sa fortune personnelle pour doter le pays de plusieurs monuments, dont la chapelle N. D. de Pitié qui restera l’œuvre de sa vie. Classée à l’Inventaire des Monuments Historiques, on peut l’admirer aujourd’hui encore, malgré les remaniements dont elle fut l’objet. Cette chapelle de 4,30 m sur 3,70 m possède une voûte avec double nervure reposant sur des culots sculptés aux clefs ornées. Une fenêtre gothique à meneaux et à tympans l’éclaire magnifiquement. Le vitrail primitif qui l’ornait pourrait avoir été l’œuvre des artistes qui réalisèrent les somptueuses verrières de l’église de Brou. Quelques fragments de ce vitrail primitif ont été replacés dans le réseau supérieur du vitrail actuel. Le plus important représente la résurrection du Christ, inspiré d’Albert Dürer : le tombeau ouvert est orné d’un motif Renaissance en forme de M, initiale de la famille Monnier. Les soldats portent les armures et les casques typiques du début du XVIè siècle. Cette chapelle, dévastée à l’époque des guerres de religion, contient le tombeau de la famille Monnier. Bertrand MONNIER mourut le 30 août 1551, âgé d’environ 84 ans , et fut inhumé dans sa chapelle, comme il l’avait souhaité. Son nom a été donné  à une coquette petite place au cœur du village.

 

Jean MONNIER

Frère de Bertrand « le Vieux », il fut fait prisonnier durant les guerres de religion par les coureurs de l’armée (sortes d’éclaireurs) et ne dut sa liberté qu’à la forte rançon payée par sa famille. Il épousa Hugonette Musaton.

 

Bertrand MONNIER, dit « Second »

Neveu de Bertrand Monnier « le Vieux », il fut le second fils de Jean Monnier et d’Hugonette Musaton. Il fut curé « à simple tonsure », c'est-à-dire sans être prêtre ni lié aux ordres sacrés. Avant le Concile de Trente (terminé en 1564), on pouvait en effet être dispensé de vœux, en raison par exemple des études que l’on avait à faire. Son oncle le destina jeune à l’état ecclésiastique pour lui succéder en sa cure. Il semble même qu’il la lui donna quelques années avant sa mort. Bertrand « second » ne resta qu’une huitaine d’années à la cure de Biziat (de 1549 à 1557). Il résilia ensuite son titre curial, devint praticien et épousa Antoinette Comtoz.

 

François MONNIER

Il était notaire à Biziat en 1656, lorsque sa famille récupéra les titres et revenus de la chapelle N.D. de Pitié, qui lui avaient été soustraits par les protestants de Pont-de-Veyle. François MONNIER effectua d’importantes réparations dans la chapelle qui avait beaucoup souffert des guerres de religion. Il eut un fils, Jean.

 

Jean MONNIER

Fils de François, Jean MONNIER fut docteur en médecine à Pont-de-Veyle, conseiller du Roi et maire perpétuel de Châtillon-les-Dombes. Il eut à son tour deux fils : Jean et Charles-Maurice.

 

Jean MONNIER

Fils du précédent, il fut comme son père médecin à Pont-de-Veyle, tout en continuant à résider à Biziat. Il fut le père de Jean-Marie MONNIER , auteur du manuscrit Mémoires généalogiques sur la famille Monnier.

 

Charles-Maurice MONNIER

Frère du précédent, Charles-Maurice MONNIER entra dans les ordres et devint docteur en théologie. Il exerça la charge de chapelain à Pont-de-Veyle, puis de curé de Fleurieu, et mourut à Pont-de-Veyle, à l’âge de 27 ans. Il a été inhumé à Biziat en la chapelle de famille.

 

Tel fut, sommairement évoqué à travers quelques uns de ses membres, le passé d’une famille prestigieuse dont l’histoire s’est longtemps confondue avec celle de Biziat.