Les Andrevet sont originaires de Montmélian en Savoie. Pierre Andrevet qui tient de belles charges de ce duché va faire ici la souche de la branche.
Ecuyer ordinaire d'Amé V de Savoie, puis trésorier général sous Amé VII, ensuite maître d'hôtel à la cour de ce même prince, enfin conseiller et maître d'hôtel de Marie de Bourgogne, duchesse de Savoie, c'est un grand de l'époque. Il acquiert le fief de Corsant le 7 juin 1393 et en obtient la haute justice en 1421, passant de ce fait dans la caste fermée des seigneurs, Hauts-justiciers de Bresse.
Pont-de-Veyle l'a comme châtelain du duc de 1396 à 1423. De son mariage avec Jeanne, fille du seigneur de Genost, à Crottet, est issu Philibert qui suit.
Philibert seigneur de Corsant, Beaurepaire et saint-Julien en comté, se fait remarquer parmi les hommes de guerre de son temps. Philippe, duc de Bourgogne, le fait chevalier de sa main, juste avant la bataille de Saint-Riquier, gagnée sur le Dauphin. Amédée de Savoie se l'attache comme homme de confiance et, après la désastreuse défaite d'Azincourt, l'envoie en Angleterre pour négocier la libération de Jean de Bourbon, captif des Anglais, contre une rançon de mille écus (la négociation échoue). Dans la suite, on le retrouve conseiller particulier, chambellan et ambassadeur du duc de Savoie qui lui confie nombre de missions délicates. Très attaché à Pont-de-Veyle, il succède à son père au poste de châtelain de 1423 à 1440, année de sa mort.
En 1420, il a fondé la chapelle de Corsant, pour y être inhumé. Un fils Claude, et une fille, sont issus de son mariage avec Antoinette de Coligny.
Claude de Andrevet, seigneur de Corsant, Beaurepaire, Montfalcon, Amareins, Saint-Pierre de Senozan, Saint-Julien en Comté...continue les traditions de la famille . C'est un proche conseiller de Philippe de Savoie et on retrouve également châtelain de Pont-de-Veyle à partir de 1440.
Il teste en 1467, en faveur de son fils Philibert, IIe du nom, son autre fils, Claude, étant protonotaire apostolique et doyen de l'église de Saint-Vincent de Mâcon, et demande à être inhumé dans la chapelle de famille, à Pont-de-Veyle.
Philibert, IIe du nom, seigneur de Corsant, Montfalcon, Beaurepaire, Thoiriat, Esnes, Asnières, Marmont, Corent, Longes...succède à son père comme châtelain de la cité de 1471 à 1511. Par mariage et par acquisitions, il augmente un patrimoine déjà considérable.
A Pont-de-Veyle, ses largesses et sa magnificence lui valent une grande considération. En 1485, il fait don d'une maison, au petit faubourg, entre les deux-ponts, ainsi que d'un jardin, à l'effet de fonder un hôtel-dieu pour accueillir pauvres et indigents. Deux ans après, il cède à la ville la place du marché, encourage et finance divers travaux d'aménagement urbain. On lui doit surtout "La maison de Savoie" ou "Maison des seigneurs", à la façade en arcades et aux larges baies.
L'An 1470, il a épousé Louise, fille du seigneur de Marmont de Vonnas. Testant le 8 octobre 1510, au château de Corsant, il fait de nombreuses fondations religieuses et réclame à être enterré au caveau de famille de la ville. Son frère Philibert, doyen de l'église de Mâcon est exécuteur testamentaire.
Son fils, Philibert, IIIe du nom, porte les titres de seigneur de Saix, de Corsant, Esnes, Asnières Marmont, Longes, Beaurepaire, Baneins, Thoiriat, Corent, Montfalcon... Il tient les charges de Grand Bailli de Bresse, conseiller et chambellan de Charles de Savoie qui lui fait une rente annuelle de cinq cents florins d'or.
Fustailler, dans ses "chroniques de Mâcon", rapporte qu'il est digne de la tradition chevaleresque de ses ancêtres pour avoir vaincu, en un duel resté fameux, à Milan, le duc de Chandieu, en présence du Roi de France Louis XII.
En 1507, il a épousé Huguette du Saix, dame de Baneins, de laquelle il a sept enfants, dont Claude qui lui succède.
En ce Claude, faillit la branche des Andrevet car, de son mariage avec Jeanne Aleman, en 1551, il n'a qu'un seul fils, décédé avant lui.
Sa veuve, la dame de Corsant, teste en 1604. Dans son testament, elle proclame sa foi calviniste, lègue 600 livres au temple de Pont-de-Veyle, 500 livres à celui de Bourg et ses biens dans la châtellenie de son neveu Jean Aleman Dupuy, seigneur de Montbrun, futur comte de Pont-de-Veyle, soit : la rente noble de Thoiriat, portant lods et vends, sise de Pont-de-Veyle, Crottet, Bey, Cormoranche et valant six coupes de froment, trois de seigle, 57 sols tournois, 20 gelines , le moulin Thoiriat et ses bâtiments, au petit faubourg de Pont-de-Veyle.
Quant au fief de Corsant, érigé en baronnie du temps de Claude, par la faillite de la branche des Andrevet, il échoit après bien des péripéties à Humbert de la Poype, époux de Claudine Andrevet, sœur de Claude.
Les de la Poype, seigneurs de Corsant, d'une ancienne lignée, se signalent par de hauts faits militaires : Michel de la Poype, baron de Corsant perd la vie à la bataille de Montaucour, en 1569; Abel, son fils, capitaine, sert brillamment Henry IV à la guerre de Savoie ; Abel IIe du nom est fait maître de camp d'infanterie en 1635, Pierre décède en 1669, après avoir accumulé les honneurs : maréchal de bataille et maréchal de camp, conseiller du Roi Louis XIV, capitaine de Thoissey et de Beauregard, grand bailli de Dombes...
La destruction du château de Corsant, au 19e siècle, était rendu nécessaire par un abandon trop prolongé. Elle prive notre patrimoine architectural d'un bel ensemble du XVe siècle, auquel s'attacheraient de biens glorieux souvenirs.