François Henri Benjamin Tondut naît à Pont-de-Veyle le 21 mars 1786. Il s'engage à dix-huit ans et accompli une remarquable carrière dans la Grande Armée napoléonienne, au 9 Régiment de Hussards. Il participe notamment à la campagne de Pologne, sous les ordres du général Masséna et se comporte vaillamment à la bataille d'Eylau. Il y est blessé au bras gauche et tombe captif aux mains des Russes. Après deux années de détention très éprouvantes, alors qu'il est sur le point d'être transféré en Laponie, on le libère par voie d'échange.
Il reprend aussi du service et prend part à la campagne d'Allemagne, en 1809.
Son ardeur au feu lui vaut plusieurs blessures: une au visage, par coup de feu, à la bataille d'Ebersberg, une autre par un coup de sabre qui lui sectionne deux doigts, à Wagram, une troisième à la bataille de Raab, en Hongrie où un éclat d'obus lui déchire la cuisse.
Cette fois-là, il manque périr, mais le capitaine d'Escrivieux, son compatriote le reconnaît parmi les blessés et le fait transporté à l'ambulance, lui sauvant la vie.
L'amputation s'avère nécessaire et lui interdit tout service. Il prend congé à Pont-de-Veyle, succédant à son père dans le notariat. La vie politique de la cité l'intéresse et il y participe, en tant qu'adjoint d'abord, puis comme maire jusqu'en 1849.
Son général de brigade n'a pas manqué de proposer l'officier Tondut pour la Légion d'honneur, après sa blessure. Mais comme il se rend à grand-peine sur le terrain de la revue, au moyen de béquilles, l'infortuné blessé fait une chute dont il ne peut se relever ; la décoration l'attend, en vain et Napoléon oublie le brave Tondut; ce dernier, modeste, ne réclamera pas la récompense dont le prive un sort contraire. Ce n'est qu'en 1840 que la croix lui sera remise, pour des faits d'armes qui méritaient d'être reconnus trente ans plus tôt.
En 1848, malgré une grande fermentation politique, ses concitoyens lui conservent leur confiance. Il quittera la mairie de son gré, en 1849. Quatre ans plus tard, il remet l'étude de notaire à son fils et se retire de la vie publique. Il meurt en 1872. "En homme bien, la conscience tranquille, avec la résignation d'un sage"
Son fils Henri, notaire lui aussi, sera élu, en 1876, député de la seconde circonscription de Bourg sous l'étiquette du parti républicain.
Avec Tondut et Bertrand, Pont-de-Veyle peut s'enorgueillir d'avoir donné à la patrie deux officiers, et ce, pratiquement à la même époque, ce qui n'est probablement pas le fait du hasard. Ces deux braves du 9e Hussards, tous deux prisonniers et blessés, tous deux décorés, ont tenu à finir leurs jours au pays natal de Pont-de-Veyle, entourés de l'estime de leurs concitoyens.
François Henri Benjamin Tondut
- Détails
- Écrit par : Denis STEFAN
- Catégorie : Personnalités
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- Nom Collecteur: Denis STEFAN et Jacques BOISSET
- Date Création: 06-05-2026
- Commune concernée: PONT-DE-VEYLE
- Catégorie principale: Personnalités
- Bibliographie: Personnages illustres du canton de Pont-de-Veyle par Jean MARTINERIE éd.1988