• Nom Collecteur: Denis STEFAN et Jacques BOISSET
  • Date Création: 03-05-2026
  • Commune concernée: PONT-DE-VEYLE
  • Catégorie principale: Personnalités
  • Bibliographie: Personnages illustres du canton de Pont-de-Veyle par Jean MARTINERIE éd.1988

Après le décès de Christophe d'Urfé, le seigneur de Beyviers et d'autres créanciers font mettre sa terre de Pont-de-Veyle en vente. Le comté est attribué à François de Bonne, seigneur de Lesdiguières, un remarquable chef de guerre parti huguenot. Comme il est pour beaucoup dans la réussite du roi Henri IV, ce dernier en a fait un lieutenant général de ses armées de Piémont, Savoie et Dauphiné, puis maréchal de France, en 1608.

Au service de Louis XIII, il se distingue de même. Déjà possesseur du marquisat de Treffort, de terres de Ceyzériat, Jasseron, Pont-d'Ain, acquis en 1611, il devient comte de Pont-de-Veyle en 1615.

Il est probablement le maître qu'on a le plus révéré ici. La ville est alors un important foyer de protestantisme, on fête sa venue avec éclat (on fait bien car il ne viendra qu'une fois !). Brenardin Uchard, le poète local, le célèbre en des vers louangeurs, et comme il a déclaré : "J'empêcheroi bien les jésuytes de s'éstablir au Pont-de-Veyle puisque le Roy m'a accordé qu'ils n'y seroient plus…"

Les réformés voient en lui un protecteur. Pourtant en 1622, il abjure le protestantisme, ce qui lui vaut l'insigne honneur d'être fait connétable de France.

Il est vrai que cette dignité récompense celui qui a "tenu le bouclier de la France pendant les mauvais jours de la Ligue, mis un frein à l'ambition du duc de Savoie, vingt fois franchi la plaine piémontaise et le cours du Rhône, pour en faire le théâtre de ses exploits…"

La ville de Pont-de-Veyle n'a pas à se plaindre de sa sage administration car, si elle protège incontestablement ses concitoyens, elle fait montre d'une tolérance dont l'époque n'est pas coutumière.

On retient de lui qu'il fait établir une école dans son château, baissant la rétribution qu'on y exige à l'entrée de façon que le maximum d'élèves en profitent. Si, pendant les débuts, il éprouve quelques difficultés avec son châtelain de la Coste, il ne tarde guère à lui imposer sa volonté : "Donc d'humeur si vous désirez que je ne change point de châtelain…"

Le duc de Lesdiguières va témoigner beaucoup de bienveillance au poète du cru Bernardin Uchard, son fidèle porte-parole en Bresse et son homme de confiance auprès des syndics de la ville.

"S'il y avait en France deux Lesdiguières, j'en demanderais un au Roi…", disait Elisabeth d'Angleterre.

Lorsque le "vieux renard" s'éteint, en 1626, le comté de Pont-de-Veyle passe à sa fille Françoise de Bonne de Créqui.

François de Bonne ( Duc de Lesdiguières)