• Nom Collecteur: FRENOIS Anne-Marie
  • Date Création: 20-05-2026
  • Commune concernée: CORMORANCHE-SUR-SAONE
  • Catégorie principale: Personnalités
  • Bibliographie: Articles de journaux / bulletins municipaux / Site LE MAITRON / Site de la commune de Cluny / Site mémoriel Mémoire vive de la Résistance / « Fault pas y crainsdre », histoire du Commando de Cluny, 4ème Bataillon de choc, racontée par ses anciens. 1974 / Site de la commune de Bergesserin : histoire du 4ème bataillon de choc.

François Lionel Jeanniard est né le 25 janvier 1926 à Autun (Saône-et-Loire) de Lucien Joseph JEANNIARD et Jeanne JEANNIARD, née BERTHIER.

Le 25 juin 1940, la ligne de démarcation est mise en place à Autun qui devient la préfecture de la partie occupée du département de Saône-et-Loire.

Sa famille décide, alors, de quitter Autun et s’installe, au lieu-dit « Argerot », à Cluny (71). Il a 14 ans.

Le 2 août 1942, François, âgé de 16 ans est arrêté par les allemands, avec son père, pour manifestation hostile envers l’occupant. Il est traduit en cour martiale à Dijon et condamné à trois mois de cellule. Libéré le 5 novembre 1942, il est fiché et menacé.

Il choisit la clandestinité et rejoint le camp militaire de la Blancarde, à Marseille, en mai 1943, camp où il suit des cours d’armement.

En juillet 1943, il est instructeur armement au maquis du Vercors.

En janvier 1944, il revient en Bourgogne et rejoint le maquis de Cluny comme agent de liaison.

Le 6 juin 1944, il intègre les groupes armés comme tireur au fusil mitrailleur. Son pseudonyme est « Frantz Jeannin François ».

Le 2 juillet 1944, la bataille d’Azé oppose un millier de soldats allemands et de miliciens transportés par une centaine de véhicules aux maquisards du Mâconnais.

150 soldats allemands sont tués et le maquis perd huit hommes.

François JEANNIARD perd son frère Raymond (né le 26 mars 1923 à Thonon-les –Bains en Haute-Savoie), tué à ses côtés. Lui ne décroche qu'au bout du possible. Il a 18 ans.

Comme spécialiste du sabotage de voies ferrées, il participe au Plan Vert qui bloque le trafic ferroviaire durant des semaines entre le Nord et le Sud de la France. 

Ces sabotages sont décisifs dans la réussite des débarquements de Normandie et de Provence. Car, dès le 6 juin jusqu’en septembre 1944, aucun train n'effectue un long trajet sans subir une ou plusieurs interruptions. Les voies endommagées et remises en état subissent, rapidement, de nouvelles coupures.

Le 11 août, la ville de Cluny est libérée

Le 4 septembre, la ville de Mâcon est libérée à son tour. Les anciens maquisards du Commando de Cluny relatent : « Mâcon est pris, tombée comme un fruit mûr entre nos mains. Les Allemands sont en fuite et nous foulons un sol qui, pendant longtemps, nous a été interdit. Des drapeaux, des drapeaux partout… La foule en liesse, les soldats de l’armée de notre chef, le général de Lattre de Tassigny, sont arrivés à leur tour dans une ville dont nous pouvons leur remettre les clefs».

À la libération de Mâcon le 4 septembre, le commandant Laurent BAZOT (alors à la tête du groupement FFI de Cluny) obtient du Général de LATTRE de TASSIGNY la formation et le commandement du "Commando de Cluny" qui devient une unité régulière de la 1ère Armée française.

Le 13 septembre 1944, au sanatorium de Bergesserin, 850 maquisards du Clunisois dont F. JEANNIARD, du Charolais ou du bassin minier (une partie du maquis de Sylla, composé pour une grande part par des mineurs montcelliens) signent leur engagement dans les rangs du Commando de Cluny.

« Toujours mal chaussés, mal-vêtus, assez bien armés, commandés par des officiers et sous-officiers valeureux, à bord d’invraisemblables camions à gazogène, nous quittons nos horizons familiers pour aller vivre une grande et victorieuse aventure ».

Le 20 septembre, le commando de Cluny est rattaché à la Première Armée Française. 

Il est composé de trois Compagnies (Capitaine Du Chaffaut, Prost et Fruitier), d’une Compagnie Hors Rang (Commandant Broyer) et d’un Groupe Franc (Lieutenant Fontaine).

Son État Major est constitué des Capitaines Dubois et Loizillon et des lieutenants D’Halle et Jacquet.

Le commando s’illustre dans le Doubs, puis en Franche-Comté (Faymont, Belverne, Etobon, Chenebier, Echavanne, Frahier, le barrage de Champagney, Evette, Belfort).

En décembre 1944, il entre en Alsace. 

Le 8, dans le froid et la neige, les troupes de la Première Armée Française libèrent le village de Rammersmatt, puis défendent Thann jusqu’au 7 janvier 1945.

Le 5 janvier 1945, le commando de Cluny devient le « 4ème Bataillon de Choc ». Seulement 250 hommes sont encore aptes à combattre. Ensuite, le Bataillon est dirigé vers Etupes, dans le Doubs, pour un repos bien mérité.

Entre le 16 janvier et le 4 février, le bataillon reçoit des renforts de Saône-et-Loire. 

Début février 45, le commando s’installe à Rouffach pour une période d’instruction de huit jours, puis reste en formation jusqu’au 2 avril où le Bataillon reçoit l’ordre de se tenir prêt pour faire mouvement vers l’Allemagne. C’est ce qu’il fait trois jours plus tard.

Du 4 au 9 avril, le Bataillon patrouille dans une région allemande indifférente, voir hostile. 

Le 20 avril, le Bataillon impatient de reprendre le combat est mis à disposition de la 1ère DB.

Les jours suivants, le Bataillon navigue sur un front confus où les Prisonniers de Guerre se sont libérés et ont pris les armes et où les troupes allemandes battent en retraite.

Le Bataillon cantonne, ensuite, vers Buchau, dans le Bade-Wurtenberg et effectue des patrouilles de nettoyage. 

Le 2 mai, quand le Bataillon quitte cette région, 1750 prisonniers sont remis à la 1ere DB. La région est pacifiée et épurée.

La campagne militaire de F. JEANNIARD se termine le 8 mai 1945, date de la capitulation de l’Allemagne, sur les rives du lac de Constance.

Après cette date, il séjourne encore huit mois en Allemagne, en tant que membre des troupes d’occupation. Ses jours sont faits d’entraînement, de sport, d’opérations de police militaire et, ponctuellement, de défilés ou de prises d’armes.

Le 23 Janvier 1946, il est démobilisé, l'avant-veille de ses 20 ans.

 

En novembre 1948, à Alfortville (Val-de-Marne), il épouse Josianne GUILBOT (née à Vierzon / Cher le 30 mai 1927).

Ils ont trois fils : Raymond, Daniel et Alain, puis trois petits-enfants et deux arrière-petits-enfants

Du 1er octobre 1959 au 9 mai 1984, il est receveur du bureau de Poste de Cormoranche-sur-Saône, secondé par son épouse Josianne.

 Ancienne poste.

A la retraite, il devient un membre actif du « Club de l’Amitié » et du comité local de la Croix-Rouge.

Il est chevalier de l’Ordre national du Mérite (par décret du 7 décembre 1970).

 

Pendant 34 ans, jusqu’en 2006, il préside la section des anciens combattants de Cormoranche – Bey, puis assiste aux célébrations jusqu'à la limite de ses forces. 

Il est chevalier de la Légion d’Honneur (par décret du 23 avril 2015) et, parmi ses nombreuses distinctions, dont onze croix militaires, reçoit la Croix de guerre avec étoile de bronze. 

Celui que Michel GENTIL, maire de Bey, nomme dans un hommage, avec beaucoup de respect, « un petit grand homme », décède le 16 octobre 2015, à l’âge de 89 ans.

 

Josiane prend sa retraite en 1988 et s’implique dans la vie associative : membre de l’association « Lecture et loisirs » qui gère la bibliothèque de Cormoranche et membre de la chorale « Cantaveyle ».

Josiane JEANNIARD décède le 26 mai 2017, à son domicile rue du Cornet, à l’âge de 90 ans.

Ils reposent, tous les deux, au cimetière de Cormoranche-sur-Saône.