Terre noble mentionnée dès le XIIe siècle, La Moussière connut probablement plusieurs constructions successives, mas seigneuriaux, manoirs, avant le dernier château dont les ultimes vestiges furent démolis en 1971, ainsi que sa chapelle. Ses propriétaires furent nombreux et de condition fort diverse. De la petite noblesse terrienne authentique des origines en passant par une « simili-noblesse », on voit le statut de ceux-ci évoluer vers une classe de financiers et d’hommes d’affaires, de la fin du XVIe à la fin du XVIIe siècle. Durant cette période, en effet, la petite noblesse campagnarde va se laisser gagner par l’attrait de la vie urbaine, s’éloignant des terres de ses ancêtres pour aller résider en ville où les soucis d’une carrière la retiendront de plus en plus longtemps. La Moussière passa alors à la noblesse de robe du Mâconnais avant d’échoir, sous le Premier Empire, à une bourgeoisie venue parfois de très loin, tels les Nagel venus de Belgique. Ses derniers propriétaires achevèrent de ruiner le bâti et de dépecer le domaine.
La façade présentait une ordonnance architecturale du XVIIIe siècle, composée d’un corps de logis central à deux rangées de fenêtres, flanqué de part et d’autre de deux éléments plus hauts d'un étage. Tous les toits étaient à quatre pans, un clocheton s’élevant au-dessus du toit central.
Le chemin d’accès venant de la route conduisait à une monumentale grille de fer forgé en forme de chapeau de gendarme, au centre de laquelle s’ouvrait un lourd portail à deux battants. Véritable chef d’ oeuvre de ferronnerie, cette grille, rachetée par le musée de Brou, est aujourd’hui installée au parc de la Visitation, à Bourg.
Passé le portail, on avait le château à main droite, les bâtiments de ferme se répartissant sur la gauche.
Le château comptait 32 pièces. Une vaste cave voûtée s’étendait au-dessous du nord au sud.
A quelques dizaines de mètres, une petite chapelle (8 m X 5 m), achevée au début du XVIIIe siècle, abritait un tableau de Blanchet représentant la Vierge, l’Enfant Jésus et Saint Jean-Baptiste. Il s’y trouvait encore en 1789.
Château et chapelle ont entièrement disparu en 1971. Seuls subsistent quelques bâtiments de ferme, le pigeonnier et la grille d’entrée visible au parc de la Visitation à Bourg-en-Bresse.