• Nom Collecteur: Alain JANTET
  • Date Création: 07-11-2025
  • Commune concernée: BIZIAT
  • Catégorie principale: Présentation de la commune
  • Bibliographie: E. DUBOIS, Histoire des Pays qui ont formé le département de l'Ain, III, époque gallo-romaine, 1942. J.M. MONNIER, Mémoires généalogiques sur la famille Monnier, manuscrit, médiathèque R. Vailland, Bourg-en-Bresse. P. JUENIN, Histoire de Tournus. E. DUBOIS, Histoire de la Révolution dans l'Ain. A. JANTET, Biziat, village bressan, Trévoux, 1981.

HISTOIRE

 

Préhistoire

Les traces d’une occupation préhistorique à Biziat sont maigres. Sans doute le territoire fut-il l’objet d’une pénétration le long de la vallée de la Veyle, à l’instar des villages voisins, à l’époque néolithique. Trois haches de pierre polies furent mises au jour à Rétissinge et au bourg.

 

Période gallo-romaine

La Bresse demeura cinq siècles sous l’occupation romaine. Les vestiges de cette époque sont assez nombreux dans la région. A Biziat, au hameau de Bey, on découvrit, en 1854, deux meules d’un moulin antique, des tuiles, des poteries et une ascia (sorte de houe ou d’herminette). On mit au jour aussi, au même endroit, un tronçon d’une voie romaine de cinq mètres de largeur, formé d’une couche de cailloux roulés d’environ 35 centimètres d’épaisseur. Cette voie de communication devait, selon toute vraisemblance, suivre la rive gauche de la Veyle venant de Bourg et passant par Vonnas, Bey, le bas de Biziat et Rétissinge pour rejoindre Pont-de-Veyle par le hameau de Pin.

(Eugène Dubois, Histoire des pays qui ont formé le département de l’Ain, III, Epoque gallo-romaine, 1942)

 

Presque un millénaire de présence monastique

Du IXe siècle à la Révolution française, l’histoire de Biziat est pratiquement indissociable de celle du monachisme dans notre région.

Les bénédictins de Tournus - Le plus ancien titre concernant Biziat est un acte de donation. Le 18 des calendes de janvier 842, l’empereur Lothaire, petit-fils de Charlemagne, à la demande du comte Matfred, cède à un nommé Immon, son vassal, un mas seigneurial avec une chapelle et sept autres mas, à Biziat, avec leurs serfs et dépendances, à la condition que ledit Immon ne se retire jamais de la fidélité due à l’empereur. Par la suite, cet Immon remit son titre et ses droits aux moines bénédictins de Saint-Philibert de Tournus. Charles-le-Chauve put alors, selon les termes d’une charte datée de 875, leur donner le village de Biziat que tenait Ingelgaire, avec ses serfs et dépendances. Cette charte est en fait la confirmation à l’abbaye de Tournus des possessions qui lui avaient été données précédemment. Dès lors, les bénédictins n’eurent de cesse de faire confirmer la charte de 875 par un nombre considérables de rois et de papes dont le pape Jean VIII (878), les rois Charles-le-Simple (915), Hugues Capet (989), Henri Ier (1054) ou le pape Alexandre III (1179).

Les bénédictins de Tournus fondèrent aussitôt un prieuré à Biziat. Ils entreprirent de défricher et de mettre en culture le pays, implantant notamment la vigne sur une large partie du territoire. Celui-ci se prêtait fort bien à la viticulture, étant situé sur plusieurs coteaux à bonne exposition. La vigne resta d’ailleurs très présente à Biziat jusque dans la seconde moitié du XXe siècle.

Le prieur possédait sur Biziat des droits seigneuriaux, entre autres de justice haute, moyenne et basse. Mais les sires de Bâgé, qui tenaient la Bresse, en possédaient aussi, notamment le droit de garde sur une grande partie du prieuré. Cette situation devait fatalement conduire à un conflit auquel Bérard, 29è abbé de Tournus, et Renaud IV de Bâgé mirent fin en 1232 par une transaction amiable. Mais lorsque la Bresse passa des sires de Bâgé à la Maison de Savoie par le mariage de Sibylle de Bâgé avec Amédée V en 1272, le comte de Savoie, représenté à Pont-de-Veyle par un châtelain, réitéra les prétentions de ses prédécesseurs et reprit les hostilités. Il fallut donc trouver un nouvel accord pour y mettre fin. Il fut passé en 1281 entre Jean de Montbellet, 32è abbé de Tournus, Amédée V de Savoie et son épouse Sibylle.

En dépit de toutes ces vicissitudes, les bénédictins demeureront près de 450 ans à Biziat.

 

Vers le milieu du XIVe siècle, le prieuré fut converti en doyenné. Peu après, le monastère fut détruit par un incendie. L’ère des bénédictins était révolue, mais l’abbaye de Tournus conservait des droits sur Biziat : en 1678, l’abbé revendiquait encore le droit de justice haute, moyenne et basse.

Les Augustins de Brou – Au début du XVIe siècle, le monastère de Brou, sous la règle de Saint Augustin, commença à acheter des terres à Biziat. De trois coupées en 1529, il finira par y posséder une appréciable quantité de biens qu’il conservera jusqu’à la Révolution. Une tradition rapporte que le monastère de Brou envoyait à Biziat ses religieux malades en raison de la bonne qualité de l’air. Les moines séjournaient dans une maison « haute, bourgeoise, bâtie partie en briques » selon le manuscrit de Jean-Marie Monnier. Elle existait encore au XVIIIe siècle, puisque ce dernier affirme l’avoir vue, et pourrait avoir été en lieu et place de l’école communale actuelle.

Cette longue présence monastique à Biziat a laissé un souvenir dans de nombreux toponymes ou microtoponymes : le Paradis, la Luminaire, le Pain-Bénit…

(Jean-Marie Monnier, Mémoires généalogiques sur la famille Monnier, manuscrit, médiathèque R. Vailland, Bourg-en Bresse

Pierre Juenin, Histoire de Tournus)

 

Guerres religieuses

De 1562 à 1598, les troupes huguenotes de Biron déferlèrent sur la région, semant le meurtre et la désolation au nom de la foi réformée. A Biziat, en 1595, elles incendièrent le Moulin du Geai, propriété de la famille Monnier, avant de s’emparer de la ville de Pont-de-Veyle l’année suivante.

 

Période révolutionnaire

Le 19 mars 1789, la population de Biziat, assemblée sur le parvis de l’église, rédige son cahier de doléances.

Le 24 juillet de la même année, à Pont-de-Veyle, le château est investi et les papiers terriers déposés à l’hôtel de ville. Deux jours plus tard, la même opération se déroule à Vonnas, au château de Béost. Les départements, cantons et districts sont constitués. Biziat est détaché de Pont-de-Veyle et entre dans le district et le canton de Châtillon. Malgré plusieurs demandes, il ne réintégrera jamais sa vieille châtellenie.

Le premier conseil municipal se réunit à Biziat le 7 mars 1790 et émet le souhait qu’une école soit établie. Il faudra attendre longtemps encore pour que ce vœu se réalise.

Devenus biens nationaux, les importantes propriétés des moines augustins de Brou, ainsi que de quelques « privilégiés », furent mis en adjudication au cours de l’année 1791.

(Archives municipales de Biziat

Eugène Dubois, Histoire de la Révolution dans l’Ain, 1931 - 1935 )

 

XIXe et XXe siècles

Les années 1814-1815 seront particulièrement difficiles pour la population. Aux guerres, occupations, réquisitions multiples, s’ajoutent des catastrophes naturelles, comme la grêle qui détruisit entièrement les récoltes à la veille des moissons, le 6 juillet 1815.

 

A la fin du XIXe siècle, le village connaissait une activité économique intense. En 1905, on ne comptait pas moins d’une vingtaine d’artisans et de commerçants dans la commune. Cependant, les deux conflits mondiaux qui ensanglantèrent l’Europe du XXe siècle n’épargnèrent pas la commune. La guerre de 1914-1918 fera 34 morts, celle de 1939-1945 trois morts et 13 hommes seront faits prisonniers.

Les résistants le l’Armée Secrète locale et les maquisards du camp de Catane (Bois d’Illiat) participeront admirablement à la défaite de l’Allemagne nazie et du régime de Vichy. Outre de nombreuses actions de réception de parachutages, distribution de journaux clandestins, cache de réfractaires, on retiendra l’épisode héroïque de l’embuscade de la Moussière. Le 19 mai 1944, le groupe franc Antoine, commandé par Antoine Fornelli, ayant établi un barrage à cet endroit, anéantit une voiture et un camion de miliciens pourtant supérieurs en hommes et en armement. Au cours de cette opération, le jeune résistant Georges Rosset, âgé de 18 ans et membre du Groupe Antoine, perdit la vie au champ d’honneur.