• Nom Collecteur: Christian Lorin, Joëlle Renoud, Michel Coutant, Dominique Borgat
  • Date Création: 20-04-2026
  • Commune concernée: GRIEGES
  • Catégorie principale: Autres
  • Bibliographie: -Termes régionaux et noms de lieux de Suisse Romande, Savoie et alentours. - Henry Sutter. -Richesses Archéologiques et Touristiques du Canton de Pont de Veyle – Patrimoine des Pays de l’Ain – Jean Yves Feuillat – 1986. -Souvenirs Religieux de Grièges – Abbé François Sornay -1898. - J Hannezo Bulletin de la Société des Naturalistes et Archéologues de l'Ain N°39 Année 1937. - Eugène Dubois BSNAA N° 53, 56. 57. 58 et 61. Années 1939, 1942. 1943. 1944 et 1947.

L’Atlas Terrier se compose des chapitres suivants :

Atlas terrier généralités

Atlas terrier de Grièges

Paroisse de Grièges

Noms de lieux à Grièges au XVIIIe siècle

Noms des Personnes ou personnalités relevés dans l’Atlas terrier de Grièges au XVIIIe siècle

 

Atlas terrier généralités

Parmi toutes les sources permettant d'appréhender le territoire et l'environnement dans lesquels vivaient les sociétés humaines aux époques médiévale et moderne, les plans et atlas-terriers sont assurément, sinon les plus précieux, du moins les plus spectaculaires,

L’atlas terrier est l’héritier lointain des polyptyques¹ carolingiens et des censiers² des XIe et XIIe siècles.

¹ Un polyptyque désigne généralement une peinture sur plusieurs panneaux et un inventaire détaillé foncier des biens d’un grand propriétaire ou des bénéficiaires ecclésiastiques.

² La cense est la redevance d’un propriétaire ou d’un fermier due aux seigneurs ou seigneurie. La censive est l’ensemble de lois et de coutumes de l’époque carolingienne à la fin du Moyen-Âge.

 

Mais il fut précédé d’expériences et de tâtonnements qui représentent autant de jalons dans la mise au point d’une nouvelle formule d’inventaire seigneurial.

Dans la première moitié du XIVe siècle quelques seigneurs tentent de remédier au caractère imparfait des inventaires jurés. Le bouleversement des seigneuries consécutif à la guerre et à la reconstruction, ainsi que les destructions fréquentes des archives seigneuriales, obligèrent les seigneurs à renouveler leurs titres et à chercher de nouvelles formules de gestion.

Le terrier permet d’authentifier les actes privés, les particuliers pouvant avoir recours soit aux juridictions gracieuses de l’official ou des cours royales, soit à des notaires publics de type méridional.

Ce document était vraisemblablement à la charge des seigneurs concernés, mais depuis 1666, dans certaines régions du centre de la France, dont le Mâconnais, un règlement leur permettait de faire renouveler leurs terriers aux frais de leurs censitaires. Il peut être considéré comme l’ancêtre de notre cadastre actuel. Il permettait de consigner les noms des tenanciers³, le montant de la redevance qu'ils devaient à celui-ci en fonction de la destination des parcelles.

Les seigneurs qui ont la volonté de perfectionner et améliorer la gestion de leurs terres, de visualiser le détail de leurs possessions foncières afin de faire valoir leurs droits auprès de leur tenanciers, (redevances, droits de mutation, corvées), confièrent à des notaires le soin de rédiger des circulaires réunissant des copies ou des analyses des principaux titres de seigneuries, ou de tenir des registres dans lesquels le praticien consignait au fur et à mesure les actes relatifs aux mutations dans la censive.

L’intervention d’un notaire apparut comme une démarche indispensable lors de la confection des documents de ce type, au point de mettre en doute et contester tout inventaire antérieur dépourvu de tout seing manuel.

³ Tenanciers : ceux et celles qui tenaient des terres en tenures dépendant d’un fief auquel il était dû un cens. (Définition Wiktionnary.org).

 A la fin du XIVe des mises à jour apparurent : Les termes « leva » « liève » furent donnés aux documents annexes des terriers.

 

Atlas terrier de Grièges

 

Le très bel atlas-terrier de Grièges est assurément l'un des plus remarquables. Il est réalisé entre 1736 et 1738 par Maître Paul Dumas, notaire et commissaire à terrier à Pont-de-Veyle, peut-être pour les deux fils d'Augustin de Ferriol, seigneur d'Argental et de Pont-de-Veyle. Ce dernier décéde en 1737 et en 1739 ses fils vendent la seigneurie  à la Marquise de Sébeville (cf <patrimoine-canton-vonnas.fr>Inventaire de Pont de Veyle). Cet atlas des « Cartes ou plans généraux de plusieurs rentes à Griege » compte 35 planches décrivant le finage* qui correspond à peu près à la moitié Est de la commune.

* Circonscription sur laquelle un seigneur ou une ville avait droit de juridiction.

Remarquable, l'atlas-terrier de Grièges l'est par l'utilisation de longue durée qui en a été faite. De multiples mentions, corrections, attestent de son utilisation jusqu'à la période révolutionnaire. Cela le distingue, à ce titre, du plus grand nombre des plans et atlas-terriers conservés.

Remarquable, il l'est également parce qu'il montre de l'espace vécu. A la différence, en particulier, des très beaux atlas réalisés à la veille de la Révolution, habilement dessinés et colorés, terriers qui avaient pour but de réaffirmer des droits seigneuriaux, l'atlas de Grièges met davantage en valeur le bâti que l'espace agricole. Les habitations sont représentées, maladroitement, mais en couleur et, aspect ô combien plus précieux, en élévation.

Il est assorti enfin d'un autre atlas-terrier plus modeste et plus tardif, cahier d'une dizaine de folios réalisés à l'encre noire, et dont la lecture comparée est riche de découvertes.

Ayant survécu aux tourmentes de la révolution, l’addition de ces 2 ouvrages se présente sous la forme d’un gros livre cartonné. La partie Ouest de la commune (bord de Saône) n’apparaît pas dans ce document.

Ce document a servi de base au cadastre napoléonien, (réalisé en 1834 pour Grièges), et au cadastre actuel.

 

En 2020, il a fait l'objet d'une opération de restauration par l'atelier de Chloé Pédoussaud (Oyonnax) et de numérisation par l'atelier Art & Mémoire (Lyon). Il est conservé dans la salle adaptée des archives municipales et il est consultable sur le site des archives de l’Ain ou celui de la mairie.

 

Rédaction :

Les points cardinaux sont désignés par les termes encore couramment employés par les générations qui nous ont précédé à la campagne, à savoir « bize » pour le Nord, et « vent » pour le Sud. L’Est est désigné par « matin » et l’Ouest par « soir » en référence au lever et au coucher du soleil.

Sur l’atlas de Grièges, sont représentées les parcelles avec leurs occupants du moment, leur contenance en coupées ou en moaux de foin par exemple. Les liens avec les propriétaires à qui les redevances sont dues y sont également notés avec des formules du style : ‘En direct de …’ ou ‘dépendant de …’, ‘rente de...’. Ceux-ci sont souvent des châtelains ou des institutions religieuses de la région : châteaux de Pont de Veyle / de Coursant à Perrex, (Corsant), / de Montépin à Bâgé la Ville, / du Chanay, (à Dommartin ?) / Seigneurie d’Asnière basée au château de Loriol à Confrançon, / Mrs de Saint Pierre à Mâcon / Mrs de Saint Vincent à Mâcon, ou plus éloignées : Abbaye d’Ainay à Lyon.

Le nom des occupants est souvent accompagné des prénoms de leurs ascendants sur plusieurs générations (par exemple : Benoit fils de Benoit questoit (qui était) fils de Louis fils de François fils d’Aymé).

Les noms des propriétaires et tenanciers sont parfois suivis de leur profession (charpentier, médecin, ‘advocat’...) ou de leur charge (juge, prudhomme, ministre ...)

La nature de ces propriétés y est souvent mentionnée, « pourpris » (enceinte, enclos), « prélion » (petit pré), jardin, verchère (terrain attenant à une habitation).

Les nombreuses mares ou serves sont également représentées ainsi que les croix de chemin ou calvaires dont certains ont depuis disparu ou ont été déplacés.

Les constructions y sont dessinées en deux dimensions avec souvent désignation de leur usage (maison, grange) avec ou sans cheminée « sarrasine », de même que les nombreux puits et fours.

Elles sont souvent regroupées en « villages » qui correspondent aujourd’hui aux principaux hameaux (‘Corcelles’, ‘la Botta’, ‘ Gion’, ‘la Valla’, ‘Villeneuve’…), créés autour de « villas », qui à l’époque gallo-romaine correspondaient généralement à des domaines ruraux.

Les voies de communication sont tracées. Elles ont donné naissance à nos routes ou chemins actuels.

A noter que plusieurs de celles-ci étaient indiquées comme reliant le port de bief (Port de By) au village ou aux hameaux principaux de Grièges. Le port de By, situé sur le confluent entre la petite Veyle et la Saône, était important pour le commerce des productions agricoles locales (vins, céréales, légumes).

Un second port, mentionné dans le livre « Souvenirs religieux de Grièges » rédigé en 1898 par l’abbé François Sornay et dans de nombreuses délibérations du conseil municipal, se trouvait également sur le cours du même bief, juste en amont du lieu où sera construit, en 1828, le pont de Jonc.  

Un bac, privé à l’origine avant d’être repris par la commune, assurait la traversée du cours d’eau dénommé parfois à cette époque ‘bief de Gion’, (‘Petite Veyle’ aujourd’hui).

 

Les noms des lieudits y sont nombreux. Certains comme le « Dérontay » apparaissent en 4 ou 5 lieux de la commune avec plusieurs orthographes. Beaucoup de ces noms ont disparu au fil des révisions des plans cadastraux et en particulier à l’occasion des différents remembrements qui ont concerné la commune.

 

On peut y voir également dans deux secteurs au moins de la commune, des changements radicaux dans le tracé du cours d’eau « le Guiron », artificiellement en Fossiaux (Fosseau) et naturellement à Monnoyer (Montnoyer) où il aurait abandonné son lit pour rejoindre la Petite Veyle un peu plus à l'amont, près du pont de Jonc. Il a pris pour cela le tracé de la charrière menant de ‘La Ronze’ (secteur Grand Mortier – Serve Farget), au gad de la Lietta (gué proche de Jonc).

 

Le territoire représenté déborde légèrement sur celui des localités voisines, les limites de la commune ayant été matérialisées plus tard : 1792 puis 1832, soit juste avant la rédaction du cadastre napoléonien (1834 à Grièges).

Par contre, le secteur des prairies inondables du bord de Saône à l’ouest de la commune n’apparaît pas sur ce document. On peut lire à ce sujet dans le livre ‘Souvenirs Religieux de Grièges’ : « Ainsi la partie ouest de la paroisse (de Grièges Ndlr), était unie au Comté de Pont-de-Veyle par le fief de Lassalle ».

Les  les mutations foncières y sont notées.

Les communaux, parcelles appartenant collectivement à l'ensemble des habitants de la commune, couvrent pour certaines des surfaces très étendues par rapport aux autres parcelles du territoire.

 

 Paroisse de Grièges

La première mention connue de la paroisse, vue dans des documents datant de l’an 1000 environ l'identifiait sous le nom de Grécio. 

Le coeur de celle-ci situé jusqu'à la fin du XIXe à l'actuel Vieux Bourg de Grièges correspondait à l’origine à un simple hameau proche du cœur de la paroisse de Chillia correspondant aux territoires de Grièges et Cormoranche. Au XIe siècle la partie sud se détache pour former la paroisse autonome de Cormoranche. La partie Nord prend alors le nom de Grécio (Cf bulletin municipal de 1995)

Ce nom proviendrait du gentilice4 ‘graecus’ signifiant grec et il se transformera progressivement en ‘Grièges’ en passant par ‘Gregium’, ‘Grege’, ‘Greige’, Gregio, Gregis, Greyge, Griege.

4Gentilice : se dit du nom propre de la gens (groupe de familles), intercalé entre le prénom et le surnom de l’individu et indiquant la citoyenneté romaine (Dictionnaire Larousse).

Au XIIIe Chillia était un fief possédé par un seigneur du nom de Vuardus de Chillia domicellus (source : Richesses archéologiques et touristiques du canton de Pont-de-Veyle, 1986).

La présence de pies grièches, (grecques), sur le blason et l’atlas terrier de la commune est probablement liée à cette origine mais l’histoire ne dit pas s'il y pourrait y avoir un lien entre notre commune et la Grèce.

Du texte inscrit au bas du dessin de la 1ère page de l’atlas on peut déchiffrer : « Petits oyseaux Venés dans nos hormoz (ormes) et chantes les … Ramages avec Courage Amasse Ramasse c’est la (v)otre Langage … a Recommencer a (tout)… »

On retrouve les deux pies grièches sur le blason de la commune avec le bateau à voiles, le croissant de lune et l’étoile.

Blason ainsi défini : « D’azur à la nef d’or au mas d’argent, accostée à dextre (côté droit) d’un croissant contourné d’or et à senestre5 d’une étoile du même, posée sur trois fasces ondées abaissées d’argent ; au chef d’or chargé de deux pies grièches affrontées d’azur becquées, allumées, et colletées d’argent ».

5Sénestre du latin sinister : dirigé vers la gauche

(Source : Armorial des communes et collectivités des pays de l’Ain, Pierre Henri Chaix).

Photo du blason

 

Noms de lieux à Grièges au XVIIIe siècle

Concernant les lieudits on trouve entre autres les noms relatifs :

Au relief ;

Pendannes’, (terrains en pente), ‘Gramont’ (contraction de grand mont sans forcément être très élevé), ‘Le Molard’ (tertre, remblai) ou ‘Toises des Molards’, la toise étant une ancienne mesure de longueur.

Plagne’, ‘Champagne’ ‘La Plate’, ‘Les Plattes’, ‘Les Platières’ (à Hautes Corcelles et en prairie), correspondaient à des terrains plats. ‘La Valla’ est l’ancien nom de la vallée.

Les sols argileux, souvent humides ou fréquemment inondés s’appellent : ‘Les Lys(Les Lies aujourd’hui), ‘La Liasse’, ‘La mare de la Loye’, ‘Le Loyer’. ‘Fontenaille’ caractérise un lieu humide du fait de la présence de sources (d’où le mot ‘fontaine’). ‘Le Gotel’ et ‘Gotay’ indiquent soit un trou, soit un filet d’eau provenant d’une source. ‘La Blettona’ désigne un lieu boueux mais aussi parfois une bonne terre à blé ou un bois nouvellement planté.

La Botte, ‘La Bottière’, ‘Le bottelier’ peuvent venir soit de ‘bô’ (crapaud en ancien français) évoquant la présence de mares, soit de ‘ bottet’ = boisé (en Savoie).

Le Mortier’, au centre du village, évoque des terrains argileux à la terre grasse et collante.

Ces terrains étaient souvent difficiles à cultiver. On a donné à certains, des noms signifiant terres incultes, comme ‘Vavre’ voire ‘Vauvrille’.

Aux parcelles ;

Celles closes de haies ou de murs ont donné les noms ‘Clausure’, Closure’, ‘Closuron’, ‘Clavière’, ‘Breuille(pré entouré de buissons). ‘La Clayetta’ (‘Clayettes’ aujourd’hui), pouvait être entourée d‘une clôture végétale tressée.

‘Les Collonges’ étaient des fonds de terre concédés à des colons, (cultivateurs liés à un propriétaire par un colonage partiaire. (Forme de métayage à statut particulier).

‘Le Devay’ : Les ‘devays’ ou ‘devets’, au même titre que la réserve seigneuriale, étaient réservés ou soumis à réglementation.

Corcelles’, terme militaire à l’origine, a été appliqué par la suite à un groupe d’habitations ou à un domaine agricole.

Groupés dans un secteur sans constructions, on trouve les lieudits ‘Le Château’, ‘Le Châtelet’, ‘Les Terres Franches’ (souvent proches d’un château et exemptées de redevances) ‘Le Chazeau’ (nom dérivé de ‘Casal’ qui pouvait désigner à l’origine une riche maison ou une ferme, mais aussi plus tard une masure, une maison en ruine). Si hormis ces appellations, on ne trouve pas trace d’une présence ancienne de château ou d’autres constructions, cette proximité interroge.

Villeneuve tient son nom des villas gallo-romaines, domaines ruraux autour desquels se formaient les villages ou hameaux.

A la végétation ;

 A ‘la Bartonnière’ (de « bart» = hallier, broussaille), ‘L’Aubépin’, L’Espinetta’, La Ronze’ (ronce), on devait rencontrer de nombreux buissons d’épines. A ‘La Génetire’ devait pousser du genêt. ‘Les Parelles’ et ‘ Paréle’ devaient tenir leur nom de la prêle et ‘Les fougères’ de la plante du même nom, de même que le hameau de Jonc qui a connu les appellations Gion, Jons.

‘Le pré d’Ezaye’ aux abords de la ‘Ferme Sainte Marie’, ancienne école d’agriculture dépendant du château de Pont de Veyle, serait une déformation de ‘Pré des ails’.

‘La Léchère’ (de lesches appelées aussi carex), ainsi que ‘La Rosière’ et ‘Roselay’ (roselières) font référence à la végétation de milieux souvent recouverts d'eau.

Les arbres sont aussi à l’origine de noms de lieux comme ‘Petit Fayet’ et ‘Grand Fayet’ (de fayard, autre nom du hêtre), ou ‘’Lalanier’, (de ‘l’alagnier’ ou noisetier), ‘LHormoz’ (‘Les Ormes’ aujourd’hui), ‘Chanoz’ (chêne), ‘Terre des saules’, ‘Bois des Tortes’ (arbres tordus). ‘La Verne’, Le Vernay’ ou ‘Pré Vernay’ indiquaient la présence de vernes‘,ou aulnes. Le Luet’, (de « lu » = bois), pouvait désigner un petit bois.

Aux rivières ;

‘Les Rives’, ‘La Ripe’ (du latin ripa = rive) ou ‘Prés sur Veyle’ et ‘Pré sur la Veyle’. ‘Le Pré des Ports’ et ‘Les Prés du Port’ sont proches du Port de By.

Au sol ; 

Grevet, ‘Bois Grevet’ et ‘Les Gravières’ au bord de la Petite Veyle peuvent avoir des sols composés de sable et de gravier.

‘Les Péroux’ et ‘ Champ Perroux’ indiquent généralement des sols pierreux.

Des lieux appelés ‘Sablons’, comme près du ‘Pont des Laboureurs’ et du ‘Petit Fayet’, renseignent également sur la nature du sol.

Aux animaux ;

Affectionnant plus certains lieux, ceux-ci leur ont laissé des noms s’y rapportant comme ‘La Verpillère’ en lien avec les renards ou ‘La Teyssonnière’ avec les blaireaux et ‘Le Pré de la Pie’ avec l’oiseau du même nom. ‘Le Grand Pré des Pies’, faisant autrefois partie du domaine du Moulin Vieux, par contre, pourrait tenir son nom d’une division en lots, (pies ou pilles).

A l’activité humaine ;

Le défrichage de bois en vue de rendre des terrains cultivables a donné ‘Le Dérontay’, ‘Le Dérontey’ et ‘Le Déromptey’. ‘Laissart’ et ‘Les Essarts’ pourraient venir d’une parcelle essartée (défrichée et où on a brûlé les broussailles). ‘Les Viarres’ indiquaient des terres cultivées par intermittence (pratique de la jachère). ‘La Plantée’ et ‘Les Grandes Vignes’ désignaient autrefois des secteurs plantés en vignes, lesquelles ont toutes disparu aujourd’hui. ‘Le Quart’ par contre pouvait désigner un arrachis de vignes ; mais il pouvait aussi avoir un lien avec le mot quartier.

‘Le Carron’ fait généralement référence à une briqueterie ou à une carrière d’argile mais peut aussi désigner une place carrée.

‘Les Papes’ serait une déformation de « Les poypes » monticules de terre à vocation généralement défensive, dont deux auraient existé dans le secteur. Vu sur ‘’Recherches Touristiques et Archéologiques du canton de Pont de Veyle’’. 1986, d'après J Hannezo ''Bulletin de la Société des Naturalistes et Archéologues de l'Ain", N° 39 Année 1937 et Eugène Dubois pour les N° 53, 56, 57, 58 et 61, respectivement de 1939, 1942, 1943, 1944 et 1947.

Une troisième s’élevait au nord-est de la commune, près de l’ancien moulin de Chavannes.

Au feu ;

En ancien français « forn » veut dire four. A ‘La Fornache’ pouvait être pratiqué le fornachage (Cf ‘fournache’ : résidus de végétaux issus du sarclage notamment, que l’on brûle pour fertiliser les terres). ‘Au Fornay’, 21 fours à pierre chauffantes datant d’environ 1000 ans avant Jésus Christ ont été découverts en 2008 lors de fouilles préventives liées à la construction de l’autoroute A406.

Aux habitations ;

‘La Salle’ désigne généralement une ancienne maison seigneuriale ou une maison à la campagne avec salle de réception. D’après l’abbé François Sornay, le domaine de la Salle à Grièges avec sa tour des Huguenots aurait été le siège d’un fief dépendant du château de Pont de Veyle.

Aux voies ;

‘La Grande Charrière’ devait être une voie carrossable.

Les carrefours ont donné ‘Le Carrage’ et peut-être ‘Les Croisettes’, mais aussi les treyves (carrefours de 3 routes), avec ‘Treyve Badry’, ‘Treyve de la Génetire’ et ‘Treyve de la Clayetta’. Le centre de ces intersections était généralement utilisé pour créer une mare.

Au site ;

‘La Pierre Thorion’ tient son nom d’un mégalithe, source de légendes et de croyances, posé pendant longtemps dans des bois près de la Saône et de la limite communale avec Cormoranche. Il a été récupéré avant les travaux de construction du TGV dans les années 1980 et déposé plus tard dans l’enceinte du plan d’eau qui porte son nom.

 

 

Noms des Personnes ou personnalités relevés dans l’Atlas terrier de Grièges au XVIIIe siècle

Propriétaires nobles, personnes titrées ou avec charge.

Noble Jean Décrivieux seigneur de Genod (à Crottet). / Mr de Ferriol seigneur comte de Pont de Veyle. /  François de St Loup  /  Claude Décrivieux  escuyer  / Honnete Jean Chanal  /  Charles Uchard juge  / Bernardin et Jacques de la Coste  /  Me Paul Dumas notaire à Pont de Veyle (rédacteur de l’atlas terrier) / La Dame Comtesse de Dona  /  Mr de Siry¹  seigneur de Perrex (et propriétaire également du moulin de Chavane  Ndlr)  /  Mr Uchard Damoret (d’Amoret) /  Mr de Dona Ferrassière  /  Le Sr (sieur) Gratier²  /   Dame Marie hoste Vve du Sr bailli de Thoissay  /  Jean Perraud notaire Royal à Grièges  /  Mrs de St Pierre de Mâcon  /  Paul Henry Deveyle de la Sala / Mrs de St Vincent de Mâcon  /  La Dame de St Romain  /  Mr Joseph François Dinet seigneur de (Chassingeoir) et St Romain (Lien avec le château de Longe à Sulignat - Cf Wikipédia) / Estienne et Samuel Uchard /  Le Sr de Laly / La Dame de Majustin, Dame de la Chassagne  /  Claude Du Saix Baron de Coursant / François Catherine de St Loup / Rémond Béraud bourgeois de Pont de Veyle  / Noble Jean Demacet Sieur du Sauzet / le ministre* Uchard (*fonction dans l’église protestante au niveau local)/  Sr Arcelin / Mr de Beyny / Madame de Montépin / François Gillet de la Crochette / Mr le président Leloup / Sieur Louis Samion / Benoit Chanoz juge à Pont de Veyle / La Dame Chanoz / Michel St Martin hostes aux grands faubourgs de Pont de Veyle / Mr Charles Hoste de la Croix / Sr Compaind / Pierre Perraud notaire / Joseph Forest advocat à Mâcon / Jacques  Forest advocat / Françoise Besson femme du Sr Beaucomba / Sr de Laly / Jean Bernard le prudhomme.

¹ En 1750, François de Siry, entre autres président honoraire au Parlement de Paris cède la seigneurie de Perrex à Jean Baptiste Bonna. (Cf ‘Les 1ers maires du canton de Pont de Veyle – Christophe Greffet). 

² On retrouve à une époque ce nom sur des plans à propos du moulin vieux et du chemin qui y mène depuis Jonc.

A noter qu’on ne retrouve pratiquement plus de ces titres dans la seconde partie de l’atlas terrier, plus récente. On peut donc supposer que cette partie a été rédigée après le 4 août 1789, date de l’abolition des privilèges en France.

Surnoms ou indications anecdotiques.

Léonard Dombey dit le cavallier / Jean Bernardet dit polichon   / Baudet de Nuaillat, frère de celuy qui a épousé la Bernard(e) / Mathieu Baudet dit Baudillon / Jean Loup dit gros Régnaut / Philibert Rosier dit Papillon / Pierre Loup le sordiau (sourd ?) / Pierre Dubost dit Chanevet (en rapport avec la production de chanvre) / Jean Bourdon dit legrand Jean.

 Seigneuries, fiefs et autres bénéficiaires des rentes ou redevances

Château de Pont de Veyle / Einey (abbaye d’Ainay ? À Lyon – pour information, aux XIIIe et XIVe siècles Laiz et Pont de Veyle étaient sous la protection de cette dernière. Cf <Inventaire de Pont de Veyle>) / St Martin des Vignes (Ancien hameau de Charnay-les-Mâcon intégré aujourd’hui à Mâcon) / Pré dépendant de la cure de Crottet ou de la chapelle St (Vinier) / Le Chanay (St André d’Huiriat ?) / Anière (seigneurie d’Asnière-les-Bois au château de Loriol à Confrançon ?), / La Salle (fief à Grièges ?) / Montépin (Château de Montépin à Bâgé-la-Ville ?) / Trévernay (Ferme de Travernay, ancien fief, St Cyr-sur-Menthon ?) / Hôtel Dieu de Pont-de-Veyle / Despollins (Famille de Poleins dont Jean vers 1475, seigneur de la Jaclière à Laiz et plus tard Samuel seigneur du même lieu et du château de Montportail à Cormoranche-sur-Saône /.

Voir à ce sujet <Inventaire de Cormoranche>Château de Montportail>.

Mr Frédéric Simonet, juge de paix à Pont de Veyle, dernier propriétaire et résident du château de Montportail avant l’incendie de celui-ci en 1930, a été également propriétaire du moulin de Jonc à Grièges de 1886 à 1888 à la suite de son beau-père M Ferdinand Bernard.

La cure de Laiz / Laumusse / Notre Dame de Bâgé / Bottange / Chalenda / La Falconnière (St André d’Huiriat ?) / LesThuailles / Direct de la Sale du Sr Deveyle / Ste Marguerite (en lien avec une statue protectrice des princesses de Savoie, longtemps vénérée à la chapelle St Gengoult ?)

/ Chapelle St Jacques et St Philippe / La Grange de Feillens appelée de Bottange appartenant à Mrs de St Pierre de Mâcon / Obédiance de Montfacon (Montfalcon à Mézériat ?) de Mrs de St Vincent de Mâcon / La Falconnière ind(ivision ?) avec Le Chanay / La cure de Grièges / Pize / Rente de Chalenda Despolins  / Direct de Monspey / Direct des Deveyle / St Pierre et St Paul / Rente de Ste Catherine / La Moussière / La cure de Grièges / La cure de Crottet à cause de la chapelle de St Blaize (sur partie plus récente de l’atlas terrier – Plan 02).

Les communaux

- Parcelles appartenant en commun aux habitants de Grièges à l'époque de la rédaction de l’atlas.

Commune de Plagne / Commune des Roselay / Commune des Petits Roselay / Les Petites communes vers Faty / Commune de Gion / Commune de Larrivoir (l’arrivoir, devenu La Rivoire aujourd’hui), / Commune de La Place / Commune des Eschanées / Commune du Vernay / Commune du Flachay / Petite Commune des Tronchées qui a été (amazagée) à Mr Tardy par Madame la Comtesse de Pont de Velle / Commune des Ourres (à Cormoranche aujourd’hui) qui a été ( ) à M Tardy* par la Comtesse de Pont de Velle en 1763 / Commune des Grandes Tronchées / Pré en commune réduit de plusieurs particuliers appelée La Liasse / La Commune du danseur (à l’ouest de l’ancienne église = place des danseurs ? ).

*Claude Tardy qui se fera appeler plus tard Tardy des Ourres. Cf ‘Les premiers maires du canton de Pont de _Veyle – Christophe Greffet

-  Parcelles appartenant à d’autres communautés

Communal de St Vincent de Mâcon et de celuy du Molard.

Phrases et expressions diverses.

M Ramoz de Béost de la discution du Sr Charles Uchard de Monspey / Fossé fait pour refonder le moulin de Faty pris sur la Commune / Terrein (terrain) en alluvion que la rivière a donné / Cette charrière dépend du moulin vieux qfut (qui fut) du Sr Gratier Recognue (reconnue) par la Dame Comtesse de Dona. / Fossé pour abreuver les Pies (Grand Pré des Pies dépendant du moulin vieux à l’époque) / Viollet (petit chemin) entredeux / La rivière du By de Gion passoit icy et a apporté du terrain ou lon a planté une saugée .../ (Bras) deVeyle (déschargeant) le moulin de Thoiria à celui de Faty. / Terres de franc allods (cf franc-alleu) / Icy le curé de Grièges a acquis pour les dits enfants / Charrière tendante de Gion à la Ronze par laquelle le Guiron a pris son cours / Icy passoit le vieux Guiron / Icy concours avec la rente de Notre Dame de Bâgé / Il n’y a pas assez de fond pour placer toutes les rentes. / Pourpris (enceinte, enclos, demeure) du Sr Deveyle de la Sala appelé Grange de la Croix /  La croix verte de pierre / La serva du Treyvoz Badry est aussi asservie par le même acte / François Bérut a légué aux pauvres de Grièges /  ( ) il a frustré ( ) il faut ( ) souvenir si jamais (    ) /  fondée  (en) l’eglise de Pont de Veyle  / Sr Béom dit Dombey vivant curé de Griège a donné à la chapelle de St Claude de Pont de Veyle / Le moulin vieux de Madame la Comtesse de Pont de Veyle (dans partie plus récente de l’atlas / Large fossé entre deux (le bief de Guiron passe aujourd’hui par ce fossé) / terre abbergée au seigneur de Coursant en 1529.