• Nom Collecteur: Christian Lorin, Michel Coutant, Joëlle Renoud, Dominique Borgat
  • Date Création: 14-12-2025
  • LATITUDE: 46.25469
  • LONGITUDE: 4.828168
  • Adresse ou lieu-dit: lac de Cormoranche
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Non concerné
  • Commune concernée: GRIEGES
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Architecture militaire
  • Architecture militaire: Monolithe
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Source document: Le Journal de l’Ain N° 1225 du 2 août 1968
  • Bibliographie: Bulletin municipal de Grièges 1995 et 20122 Pré-inventaire SORNAY abbé - Souvenirs religieux de Grièges - Librairie et imprimerie Emmanuel VITTE -1898 GRAVIER Gabriel - Légendes de la Bresse et du Bugey - Collection du mouton bleu - 1984
Grièges Pierre Thorion photo M Coutant

La Pierre Thorion

 

A la limite de la commune de Cormoranche s’élevait la Pierre Thorion ou Pierre du Ciel, monolithe calcaire d’un mètre sur deux, estimée à 3,5 tonnes, curieusement placée au cœur de la Prairie à 5 ou 600 mètres des berges de la Saône. Le nom de « Thorion » pourrait venir du germain « thor » > taureau.

Hypothèses :

S’agit-il :

- d’un bloc erratique provenant des grandes glaciations du début du quaternaire ?

- d’un aérolithe tombé ici ? Une gravure, la représente mentionnant en légende « pierre du ciel » ?

- d’un monument élevé par la main des hommes ?

- d’une borne gauloise ?

- d’un temple d’Apollon détruit par les chrétiens ?

- de la sépulture de Saint Gengoux ?

- d’un jalonnement vers un gué de la Saône avec d’autres pierres aujourd’hui enfouies ?

-  d’un lieu de réunion de druides celtiques ?

- l’abbé Sornay en 1898, y voyait un vieux dolmen dont les supports avaient disparu, employés à la construction de la vieille église.

- la Direction des Antiquités Préhistoriques de la circonscription Rhône-Alpes, cette pierre proviendrait d’une carrière située à Lacrost, près de Tournus, et pourrait être tombée d’un radeau à destination de la région lyonnaise qui aurait chaviré lors d’une crue.

 - Le procès-verbal de limite de commune et la feuille 7 des plans cadastraux napoléoniens font apparaitre les lieux-dits « Pierre Torion ou Torrion », un dessin et le mot « ROC » en bornage de limite territoriale. (Voir en annexe le document » la Pierre Torion selon les cadastres»)

 

Légendes liées :

- le bloc semble avoir été apporté d’un autre endroit, car le sol où elle se dresse ne contient aucun autre rocher apparent. Cette constatation s’accorde, en ce point, avec ce que racontent les gens du pays. Cette pierre, disent-ils, couvrait le tombeau du patron de Grièges, Saint-Gengoux. Un jour, on décida de la transporter, mais les bœufs s’obstinèrent à ne pas tirer le char qui la portait. Puis, comme on avait renoncé à les aiguillonner plus longtemps, ils allèrent d’eux-mêmes et s’arrêtèrent à un endroit d’où ils ne voulurent plus partir. On vit un signe du ciel en ce nouveau refus des animaux, et on construisit une chapelle à l’endroit qui semblait leur avoir été indiqué.

La légende très répandue d’un attelage refusant de tirer une voiture chargée de la dépouille ou de la statue d’un saint, nous incite à ne pas croire beaucoup à cette histoire, car Gengoux fut inhumé bien loin des bords de la Saône en Haute-Marne à Saint-Pierre-de-Varennes.

- Une autre source précise que les épouses infécondes de Saint Laurent après s’être dépouillées de tous vêtements jusqu’à la ceinture, se frottaient le ventre contre une pierre levée pour avoir des enfants et les seins pour avoir du lait ». Evoquait-elle la Pierre Thorion ?

 

Histoire d’une pérégrination :

Submergée fréquemment par les crues de la Saône, elle s’est enfoncée dans le sol très meuble et une végétation envahissante de bois et de broussailles l’avait rendue pratiquement inaccessible.

A l’initiative de M. Bony, instituteur, on avait entrepris de la dégager pour la remonter, mais faute de moyens matériels suffisants, on n’avait pas poussé plus loin la tentative. Cette entreprise a été reprise le dimanche 28 juillet 1968. L’extraction a été réussie après aménagement d’une voie d’accès et maintes péripéties. La Pierre-Thorion, tout en restant dans son environnement, a été entreposée chez le propriétaire du terrain avant d’être récupérée en catimini, avant le début des travaux de construction du TGV prévu à l'automne 1978. Au mois de juillet 1978, des jeunes de Cormoranche-sur-Saône la tirèrent dans un fossé. Peut-être avaient ils l’idée de se l’accaparer, pensant qu’elle était à Cormoranche, chose démentie par Grièges.

Quatre élus griègeois estimant que cette pierre ne doit décidément pas être perdue et pour empêcher qu’elle ne soit enfouie dans les travaux du TGV, décident alors de la mettre à l’abri. A l’aide d’un engin de manutention, les comparses la chargent et la transportent de nuit, à environ 3 kilomètres de son lieu initial. Celle-ci est tellement lourde qu’un membre de l’expédition doit faire contrepoids. Malgré la taille et le poids imposant du « caillou » et bien que le transport ne fût pas très discret, apparemment personne n’a remarqué ce curieux équipage nocturne. L’objectif étant de protéger la pierre et non de la voler à leur profit, l’équipe décide de mettre au courant le Maire de Cormoranche et d’en garder le secret pendant de nombreuses années et malgré les différentes causeries, interrogations et rumeurs les plus folles parfois lancées par les auteurs eux-mêmes.

Les Affaires Culturelles s’inquiètent et lancent une enquête. En 1987, ayant obtenu l’assurance qu’elle retrouverait sa place dans l’aménagement du lac de Cormoranche, la pierre est restituée et mise en valeur à la limite des deux communes à la base de loisirs comme à l’origine. Ce lieu de loisirs prend alors le nom de « plan d'eau de la Pierre Thorion ».