• Nom Collecteur: Christian Lorin, Michel Coutant, Joëlle Renoud, Dominique Borgat
  • Date Création: 21-04-2026
  • LATITUDE: 46.266937
  • LONGITUDE: 4.857613
  • Adresse ou lieu-dit: Route de Jonc, entre le 404 et 482
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Pont
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Non concerné
  • Commune concernée: GRIEGES
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Communication et Transport
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: XIXe
  • Source document: Archives municipales Grièges 1D3, 1S3, Atlas terrier Archives départementales cadastre napoléonien et actuel
cadastre Grièges Pont de Jonc 2026

Le temps du bac

Le chemin passant par Jonc, hameau de Grièges, différemment appelé Gion, Gions, Giont, Jons,  Jont, au fil du temps, est très fréquenté selon la délibération du conseil municipal du 20 pluviôse an III attestant du contrôle des plattes du port de By et des deux bacs de Jonc.

« Le 20 pluviôse an III nous nous sommes transportés sur celle placée sur la rivière de Veyle qui s’est trouvé tout en débris soit parce qu’elle était usée soit parce qu’elle a été les trois-quarts emporté depuis plus de six mois par des personnes soit disant de Saint Laurent et se trouvant dans l’impossibilité de servir ce qui porte un préjudice aux voitures passant soit coche et diligence. De là nous nous sommes transportés au port de Jonc sur la rivière Dubieffe ou nous avons reconnu que le dit bateau était en très mauvais état soit par rapport à la longueur de son service étant en place depuis treize années et que le hameau de Jonc et de la Bota ainsi que toute la commune est susceptible de passer dans les dits bateaux et plusieurs autres paroisses voisines ainsi que tous les passants ». (cf document annexé délibération du 20 pluviôse an III)

 Les bacs étaient gérés en fermage, le fermier ayant en charge de les entretenir et percevoir les taxes de passage. Benoît Gatheron et Claude Bernard avaient cette fonction en 1806. La délibération municipale de visite estime le bateau à 48 francs. Les cordes et les 50 boucles métalliques sont propriétés de la commune. (cf document annexé visite du pont de Giont du 13-11-1806)

Les fermiers étaient logés par la mairie comme l’atteste la délibération du conseil municipal du 27-8-1810 par contrat passé avec M. Jourdan demeurant à Banain loueur d’une maison sise à Villeneuve pour une valeur de 90 francs payable annuellement à la Saint Martin.

 « Cejourd’hui lundi 27 du mois d’août de l’année 1810 est comparu au bureau de la mairie de la commune de Griège canton de Pont de Veyle département de l’Ain arrondissement de Bourg le sieur Jourdant bourgeois demeurant la commune de Banain canton de Châtillon arrondissement de Trévoux qui m’a t’amodier une maison à lui appartenant dans la dite commune hameau de Villeneuve pour loger les desservants du port de Jonc tel qu’en jouissait Maquornat des bâtiments cour jardin et les deux vercheres au soir et matin desdits bâtiments tel qu’an joui Maquornat et le père Gauyont la dite amodiation n’est que pour un an à commencer à la Saint Martin prochaine et finir à la Saint Martin de l’an 1811 moyennant le prix et somme de 90f payable le jour de la Saint Martin dans son domicile à Banain Ce pour quoi j’ai dressé procès-verbal pour servir et valoir ce que de raison ce jourd’hui 27 août 1810.

Le sieur Claude Bernard fermier du port de Jonc se rend caution pour ladite ferme de 90f à défaut de paiement par Philippe il s’oblige de payer audit Jourdant ladite somme de 90f. »

 

Construction d’un pont

 Autorisé et validé par le Préfet de l’Ain, en date du 27 décembre 1826, le maire convoque pour le 6 mars 1827, le conseil municipal ainsi que les plus hauts imposés. Cette réunion a pour but de délibérer de la construction d’un pont sur le bas de Jonc et sur les moyens de parvenir aux frais de construction dont l’établissement est reconnu d’utilité générale soit dans l’intérêt de la propriété soit pour faciliter les communications de toutes les communes en deux du bief avec St Laurent et Mâcon où se trouvent les principaux marchés.

L’architecte Roch de Mâcon a réalisé les plans et estimé le coût des travaux à 8 989 francs 74 centimes. Le projet est voté à l’unanimité.

Les ressources de la commune consistent dans l’amodiation des parcours, sur acte de Me Lambert notaire à Grièges le 8 juin 1826 pour 6 ans qui courent depuis l’enlèvement des foins de l’année pour 900 francs par an soit 5400 francs. A déduire 1 000 francs de dettes de la commune. Il faut donc trouver 4 589 francs 74.

Eliminant le choix d’un emprunt, l’assemblée vote à 14 voix contre 4 pour un impôt extraordinaire à partir de l’année 1828 pour 3 ans. Cette décision est à soumettre au Préfet.

Le pont consistait en 1 radier, 4 piles maçonnées dont l’entretien incombe au meunier Merle puisque les vannes du barrage sont adossées à cette structure et un tablier en bois de la responsabilité de la commune.

 

 

Réparation du pont

 Selon la délibération n° 152 du Syndicat d’irrigation de la basse Veyle d’octobre 1863 le pont de Jons, servant à la retenue du moulin du sieur Merle est en très mauvais état d’entretien dans la partie inférieure du radier et des fondations des piles, qui sont fouillées et qui menacent de s’écrouler, le président invite l’assemblée à délibérer sur les moyens d’éviter une catastrophe.

« Vu l’acte d’acquisition du sieur Merle du 16 8bre 1838 ; l’ordonnance royale du 28 mars 1841, et l’arrêté du15 Xbre 1853, qui en autorisant son moulin lui prescrivent l’entretien des dits travaux, ainsi que beaucoup d’autres conditions auxquelles il ne s’est pas conformé ; considérant que cette négligence à remplir les conditions imposées au sieur Merle pour l’entretien de ce pont, peut occasionner de grands dommages au syndicat, comme l’inexécution des travaux d’exhaussement des gués et des chemins de fournasse ; lui ont occasionné de grandes dépenses ; qu’il est un grand intérêt pour le syndicat de faire passer le trop plein des eaux non utilisées par le moulin hors les époques d’arrosage, dans le canal d’irrigation qu’à cet effet les sous-vannes du barrage du canal qui sont arrosées au niveau du couronnement des vannes du moulin soient maintenues pour servir de déversoir de superficie ; que pour éviter les pertes d’eau par filtration devant la ventillerie, il est indispensable d’établir un barrage à l’origine du pont du canal d’amenée du moulin de Jons ;

L’assemblée décide que M Merle soit mis en demeure le plutôt possible de faire tous les travaux qui lui sont prescrits ;

2° que les vannes du barrage du canal d’irrigation de Jons soient tenues levées et fixées pour donner accès aux eaux non utilisées par le moulin toutes les fois qu’elles peuvent être utiles à l’irrigation de l’automne et du printemps ;

3° qu’il soit établi en régie, un barrage devant l’embouchure du canal d’amenée du moulin Merle ; »

Ces décisions sont approuvées par arrêté préfectoral du 16-9-1863

  La commune de Grièges, le 21-6-1865, établit un devis de réparation du pont de Jons avec plans, la dépense prévue 2 000francs.

« Le niveau du radier du pont de Gions, sur la Veyle ayant été placé beaucoup plus haut, il s’est produit, en aval des affouillements considérables, dont la profondeur moyenne, à proximité du radier est de 2m20.

En outre, ce pont aurait été mal fondé, ou ne l’aurait pas été du tout, car, suivant les personnes qui l’ont vu construire, ou qui ont été appelés à voir les travaux, il parait que les culées seulement ont été descendues à une certaine profondeur, alors qu’on a substitué des voutes aux travées en charpente.

Quant aux trois piles, elles sont établies sur le lit actuel simplement et à la hauteur que nous indiquons par la profondeur des affouillements en aval, 2m20 en moyenne.

Quoiqu’il en soit, cet état de chose est inquiétant. Le radier sous l’arche de la rive gauche est profondément ruiné, et la pression qui s’exerce, alors que le syndicat baisse ses vannes contre la tête amont pour dériver les eaux, donne aux filets ascendants qui s’échappent un peu partout, une force qui, dans l’état actuel de la construction, contribue aux dégradations signalées.

D’après l’examen des lieux et de la situation, nous avons pensé qu’une réparation comparative et générale du radier était nécessaire et qu’un glacis en parti moellons sur massif de béton avec enrochement à la base, faisant suite à ce radier était le meilleur moyen de le consolider.

En conséquence, nous avons signé sur le plan ci-joint, ce glacis incliné à un et demi de base pour un de hauteur, en moellons souillés de 0m30 de longueur en queue, au moins. Tous ces moellons seront retournés d’équerre sur 0m10 de Joint et leur pose sera faite normalement au plan du talus, sur béton frais et pilonné.

Les assises perpendiculaires à la ligne d’axe de la rivière, ou parallèles à celles du radier, seront sensiblement horizontales.

Les rides des joints n’excéderont pas 0m02 sur les parements et ceux existants entre les queues seront garnis d’éclats de pierres et de mortier hydraulique, de manière à compléter pleinement l’épaisseur normale du revêtement en pierre.

L’enrochement en gros blocs, devra donner un cube de 1m50 par mètre courant, et ces blocs seront arrangés de manière à être posé d’aplomb.

Ceux contre lesquels s’appuiera le perré, seront placés en patin c’est-à-dire de manière à présenter un lit régulier de 0m15 au moins, normalement au plan du perré, pour recevoir la première assise.

La pierre viendra de la gravière ou de St Martin. La chaux de St Laurent ; pour les bétons et le perré, elle sera hydraulique. Le sable sera pris dans la rivière même, ainsi que le gravier pour le béton.

Le dosage pour le béton sera de 0m25 de chaux vive et 1m10 de graviers sablonneux, tel qu’il se trouve sur les lieux.

Ce gravier sera extrait, métré et cubé d’avance pour avoir la quantité de béton que la disposition des lieux ne peut et pas d’apprécier d’avance, d’une manière suffisamment exacte. »

Le présent avant métré estimatif s’élevant à deux mille francs, est dressé par M Pomet agent voyer cantonal à Bagé, le 21 juin 1865. »

 

 La délibération 213 du Syndicat d’irrigation de la Basse Veyle du 26-6-1865 donne les tenants et aboutissants de l’affaire.

 

« Le président appelle à délibérer sur une réclamation de Mme veuve Bidard, héritière de M. Merle au sujet des travaux de réparation du radier du pont de Jons, mis à sa charge par divers traités et dont l’exécution est ordonnée par l’arrêté de Mr le Préfet du 2 juin 1865.

Vu la réclamation de Mme veuve Bidard enregistrée à la préfecture le 16 juin courant ;

Vu l’acte d’acquisition de l’emplacement du moulin du 16 8bre 1838 ; l’ordonnance royale d’autorisation du 28 mars 1841 et l’acte du 1 juin 1846 portant traité entre la commune de Grièges et le sieur Merle ;

Vu l’arrêté de Mr le Préfet du 13 Xbre 1850 modifiant et complétant l’ordonnance d’autorisation ;

Considérant que par le traité du 1 juin 1846, le sieur Merle, qui par l’acte du 16 8bre 1838, était exclusivement chargé de l’entretien du pont de Jons, à l’exception du tablier en bois, n’a été déchargé que de l’entretien et de la responsabilité des culées, dont la consolidation a été faite par la commune de Grièges seule, lors qu’elle a remplacé le tablier en bois par des voutes en pierres ;

Que par ce fait le sieur Merle est resté chargé de l’entretien des piles et du radier devant lequel la dite commune a établi en béton pour sa consolidation ;

Considérant que c’est le sieur Merle qui était exclusivement chargé de l’établissement du barrage de 0m54 servant pendant toute l’année à son usine ;

Que c’est encore lui seul qui était tenu d’établir d’entretien et manœuvrer à ses frais, pendant les 16 jours d’arrosage dus au communal de Plagne, le même barrage à la hauteur de 1m20 ;

Que l’entretien et la démolition de ce barrage est à la charge du syndicat, pour l’excédent seulement des 16 jours ci-dessus, qui est consacré à l’arrosage des prés régis par le syndicat ;

Qu’il n’est pas exact que les affouillements faits sous le radier en aval du pont de

Jons, sont le fait du syndicat, attendu qu’il a été constaté en 1860 et 1861 par Mr Gaveau ingénieur et par Mr Parant conducteur des Ponts et Chaussées que ces affouillements existaient à la profondeur où ils sont aujourd’hui et étaient le résultat de l’action corrosive des eaux depuis l’établissement du moulin ;

Qu’en admettant comme vrai l’allégation de Mme Bidard, qui ne l’est pas, le fait reproché au syndicat, est au contraire celui du sieur Merle, qui le 6 mai et non le 1 juin 1864, fut obligé, pour la conservation de ses roues, que les eaux entrainaient, de faire lever non le barrage de l’arche où se trouve l’affouillement mais celui où se trouvent les vannes mobiles ;

Par ces motifs, l’assemblée après avoir murement délibéré est d’avis que les réparations devenues indispensables pour la consolidation du radier du pont de Jons ne sont aucunement le fait du syndicat ; que les dégradations et affouillements dont il s’agit ont été causés par les corrosions successives des eaux, depuis l’établissement du pont et qu’elles doivent être aux termes des traités, sus visés, à la charge exclusivement de Mme vve Bidard. »

 

Afin de solutionner ce problème de responsabilité il est décidé d’acquérir le moulin de Jonc par délibération 214 du 26-6-1865 dont le prix des réparations d’entretien du pont sera déduit du prix de vente.

Le Syndicat désignera un Garde-moulin Le sieur Claude-Marie Faillet, pour l’exploitation du moulin et la meilleure exécution des arrosages, sur la rive gauche du bras gauche, il y a urgence de pourvoir à son exploitation.

Il sera considéré que comme agent salarié, employé au service du syndicat, et que dans le cas où il n’agirait pas dans les intérêts de ce dernier, il pourrait être pourvu à son remplacement.

 Les réparations font l’objet de réclamation de l’entrepreneur Dézaméniens 9-2-1866 au sujet du paiement des travaux

 

Délibération 233 du 12-3-1866 du Syndicat d’irrigation de la Basse Veyle

Reconnaissance et réception des travaux de consolidation du pont de Jons

« Il appartenait à Mr le Maire de Grièges et à Mr l’agent voyer de faire exécuter et surveiller l’exécution de ces travaux, mis à la charge de Mme Bidard, il appartient à l’administration de Ponts et Chaussées, gardienne des intérêts du syndicat qui les a pris à sa charge, d’en prononcer la réception et d’en faire ordonner le paiement. 

Considérant que ces travaux ayant été bien et dument exécutés, il y a lieu d’en faire solder le montant.

Le conseil est d’avis : que la reconnaissance, en soit faite par Mr l’ingénieur du Syndicat,

En conséquence, l’assemblée vote le paiement de la somme de 3 393francs 78c au sieur Dézarmenien pour travaux exécutés, et des honoraires dus suivant le taux et dans les proportions, adoptées, par le service des Ponts et Chaussées ; »

 

Arrêté préfectoral concernant la réparation du pont de Gions du 29-6-1866

« Conformément aux propositions de MMrs les Ingénieurs, je décide qu’il y a lieu de recevoir définitivement les travaux de réparations faites au pont de Gions ;

J’ai l’honneur de vous renvoyer, revêtu de mon approbation ;

1° la soumission de l’entrepreneur Dézarméniens ;

2° le procès-verbal de réception définitive et le décompte des travaux y annoncé ;

3° le rôle des journées d’ouvriers employés en régie ;

4° l’état des frais et honoraires dus à M. Poncet pour surveillance des travaux ;

Ci-joint également le devis et le plan, ainsi que le certificat de paiement délivré par l’Ingénieur du Syndicat.

Je vous autorise à faire payer à l’entrepreneur et à M. Poncet les sommes qui leur sont dues savoir                                                    

au premier                   3.393f 78

au second                       169f 68

soit                              3.563f 46 »

 

Délibération 243 du Syndicat d’irrigation de la basse Veyle du 2-7-1866

Vote de l’exécution de divers travaux au moulin de Jons et aux canaux de la rive gauche, étude d’un projet pour la construction de 3 aqueducs, ouverture du fossé porteur des gravières

« Le président a dit qu’ayant acquis le moulin de Jons et pouvant mieux qu’avant cette acquisition, faire les réparations qui sont nécessaires pour empêcher la fuite des eaux, il convient de profiter de l’espace de temps pendant lequel s’effectueront les arrosages de la rive gauche pour faire diverses réparations nécessaires pour la retenue des eaux et qui consistent :

1° A établir devant le canal d’amenée du béal du moulin de Jons, le vannage dont l’établissement a été voté par sa délibération du 19 juillet 1863, approuvé par décision de Mr le Préfet du 16 7bre suivant ;

2° A réparer les couloirs et les vannages du moulin ;

3° A faire les rejointoiements des murs joignant les couloirs, afin d’empêcher les filtrations d’eau ;

4° A approfondir l’embouchure du canal et à curer la partie du même canal depuis Jons jusqu’à la bifurcation ;

Vu la nécessité de faire les réparations relatives au moulin et de profiter pour ces travaux du temps pendant lequel les eaux seront retenues pour les irrigations qui doivent commencer incessamment,

Vote l’exécution de ces divers travaux de réparation en régie, lesquels seront payés sur les fonds afférents à la rive gauche du bras gauche.

L’assemblée après avoir murement délibéré a reconnu qu’il est de toute nécessité d’établir :

1° un aqueduc sur le bras gauche au chemin de la mouille Cormoranche ;

2° un autre aqueduc sur le bras droit immédiatement au point de la bifurcation pour défruiter le communal de Plagne ;

3° un autre aqueduc sur le canal bras droit sur le chemin de Vavre à la Valla ;

Mr l’ingénieur est prié de faire étudier les projets de ces trois aqueducs le plus économiquement possible ;

Le syndicat vote aussi l’ouverture du fossé porteur destiné à arroser les prés des gravières en mettant les terres du côté du nord pour servir d’endiguement. »

 

Situation actuelle

 Le moulin de Jonc a été détruit, ne subsistent que les biefs et les murs de soutènement. Le pont supporte la circulation du RD 51C.