Au nombre des hommes de science natifs de Pont-de-Veyle, il convient de citer le mathématicien Paul Hoste, né à Pont-de-Veyle en 1652, dans une famille de bonne bourgeoisie qui a donné à la ville des juges (à l'époque, Charles, avocat en Parlement, est juge des appellations du comté), des procureurs (Salomon tient une charge de procureur fiscal) et des syndics.
À dix-sept ans, Paul Hoste entre chez les Jésuites, comme répétiteur des petites classes, en même temps qu'il se consacre à l'étude des mathématiques. Son appétit de savoir le fera remarquer très tôt. Un temps, il se passionne pour l'astronomie et publie, en 1684, dans le Journal des savants, « Observation de l'éclipse de Soleil du 12 juillet 1684 faite à Lyon, dans le grand collège des Jésuites ».
Un peu plus tard, il devient le protégé des maréchaux d'Estrées, de Tourville, ainsi que du duc de Mortemart qu'il accompagne, en qualité de chapelain, douze ans durant, dans diverses expéditions maritimes. Ayant bourlingué sur toutes les mers, donné des conférences sur la construction navale, il publie à Paris, en 1692, un « Recueil des traités de mathématiques nécessaires à un officier de la marine ou de l'armée de terre » (3 volumes in-12°).
Il obtient un poste de professeur royal de mathématiques à l'école de Toulon et se livre à des recherches sur l'ingénierie des bateaux, sujet sur lequel il compose un innovant « Traité des évolutions navales », en 1691, et un « Traité des signaux et des évolutions navales », en 1696.
Tourville ayant soulevé des objections sur ses propositions, ils conviennent, l'un et l'autre, de faire construire, chacun d'après ses indications, un vaisseau, puis de s'en rapporter à la décision des hommes de la mer.
Le navire de Tourville s'avère élégant et hydrodynamique ; celui du père Hoste, imité de la tartane méditerranéenne, massif, offre une grande résistance à l'eau. La controverse, d'un haut niveau technique, rapportée dans les Mémoires de Trévoux de 1747 par le commissaire de la Marine Deslandes, se termine en défaveur de Hoste qui s'avoue franchement vaincu.
L'année 1697, le père Hoste publie un ouvrage qui fait sa célébrité : « L'Art des armées navales », in-folio avec des gravures, qui retrace l'histoire de la marine royale au XVIIe siècle, époque de sa grande gloire. Il y expose les principes de la tactique navale et, de plus, en fait l'application à la bataille de Lépante et à celles qui furent livrées sous Louis XIV. Le roi accepte d'ailleurs la dédicace de l'ouvrage, gratifiant l'auteur d'une pension de six cents livres.
Paul Hoste meurt prématurément, le 23 février 1700, à l'âge de quarante-huit ans, dans la ville de Toulon.