JEAN MARIE BATAILLARD, douzième maire de Perrex 1853-1876
François Bataillard, le père de Jean-Marie, est né à Saint Genis sur Menthon le 15 avril 1792. Engagé dans les campagnes militaires de Napoléon 1er, il fut libéré en raison de blessures au combat. Puis il épousa le 20 octobre 1815 Françoise Borgat. Veuf, il se remaria avec Claudine Flutet le 23 juin 1824. Le 17 février 1837, il est identifié à Perrex comme tuilier et, le 15 septembre 1837, comme exploitant de la tuilerie. Il a siégé au conseil municipal depuis le 18 septembre 1831. Il y est reconduit en 1834, 1837, 1840, 1844, 1848 et 1852. Sa veuve est recensée au hameau de La Carronnière en 1876 et 1881. Il a manifestement ouvert la voie à son fils, Jean Marie Bataillard, exploitant de la tuilerie et maire de Perrex de 1853 à 1876.
Jean-Marie Bataillard, né à Perrex le 11 octobre 1826 (vue 6/9 du registre), a épousé à Confrançon le 1er mai 1848 Marie Benoite Paquet fille de Joseph Paquet et de défunte Marie Françoise Babad . Il est décédé en 1891 à Villars les Dombes où il était buraliste.
un long mandat de maire
Elu au conseil municipal le 12 septembre 1852 quand est élaborée la Constitution de 1852, il prête serment à la République le 12 décembre 1852 et à l’empereur Napoléon 3, le 28 février 1853.
Nommé maire par arrêté préfectoral du 26 août 1853 avec prise de fonctions le 11 septembre 1853, il est renouvelé dans cette fonction par arrêté préfectoral du 10 juin 1855, préalablement à l’organisation des élections municipales du 15 juillet 1855, et de nouveau par un arrêté préfectoral du 4 août 1860 précédant les élections du 19 août 1860.
Le 6 août 1865 le préfet de Saint-Fulgent le nomme maire, cette fois, après les élections municipales. Le 26 août 1870 le préfet de l’Ain le nomme à nouveau maire après les élections municipales du 7 août 1870 qui suivent la déclaration de guerre à l’Allemagne le 19 juillet 1870.
Le 11 octobre 1870, après la capitulation de Sedan, un nouveau conseil municipal désigne le maire et son adjoint : Jean Marie Bataillard et Michel Rouge. Il fut encore une fois désigné maire par un arrêté préfectoral du 10 février 1874. Le 13 décembre 1874 est installée une nouvelle équipe municipale, à laquelle appartient Philibert Flutet, neveu de Jean Marie Bataillard.
Jean Marie Bataillard cesse de signer les actes de l’état civil en septembre 1876. Frédéric Vulin,
conseiller depuis le 30 avril 1871 devint maire le 8 octobre 1876.
le panégyrique du maire par son adjoint Michel Rouge le 13 mai 1867
« Le conseil municipal de Perrex réuni sous la présidence de l’adjoint en l’absence du maire saisit cette circonstance pour signaler à l’administration supérieure des services rendus à la commune dont cette assemblée se plait à rendre un témoignage flatteur dans le court exposé que voici : Le sieur Bataillard, maire depuis 1853, de la commune de Perrex, laquelle commune n’a aucun revenu absolument, est parvenu à établir et à rendre viable 15 kilomètres de chemins, aidé de souscriptions recueillies par ses soins et doublant en quelque sorte les ressources communales ; il a fallu d’autant plus d’efforts de sa part que le gravier ne se trouve pas à portée, qu’il coûte en moyenne 5 francs le mètre cube et que les chemins d‘intérêt commun
n° 25 et n° 1 ont toujours pris les 2/3 des journées de prestations.
Le conseil se plait à faire remarquer que lorsque le maire Bataillard est entré en fonctions, il n’existait qu’un kilomètre de chemin empierré ; qu’aujourd’hui la commune jouit partout de voies de communication ayant une largeur de 7 à 8 mètres bien dressées et qu’il a su par ses conseils amener tous les propriétaires riverains à céder gratuitement leurs terrains. N’écoutant que son zèle et le bien de sa commune, il a bravé toutes les oppositions qui ne manquent pas de surgir quand il s’agit de briser une clôture ou de traverser le terrain d’autrui. Aujourd’hui, le réseau est complet et dans d’excellentes conditions puisqu’on peut encore ajouter à cette longueur deux kilomètres de chemins ruraux qui sont en parfait état de viabilité.
Notre maire Bataillard ne s’en tient pas au rôle de bon administrateur, il s’efforce en même temps d’imprimer chez nous un essor de l’agriculture en établissant de bons prés et en défrichant une contenance importante de bois taillis, dont le sol produit aujourd’hui des récoltes précieuses et abondantes. Aussi son exemple a produit des fruits et la commune dans le temps couverte de de bois les fait disparaitre pour faire place à de bonnes terres. Aussi le bienfait n’a pas passé inaperçu puisque Monsieur Bataillard a reçu deux médailles, une au concours cantonal de Pont de Veyle et une au concours départemental à Bourg. On peut dire encore qu’une de causes essentielles de cette heureuse transformation est due à l’initiative féconde et intelligente du maire Bataillard qui a introduit l’emploi de la chaux comme amendement non seulement en donnant l’exemple dans l’application mais en construisant des fours à chaux au centre de la contrée qu’ils doivent bientôt fertiliser, c’est-à-dire la Bresse puisqu’ils sont situés à Vonnas.
A ces améliorations importantes, ajoutons encore l’édification d’une maison d’école de filles pour laquelle les souscriptions ont suppléé au défaut des ressources communales et cela encore par les soins du maire Bataillard. Puis les réparations de la maison commune, du presbytère de l’église, la pose d’une cloche, la construction d’une pompe, l’établissement d’une croix neuve, tout cela en faisant appel aux bourses particulières et aidant de la sienne, l’extension de la gratuité dans l’enseignement, l’intérêt et l’importance donnés au cours d’adultes en assistant l’instituteur et l’aidant dans sa tâche.
Finalement son dévouement, son temps et souvent son intérêt qu’il sacrifie pour sa commune semblent mériter autre chose que le simple témoignage qui lui rendent ses administrés. Et le conseil municipal se fait un devoir autant qu’un plaisir de le signaler à la bienveillance de l’administration supérieure. »