Tout commence en 1923.
Nicolas MOREL, né à Grièges en 1891, travaille en tant que charpentier et maçon dans diverses communes.
Il est, également, cultivateur et marguillier (la personne qui fait sonner les cloches de l’église).
Avec Rosalie, sa femme, née LOUPFOREST à Cormoranche en 1896, ils ont cinq enfants : Nicolas, René, Lucien, Pierre et Marie.
Le couple acquiert, en 1925, une ferme, rue de la Farge, ferme qui est une ancienne forge.
En 1927, il est l’un des « pères de famille de Cormoranche » qui créent le premier restaurant scolaire.
En janvier 1945, Nicolas MOREL, l’aîné de la famille, rejoint son père dans l’entreprise.
Né au hameau de la Forêt à Cormoranche le 7 mars 1921, son père lui apprend le métier de charpentier.
À 20 ans, il intègre les chantiers de jeunesse avant de partir au STO (service du travail obligatoire).
Il se marie, le 29 novembre 1947, avec Alice, née NEYTARD à Bey le 17 juillet 1922.
De cette union naissent 7 filles, puis 21 petits-enfants et 27 arrière-petits-enfants.
Sa vie professionnelle s’exerce au sein de l’entreprise familiale de maçonnerie avec le souci de la rigueur et du travail bien fait. Il reste très affecté par la disparition de son frère René, victime d’un accident du travail.
Il décède le 30 août 2014 et Alice le 6 février 2023.
Homme de foi, pendant près de 70 ans il assume, après son père, la fonction de marguillier de l’église de Cormoranche.
René MOREL, né le 4 mai 1923 à Cormoranche, est d’abord menuisier-ébéniste aux meubles PREVEL à Bâgé-le-Châtel, puis rejoint l’entreprise familiale en mai 1951.
C’est dans le salon de la ferme familiale que les devis et les factures se font.
En mars 1947, ils s’équipent d’une fabrique de moellons, installée à l’arrière de l’habitation. Rares à l’époque sont les maçons qui fabriquent eux-mêmes leurs matériaux. On peut souligner l’aspect innovant des deux frères, Nicolas et René.
Les moellons sont, aussi, vendus aux autres entreprises locales et aux fournisseurs.
Arrive, enfin, Pierre MOREL aux côtés de ses frères en septembre 1953.
Il est né à Cormoranche le 15 juillet 1934. Sa formation aux métiers du bâtiment le conduit naturellement à intégrer l’entreprise familiale où il exerce pendant toute sa vie professionnelle en tant que conducteur de travaux.
Appelé en Algérie en 1955, il sert au 22ème RI. Titulaire de la croix du combattant, il sera un fidèle sociétaire de la FNACA.
Marié à Yvonne, née KORNER, le 21 juin 1958 à Cormoranche, ils ont deux filles Françoise et Claire, puis six petits-enfants.
Très jeune, il s’affirme comme un animateur de premier plan de la vie locale en fondant l’association du foyer rural en 1956. Il est, aussi, président de la chorale Cantaveyle et chanteur dans le groupe d’hommes « Les La Mineur ».
Il décède le 22 janvier 2019.
Sans oublier Marie MOREL, née en 1937, épouse DURAND, sœur cadette de la fratrie, qui réalise la partie administrative, en plus de son travail et toujours dans le salon de la maison.
Dans le salon de la ferme familiale, nous avons une belle anecdote : Jacques BREL donne un concert au Foyer rural de Cormoranche. Rose garde les enfants à la maison et ne peut donc pas assister au concert. Pendant l’entracte de la représentation, Lucien et Marie sont allés voir Jacques BREL, pour lui demander de faire une chanson pour leur maman. Il a, du coup, mangé dans le salon, une belle nappe est dressée, il a chanté et beaucoup de personnes étaient au portail de la maison.
Puis en fin de soirée, c’est Lucien qui l’a emmené prendre son train…
L’entreprise connait une tragédie le 18 janvier 1956.
On appelle René sur un chantier à Cormoranche, rue du Cornet. Des travaux de fouilles sur une fosse à purin sont en cours le long d’une ferme en pisé ; le béton craque. René est descendu dans la fosse et la maison s’effondre sur lui. Il meurt sur le coup à l’âge de 33 ans. Sa femme devient veuve avec trois enfants.
En janvier 1959, l’entreprise est nommée « Morel Frères » avec l’arrivée de Lucien MOREL, comptable de métier qui rejoint ses frères Nicolas et Pierre, à la mort de leur papa.
LUCIEN MOREL. Il est né le 1er août 1928 à Cormoranche.
Marié, en 1953, avec Marie-Louise, née LANDRE au Creusot le 7 juillet 1931, ils auront deux enfants : Marie-Pascale et Bernard.
Il créé le club de rugby, le RCVS, en juillet 1977 et en est le 1er président.
Le stade de Pont-de-Veyle, aujourd'hui nommé « Stade Lucien Morel », est construit avenue des sports en 1991.
Il décède le 31 octobre 2003 et son épouse le 28 avril 2014.
L’entreprise compte alors quatre salariés, en plus des trois frères MOREL.
Les années 60 marquent le développement des logements avec énormément de travail au planning. En même temps, les travailleurs portugais arrivent en France et l’entreprise MOREL les accueille à partir de 1963.
Parmi eux, Domingo SALGADO, Manuel ARAUJO, Joaquim PERREIRA en 1966, Antonio PACHECO, Heitor Martin RUFO en 1969...
Certains arrivant à pied du Portugal par « le chemin des lapins, au travers des montagnes, les pieds en sang » comme Guillerme PERREIRA DE LIMA. Ils logent dans la ferme dite « chez Desporte » à côté de l’entreprise et dans divers endroits de la commune.
Avec cette montée en puissance dans le bâtiment et l’embauche de travailleurs portugais et français, l’entreprise compte 34 salariés en 1967.
Ces années sont également marquées par l’acquisition du bâtiment « Bureaux », la construction du hangar et un déménagement de l’entreprise au tout début des années 70.
A cette époque, un jeune chef d’équipe fait ses preuves, Gérard CIZAIRE, devenu ensuite conducteur de travaux dans l’entreprise, après avoir fait 20 ans de chantiers MOREL.
Avant les années 80, la clientèle était essentiellement composée de particuliers avec la construction de lotissements complets et de villas individuelles.
Une deuxième vague d’immigration arrive au début des années 70, celle des travailleurs turcs. Ils permettent à l’entreprise de faire face à une grande quantité de chantiers, notamment les appels d’offres publics avec la construction de nombreux gymnases, écoles et salle communales.
On peut citer la laiterie de Grièges et à Pont-de-Veyle : l’ancienne gendarmerie, le gymnase, le bâtiment de La Poste, celui de la Trésorerie et du Crédit Agricole.
Bernard MOREL, fils de Lucien, né en 1959, rejoint l’entreprise en novembre 1979, après son service militaire. Il y a déjà travaillé, de nombreuses fois, en tant que maçon depuis ses 14 ans.
Tout d’abord, chef d’équipe, notamment sur le secteur Thoissey, puisque l’entreprise MOREL a racheté la société d’un artisan et son dépôt à Mogneneins, l’entreprise FALCONET, il intègre les bureaux en tant que métreur et conducteur de travaux, suite au départ du métreur de l’entreprise, M. GADIOLET.
Il assure la gérance de l’entreprise à partir de 1988, suite au départ en retraite de Lucien, son père. Il travaille aux côtés de Pierre qui est le dernier des frères à prendre sa retraite.
Les années 80/90 sont marquées par des collaborations avec de nombreux architectes, permettant de réaliser des « Buffalo Grill », le collège de Thoissey, la maison de retraite de Montmerle, l’extension de l’hôpital de Thoissey et de nombreuses stations d’épurations, devenues une spécialité pour l’entreprise pendant 20 ans, sans négliger les particuliers bien sûr.
En février 2001, aux côtés de Jorge SALGADO, chef d’équipe, Valentin MARION, âgé de 16 ans, intègre l’entreprise pour son premier job de vacances. Il est officiellement embauché en juillet 2006 en tant que conducteur de travaux, puis promu chargé d’affaires en 2011, au départ en retraite de Gérard CIZAIRE.
Les chantiers importants de cette décennie sont : l’hôpital de Thoissey à nouveau, la rénovation d’un cloître à Tournus, de nombreux bâtiments tertiaires comme la Jeune Chambre Economique de Bourg en Bresse, le gymnase de l’Escale à Saint-Jean-sur-Veyle, l’école de Fareins, la construction du Musée de la Bresse au Domaine des Planons et la restructuration complète de l’école de Treffort.
Les métiers de carreleurs et de menuisiers disparaissent de l’entreprise, car les départs en retraite ne sont pas remplacés.
Les années 2010 comportent de nombreux chantiers « référence ». C’est aussi un tournant majeur de l’entreprise, tant organisationnel que financier.
En 2013, l’entreprise est en difficulté avec une soudaine baisse d’activité comme tout le bâtiment à cette époque. L’expert-comptable ne laisse pas le choix : licencier huit personnes ou ne plus avoir d’entreprise du tout. L’entreprise passe alors de 28 personnes au chantier à 20, avec l’arrêt de notre métier de charpentier/couvreur.
En même temps, Yannick GABILLET quitte son poste de chef de chantier et devient conducteur de travaux. L’équilibre « 20 ouvriers / quatre personnes au bureau » est mis en place et permet de mieux gérer / planifier l’entreprise.
En 2015, Bernard Morel déclare à Valentin MARION : « tu commenceras à réfléchir pour reprendre l’entreprise ».
Ce dernier, tout en assurant son poste de conducteur de travaux, suit une formation à Valence à l’ESJDB (Ecole supérieure des jeunes dirigeants du bâtiment) de février 2016 à juillet 2017. Avec cette formation et son diplôme en poche, il ne lui reste que quelques mois avant de reprendre l’entreprise.
Le 1er janvier 2018, Valentin MARION quitte le poste de conducteur de travaux, poste exercé pendant 12 ans et devient le nouveau gérant de l’entreprise.
Pour le remplacer, Jorge SALGADO, son ancien chef d’équipe.
En novembre 2019, Valentin MARION rachète les murs, améliore le dépôt, créé des vestiaires / cuisine / douches pour les ouvriers et fait clôturer l’entreprise.
Fort d’une solide expérience et profondément attaché aux valeurs et à l’éthique professionnelle de MOREL, Valentin MARION ambitionne de faire perdurer cette entreprise locale, de la consolider et de continuer à servir ses clients, avec engagement, pour de nombreuses années à venir.
En 2026 :
MOREL Bâtiment réalise des travaux de construction et de rénovation dans l’Ain, la Saône-et-Loire et le Rhône. Spécialisée en maçonnerie, elle intervient sur maisons, extensions, bâtiments industriels et patrimoine ancien.
L’entreprise mise sur la qualité, le savoir-faire et une équipe qualifiée pour satisfaire chaque client.
Elle propose une nouvelle spécialité avec les constructions neuves en pisé, matériau au bilan carbone nul ou presque.
Plus de 600 projets réalisés depuis 2018 témoignent de son sérieux et de son engagement local.
Morel Bâtiment allie tradition et modernité pour bâtir l’avenir.
Chiffres annoncés par l’entreprise : +100 ans d’existence, 75 à 90 chantiers / an et 20 collaborateurs.
Bernard MOREL :
Né en 1959, il intègre l’entreprise MOREL en novembre 1979 et la quitte en août 2018, pour une retraite active. Il peut, alors, réaliser un rêve d’enfance en ouvrant une petite épicerie conviviale à Bey.
De son mariage en 1981 avec Marie-Thérèse VERNATON, naissent deux fils, Grégoire et Antoine, puis suivent 2 petits-enfants.
Concernant le rugby, Bernard Morel incarne le RCVS à lui seul. Si la filiation de son père Lucien le destine à embrasser à son tour ce rôle, force est de constater qu’il y parvient au-delà des espérances. Il est un des membres de la légendaire délégation du département de l’Ain et dirige l’école de rugby pendant une dizaine d’années. Il devient président en 2003 et est reconnu et apprécié pour cela. Il sait défendre les intérêts du club auprès des instances des Comités.
Créateur d’ambiance, habile médiateur, il représente le club sous toutes ces facettes et le rugby : accueil, tolérance, et respect.
La complicité et l’amitié qui unissent Michel MARION, coprésident du RCVS et père de Valentin, à Bernard, est un véritable gage de durée et de solidité pour le RCVS à ce moment-là.
Sa médaille d’argent de Jeunesse et Sport, reçue en juin 2011, n’est qu’une récompense légitime pour ce remarquable président.
Il est emporté par la maladie le 26 février, à l’âge de 66 ans.