• Nom Collecteur: J Collet.
  • Date Création: 09-03-2026
  • LATITUDE: 46.219152
  • LONGITUDE: 4.991425
  • Adresse ou lieu-dit: centre Saint Martin, rue de la Grenette.
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Non concerné
  • Commune concernée: VONNAS
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Patrimoine religieux et funéraire
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: XVI e siècle
  • Protection labellisation: MH 1993
  • Source document: Sources : J.Collet, Saint Éloi dans l’Ain, Revue religieuse des pays de l’Ain, Bulletin de la Société Nouvelle Gorini n⁰ 6, 2010, p.11 à 21
  • Bibliographie: Bibliographie : Duquesne Jacques Saint Éloi, Fayard,1985.
VONNAS, St Eloi., ancienne église St Martin, photo de mai 2015

Les travaux de restauration (1) de l'ancienne église Saint-Martin (XIIe siècle) de Vonnas ont permis de mettre à jour, dans la voûte de l'abside, le Christ en majesté, entouré des symboles des Evangélistes.

Sous l'un des arcs de l'arcature absidiale, le décor restauré représente un personnage bénissant, auréolé, portant la mitre et tenant la crosse. L'inscription Heligius nous livre son identité : il s'agit de saint Eloi, évêque, patron des orfèvres et des maréchaux-ferrants, entre autres. À sa gauche, un personnage est agenouillé : le donateur. Comme l'indique Laurence HAMONIÈRE (2) ce décor de l'église est celui qui utilise la plus grande palette de couleurs. Saint Éloi porte une robe beige, une chasuble bordée de rouge et un surplis aux plis nettement marqués. Le personnage agenouillé, un religieux, sans doute, porte un manteau beige, d'où ressortent les poignets et le col bleu d'une chemise. Les tons beiges uniformes des vêtements tranchent avec ceux, ocrés, du sol et ceux blanchâtres du second plan. Les deux personnages sont placés au premier plan sur une diagonale, ce qui confère plus de profondeur à la scène.

Saint Éloi est devenu au fil des siècles le patron de tous les métiers de la métallurgie.

Vonnas a été un centre actif de la ferronnerie et du charronnage ; ensuite l'industrie de la carrosserie a pris le relais. Le musée des attelages, malheureusement disparu, en témoignait. Ses initiateurs se faisaient appeler : les compagnons de saint Eloi.

Dans l'église de St Jean sur Veyle, côté nord, entre nef et transept, au-dessus de la porte, une peinture murale montre le miracle de saint Eloi : il ferre, après l'avoir coupée, la patte d'un cheval. Le donateur apparait agenouillé à gauche de la scène. Comme à Vonnas, cette fresque semble dater du XVI e siècle et son état de conservation laisse à désirer.

Les images du saint en forgeron apparaissent à partir du XIIIe siècle. De cette époque remontent sans doute les récits issus de la tradition orale, comme la légende du miracle du cheval ferré. Eloi est présenté comme un apprenti forgeron orgueilleux voulant imiter son maître Dieu qui, pour ferrer un cheval plus facilement, lui a coupé la jambe et après la mise en place du fer l’a replacé sans aucune difficulté. Eloi essaie à son tour de réaliser le même prodige. Mais devant son incapacité, Dieu intervient et lui montre sa prétention. L'usage de ferrer les chevaux n'apparait en Occident qu'au XI e siècle. Cette légende n'a donc pu naître que longtemps après la mort de saint Eloi.

Qui était saint Eloi ?

Sa vie (588-659) est assez bien connue, même si les moines copistes ont enjolivé le récit qu’en a fait saint Ouen (entre 673 et 675).

L’orfèvre incomparable, le conseiller des rois mérovingiens.

Eligius, l’élu (traduit par Éloi en vieux français) voit le jour à Chaptelat près de Limoges vers 588. Comme il fait preuve d’une grande habileté manuelle, son père le place en apprentissage chez un orfèvre. Parallèlement, il reçoit une éducation religieuse très poussée.

A l'âge de dix-sept ou dix-huit ans, Éloi quitte son pays natal pour se rendre en Neustrie, à Paris. Il entre au service d’un orfèvre qui reçoit les commandes du palais royal. Lorsque Clotaire II le charge de construire une chaise curule il en réalise deux avec la quantité de feuilles d'or remise pour une seule ! À une habileté technique hors du commun, s'ajoute une scrupuleuse honnêteté. Le roi garde Eloi auprès de lui et l'engage comme monétaire (équivalent du ministre des finances de nos jours).

Eloi servit ensuite sous Dagobert et Clovis II.

L’évangélisateur. En 641, Éloi est promu à l’épiscopat à Noyon et Tournai. Il se consacre au travail pastoral et à l’évangélisation de contrées qui n’avaient jamais été touchées par le christianisme, comme en Flandre, où il s’emploie contre les coutumes païennes.

De Dagobert, il obtient des terres pour fonder un monastère d’hommes à Solignac dans le Limousin.

La chanson Le roi Dagobert (XVIII e siècle) a grandement contribué à sa popularité.

Saint Eloi est souvent représenté avec un marteau et une enclume, comme dans l’église Saint André de Châtillon-sur-Chalaronne (statue en bois du XVIe siècle). On le retrouve aussi aux côtés de saint Roch, dans une stalle de la co-cathédrale Notre-Dame de Bourg. Ces stalles ont été sculptées au milieu du XVI e siècle.

(1) Les travaux de restauration de cette fresque (fin XVe début XVIe) ont été effectués par Ch. Guilloud et F. Lehrmann en 1992/1993. Depuis, Saint Éloi a perdu des couleurs.

(2) L.Hamonière, responsable du chantier archéologique de Vonnas. Article paru dans "Nouvelles Annales de l'Ain", publication de la société d'émulation de l'Ain en 2005, p.7 à 29.

 

Sources : J.Collet, Saint Éloi dans l’Ain, Revue religieuse des pays de l’Ain, Bulletin de la Société Nouvelle Gorini n 6, 2010, p.11 à 21

Bibliographie : Duquesne Jacques Saint Éloi, Fayard,1985.

Cattin Paul, Mille ans d'art religieux dans l'AIn, tome I, art roman, art gothique, La Taillanderie, 2002.