• Nom Collecteur: JCollet
  • Date Création: 29-07-2026
  • Adresse ou lieu-dit: église du village.
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Non concerné
  • Commune concernée: SAINT-JULIEN-SUR-VEYLE
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Patrimoine religieux et funéraire
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Source document: Registre de délibérations du conseil municipal.
  • Bibliographie: Croyet Jérôme, Albitte, le tigre de l'Ain, MG éditions , 2004
Cloche église de Saint-Julien-sur-Veyle
Crédit Jacques Collet

 Tribulations des cloches.

Autrefois, elles rythmaient la vie quotidienne. Le matin et le soir, le marguiller sonnait l’angélus ; elles annonçaient un service religieux (messe, baptême, décès…). Elles avertissaient d’un danger par le tocsin : incendie, un ennemi, la guerre (comme le 1er août 1914) ; les sonneries étaient codifiées : on savait à quoi s’en tenir quand on entendait le son lugubre du glas ou le tintement saccadé et oppressant du tocsin.

1.Une commune privée de cloches, comme bien d'autres dans l'Ain.

Le premier registre des délibérations du conseil municipal mentionne l’arrêté du représentant du peuple Albitte, envoyé par l’exécutif de Salut public dans les départements de l’Ain et du mont Blanc (1).

Comme la plupart des clochers du département, celui de Saint Julien a été abattu, sans que cela soit mentionné explicitement dans les comptes-rendus des délibérations.

Cependant, le 16 pluviose an second de la République (4 février 1794), l’agent national de la commune J.François Villier évoque "les criées au rabais pour la descente des trois cloches. Personne ne s’est présenté pour augmenter la mise du sieur Louis Dufêtre, charpentier, à Saint Julien, moyennant 30 livres".

Le 4 floréal an X (24 avril 1802), on peut lire que "Jean Villier père a remis la somme de 83 livres tournois pour le prix de vente de matériaux provenant de la démolition du clocher".

Et dans une délibération du 7 juillet 1837, il est question du "clocher tombé pendant la première révolution", la seconde étant celle de 1830.

Il semble que la cloche restante ait été suspendue devant le porche côté ouest, en attendant mieux. Mais cette installation précaire a perduré. Et cette seule cloche, juchée à faible hauteur, dont la sonnerie ne portait pas loin, ne pouvait remplacer les deux autres. Les habitants de la commune étaient comme privés d'informations.

18 novembre 1823. Des dépenses sont nécessaires pour "éviter la chute inévitable de la cloche".

6 février 1825. Le maire désirerait "que la cloche soit descendue …afin d’éviter tout accident".

 6 mai 1827. Il importe de "rétablir le clocher tel qu’il était avant la révolution". Le devis estimatif et les plans ont été déposés sur le bureau". Pour subvenir à cette dépense (9364 fr.), la commune n’a pas de ressource. Elle doit recourir à l’impôt extraordinaire.

Visite de l’évêque Mgr Devie le 10 mai 1829 :  "L’église est grande et est en assez bon état". Pour aller à la cure, "on est obligé de faire passer les voitures par la cour du voisin "…S’est-il bien rendu compte de l’état de l’église ? Aucune allusion au clocher n'est faite !

13 mai 1832. Le maire propose que "le clocher ne soit monté qu’à la hauteur de 15 pieds, qu’il y soit pratiqué un beffroi pour mouvoir les cloches"…Le prix de cette dépense sera payé à l’aide d’un emprunt extraordinaire".

8 juillet 1832.Le maire expose que la cloche est posée et suspendue au fronton de l’église depuis 25 ans (soit depuis 1807) ; "les bois qui la suspendent sont entièrement pourriselle menace de tomber et d’entrainer le fronton de l’église". Il faut "rétablir une partie de la maçonnerie de l’ancien clocher à une hauteur de 15 m ou 15 pieds". Il reparle d’un beffroi. Un devis a été déposé.

2.Un plan de reconstruction du clocher, dressé par M.Deplace, est présenté le 14 février1838. Deux reconnaissances des travaux ont lieu en novembre 1838 et janvier 1839.

Benoit Monnet et Eugène Villier ont avancé 5000 fr, que la commune remboursera avec les intérêts.

-Étienne Marie Lapierre a légué 400 fr. à la commune, destinés à l’achat d’une cloche, la grosse. Le clocher est alors en reconstruction. Mais E.M.Depierre décédé le 5 décembre 1837, ne verra pas "sa" cloche. M.Gravier voiturier à Châtillon-les-Dombes, la transporte à Saint Julien ; elle a été fondue par Gédéon Morel, Lyon, avec le battant, les boulons, les clavettes (984 fr). Enfin, la cloche arrive à destination le 19 avril 1839. Le curé, M. Bouchut, est tout heureux. Pour monter les cloches, il a fallu agrandir l'oeil de boeuf au sommet de la voûte du choeur.

22 janvier 1840. Mémoire de M.Gonnard, serrurier mécanicien à Pont-de Veyle qui a fourni un joug, les ferrures une roue et emplacement dans le clocher de deux cloches pour 658, 80 fr. La Fabrique ne peut payer la dépense, donc la commune assume.

3.Les inscriptions sur le bandeau des cloches.

Les deux cloches portent le nom des donateurs (parrain et marraine) et la date de fonte en chiffres romains, le nom du curé : François Marie Bouchut, ainsi que celui du fondeur, Gédéon Morel de Lyon.

La plus grosse (1839) porte l'inscription "Laudate dominum in cymbalis bene sonantibus" (psaume 150). (Autrement dit : Louez Dieu par des cymbales bien sonnantes) Curé : M.Fs Mie Bouchut. Parrain : Marie Joseph Villier, maire de Saint Julien-sur-Veyle. MDCCCXXXIX. Marraine : Mme Marthe Pérusset, épouse de M.Marie-Eugène Villier, adjoint.

Refondue avec la matière de l'ancienne cloche et augmentée avec la souscription des habitants de la commune ".

La plus petite (1838) porte l'inscription : "Donné à la commune de Saint Julien-sur-Veyle par M.Bt  Monnet et Mme Marie C.L -Ne Millet, son épouse, lesquels sont parrain et marraine.

MDCCCXXXVIII. Curé : M. Fs Mie Bouchut. Maire M. J-H Villier- (fondeur) Gédéon Morel à Lyon"Cette petite cloche porte la date de 1838. Benoit Monnet et son épouse Marie Claudine Millet du hameau de Rivoire en sont les donateurs. Benoit Monnet décèdera peu après, en 1839.

 Les cloches furent électrifiées en 1977.Le sacristain a cessé de tirer sur les cordes pour les actionner.

 

(1)  Antoine Louis Albitte, envoyé en mission par le comité de Salut public dans l’Ain, arrive à Bourg le 17 janvier 1794. Dès le 26 janvier 1794, par un arrêté, il met en application avec zèle des décrets de la Convention du 23 juillet et du 6 août 1793 sur le réemploi des cloches et des clochers. Le bronze des cloches était fondu dans l’atelier de Pont-de-Vaux, pour être transformé en canons. Les ennemis étaient aux frontières, la patrie en danger.

 

Sources.

Registre de délibérations du conseil municipal.

Bibliographie. Croyet Jérôme, Albitte, le tigre de l’Ain, MG éditions, 2004.