• Nom Collecteur: Sandrine GAULTHIER & Geneviève COTTIN
  • Date Création: 16-01-2026
  • LATITUDE: 46.304473
  • LONGITUDE: 4.837211
  • Adresse ou lieu-dit: 01750 Saint-Laurent-sur-Saône
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Pont
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Non concerné
  • Commune concernée: SAINT-LAURENT-SUR-SAONE
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Communication et Transport
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: XIe siècle
  • Protection labellisation: Classé Monuments Historiques (A.M. du 06/07/1987)
  • Source document: Photos – Carte postale-livres- articles
  • Bibliographie: Bibliothèque St Laurent sur Saône Site internet Gallica (BnF) Saint-Laurent-les-Mâcon (Ain) Variétés historiques par TH. DUFORRAU Archives communales Archives municipales de Mâcon

« C’est le plus beau des ponts sur la Saône… et après les nombreux ponts suspendus… c’est un plaisir que de voir des arches de maçonnerie et des piles en forme de coins armés de fer. Il nous faut déplorer la disparition des portes fortifiées mais … l’engouement moderne pour le fonctionnel démolit tout ce qui paraît se mettre sur son chemin. «.

Ainsi s’exprimait dans son récit de voyage P.G.HAMERTON, touriste anglais, qui emprunta cette voie fluviale en 1886.

C’est vraisemblablement au XIe siècle que ce pont de pierre remplaça un pont gallo-romain dont la tradition attribue parfois la construction à César après sa victoire sur les Helvètes.

Si les certitudes concernant le pont actuel manquent jusqu’ au XVIe siècle, il fut en tout cas constamment remanié et subit depuis son origine, modifications, réparations, destructions et restaurations. Il comporta six puis treize arches (certains prétendent quinze), deux portes fortifiées et même une chapelle dédiée à Saint NICOLAS. Aujourd’hui encore, la onzième arche abrite une statue de Saint NICOLAS.

La parcellisation des territoires et l’entretien de l’ouvrage conduisirent ses possesseurs à établir des droits de péage fluviaux (droits de chaîne) et routiers (octroi).

En 1423, une crue terrible emporta l’arche médiane et la chapelle qui la surmontait.

Des restaurations successives dues aux dégâts causés par les crues entrainèrent son allongement. On lui ajouta six vers 1550 pour permettre de dévier le cours de la Saône et éviter ainsi le fléau des inondations à la ville de Mâcon. Cela explique la ligne brisée formant l’axe du pont. Pendant des années, il fut synonyme de souffrances ; des massacres y furent en effet commis pendant les guerres de religion par Guillaume de SAINT-POINT, gouverneur catholique de Mâcon, qui faisait précipiter dans la Saône, pieds et mains liés, les huguenots prisonniers.  La tradition populaire a donné à ces exécutions le nom de « Farces et Sauteries de Saint-Point ».

Puis le feu détruisit la quatrième arche (la raison en fut vraisemblablement l’incendie d’un des moulins que l’on eut longtemps coutume d’appuyer aux piles).

Au XVIIIe siècle, les États Généraux d’y Mâconnais ordonnèrent de grandes réparations (1771-1778). Les fortifications du pont furent détruites et remplacées par des trottoirs, et pendant le XIXe siècle, on procéda à son élargissement. Ce sont les consoles prévues à cet effet qui ont fait l’objet de travaux de restauration en 1984.

En 1843, le pont faisant toujours obstacle à la navigation en période de crues, quatre arches du côté de Mâcon furent surélevées à six mètres au-dessus de l’étiage. En deux années le pont acquit son aspect actuel, alors qu’un pont de bois assurait la liaison pendant les travaux.

Depuis il ne fut modifié qu’à une occasion, lorsque l’armée allemande battante en retraite, fit sauter la troisième arche pour retarder l’avancée des troupes alliées pendant la nuit du 2 au 3 septembre 1944.

Enfin, en 1980, une péniche ébranla la confiance de ses usagers. Gouvernail rompu, elle vint le 9 janvier s’échouer en travers de la troisième arche. On craignit le pire, mais après des examens approfondis à l’aide d’appareils au laser, on fut certain que le choc n’avait pas entrainé de lésions graves.

Le pont de Saint-Laurent-sur-Saône a été classé par les Monuments Historiques (A.M. du 6 juillet 1987).

En 1799, le Général PUTHOD écrivait : « jamais je ne puis traverser le pont de Saint-Laurent -sur-Saône sans être émerveillé du paysage dont on jouit ».

Le pont Gallo-Romain :

Entre l’actuelle place Saint-Etienne et l’Église Saint-Laurent, la technique consistait à joindre à deux pieds l’une de l’autre, deux poutres un peu aiguisées par le bas ; on les enfonçait suivant une ligne oblique inclinée selon le jet d’eau ; en face, et à quarante pieds de distance en aval, on en plaçait deux autres, tournées contre la force du courant ; sur ces deux paires, on posait des poutres de deux pieds qui s’enclavaient exactement entre les pieux accouplés et on plaçait de part et d’autre deux chevilles ; plus la violence du courant était grande, plus le système était lié étroitement : en outre, on enfonçait vers la partie inférieure du fleuve des pieux obliques qui, faisaient contrefort, appuyaient l’ensemble de l’ouvrage ; d’autres encore étaient placés à une petite distance en avant du pont, afin d’atténuer le choc des troncs d’arbres et des bateaux que les Barbares pouvaient lancer.

Les pontonniers de Saint-Laurent :

À cette époque, c’étaient les habitants de Saint-Laurent qui exerçaient l’activité de passeurs en bateaux, on disait alors pontonniers surtout en période de crues. Ils formaient une communauté de constructeurs de barques et bateaux, de navigateurs et de pêcheurs, de passeurs et de transbordeurs. Les barques amarrées sur la rive gauche de la Saône, le grand embarcadère situé quai Bouchacourt, l’intérêt porté aux joutes et l’existence d’une société de sauvetage qui mettait une de bouée à la disposition des usagers du pont perpétuent cette tradition. Grâce à une charte de Mâcon en 926, nous savons que les pontonniers demandaient un denier pour faire l’aller et retour à un char.

Les pontonniers de Saint-Laurent ont longtemps rendu de grands services. Quant aux chanoines de Saint Pierre, ils versaient trois émines de vin aux pontonniers pour user de la Saône.

La construction du pont remonte sans doute au début du XIe siècle, son originalité est de n’avoir jamais été achevé, en raison des incessantes modifications, des continuelles réparations, des destructions et restaurations multiples dont il fut l’objet.

 

 

 

Carte postale : Archive municipale commune

Photo Pont de Saint-Laurent-sur-Saône - vue générale - Mairie Saint-Laurent-sur-Saône - Octobre 2025

 

Crue et croissance :

En 1423, une crue soudaine et exceptionnelle détruisit l’arche médiane. La chapelle disparut avec elle.

Au printemps suivant l’arche fut reconstruite par le bailli de LUYRIEUX dont les armoiries furent sculptées sur le mur du pont. Les fondations furent refaites en plusieurs endroits. La statue de Saint-NICOLAS fut placée dans une niche surplombant l’une des piles centrales.

Dans la seconde moitié du XVe siècle, d’importantes restaurations furent à nouveau entreprises :

Piles, arches, tours, corps de garde, pont-levis, canonnières. Elles se poursuivirent jusqu’en 1550.

L’ouvrage fut en réalité pourvu de six nouvelles arches.

Heures tragiques :

À partir de 1552, l’une de ses arches centrales devint le théâtre d’horribles exécutions. C’était l’époque des guerres de religion. En 1567 et 1620 l’édifice souffrit beaucoup. En 1629, la quatrième arche fut brûlée en raison d’un moulin qu’on avait coutume d’appuyer aux piles.

L’élargissement :

En 1738, les États ont supprimé la porte Saint-Laurent, le pont levis, ont comblé le fossé, démoli barrières et corps de garde. En 1760, deux trottoirs en pierres dures furent pavés. La première arche

Fut comblée. L’ouvrage eut désormais onze piles.

De 1772 à 1789, les avant-becs et les arrière-becs furent entièrement refaits et élargis pour permettre l’élargissement des arches. La largeur du pont fut de sept mètres trente. Les trottoirs furent de quatre- vingt centimètres. En 1815, la deuxième arche fut détruite et reconstruite.

La surélévation :

En 1843, on démolit jusqu’aux fondations les quatre premières arches du côté de Mâcon.

On éleva les piles jusqu’à six mètres au-dessus de l’étiage. La largeur de la chaussée fut portée à neuf mètres. Une balustrade en fer forgé remplaça le parapet de pierre.

Les agressions :

Les Allemands, lors de leur retraite en 1944, firent sauter une arche. L’occupant avait l’intention de détruire le pont dans sa totalité. Le Maire de Mâcon souligna que cette destruction priverait à jamais la ville d’un ouvrage millénaire qui faisait partie de son patrimoine historique.

Le 9 Janvier 1980, une péniche dont le gouvernail s’était rompu s’échoua en travers de la troisième arche. Le pont fut réouvert huit jours après des réparations.