• Nom Collecteur: Sandrine GAULTHIER & Geneviève COTTIN
  • Date Création: 02-02-2026
  • Adresse ou lieu-dit: Route du Pont de Saint-Laurent-sur-Saône à Replonges
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Route
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Non concerné
  • Commune concernée: SAINT-LAURENT-SUR-SAONE
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Communication et Transport
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: 1699
  • Source document: Archives communales de Saint-Laurent-sur-Saône Th. DUFFOREAU, DE CHOLLITAN

La « Levée »

 

La plaine de la Saône, régulièrement inondable, a rendu nécessaire la surélévation des voies de communication et en particulier de la R.N.79 qui aboutit au pont.

 

Saint-Laurent-sur-Saône occupe l’extrémité ouest de la « Levée », digue de 2 kilomètres de longueur qui part de la Madeleine sur la commune de Replonges. Cette digue, projetée dès 1699, fut construite de 1720 à 1735.

 

Des ouvertures maçonnées furent aménagées de place en place pour permettre l’écoulement des hautes eaux. Il y en avait trois sur la commune. Deux sont aujourd’hui enterrées ; la première se situait face à un commerce. (au numéro 15 de la rue de la Levée) et la seconde desservait le marché aux blés, actuellement quartier de la poste (fermée à ce jour). Son comblement vers 1825 permit le passage direct de ce marché au marché aux chevaux et bétail.

 

Le troisième pont existe toujours et constitue la limite entre les communes de Saint-Laurent-sur-Saône et Replonges.

 

La prairie de Saint-Laurent était autrefois boisée, laquelle appartenait à une communauté de religieux de Saint-Laurent, lesquels donnèrent à défricher à la communauté de Replonges environ douze cents coupées de ces bois. La construction de routes praticables est un défi impossible à relever à l’époque. Mauvaise réputation des charrières.

Un projet de Levée fut élaboré en 1699 car le chemin de Mâcon à Bourg est impraticable les trois quarts de l’année.

Le 5 Décembre 1699, les fermiers, propriétaires, métayers et cultivateurs doivent faire des fossés pour l’écoulement des eaux pour rendre le chemin praticable.

En 1705, une remise en état du pont de la Goutte (ce pont se situait approximativement vers la place de la République) est faite mais elle est si basse que lorsque la Saône déborde, on passe par-dessus en bateau.

En 1734, construction de la chaussée de la prairie de Saint-Laurent les Mâcon qui aura mille toises de longueur, à prendre du pont de la Goutte de Saint-Laurent jusqu’au Bon Arrivoir (La Madeleine à Replonges) et dont la largeur sera de quarante- deux pieds, et sa hauteur de niveau avec celle du pont de la Goutte, ayant des fossés de droite et de gauche de sept toises un pied de largeur vers le haut, six toises trois pieds par le bas, quatre pieds de profondeur et un talus de deux pieds de chaque côté . On y construira vingt- quatre ponts, dans les endroits qui seront marqués, pour l’écoulement des eaux. Chaque pont aura dix pieds d’ouverture, six pieds de hauteur sous clef.

Le 10 Novembre 1739, les travaux sont enfin achevés.

Pour faciliter l’accès au marché hebdomadaire le samedi et quatre foires annuelles, le pont de la Goutte et le ruisseau qu’il franchit sont comblés en 1783. Le premier but de la Levée était de permettre une circulation rapide et constante entre Nevers et Genève.

La Levée démontre particulièrement son utilité lorsque se développe la circulation automobile. Le marché de Saint-Laurent-sur-Saône devient facilement accessible à la plus grande partie de la Bresse. En 1892, la municipalité demande la création d’une nouvelle foire le troisième samedi de chaque mois. La levée est assez solidement construite pour qu’y circulent les tramways, Saint-Laurent-sur-Saône devient le débouché d’un vaste arrière- pays. Déficitaire, le tramway disparaitra en 1936.

 

Les dégâts des inondations :

Dès 1778, vingt- quatre passages avaient été prévus pour laisser passer les eaux des crues. C’était insuffisant. Le quatrième pont a été modifié : ses deux arches avaient fait place à une seule, beaucoup plus grande. La crue exceptionnelle de 1840 dont la côte atteint 8,05 m se révèle dévastatrice. La Levée disparait sous deux mètres d’eau.

Le canal de dérivation achevé en 1991 et destiné au passage des bateaux de grand gabarit devait aussi faciliter l’écoulement des eaux, une grande arche remplaçant plusieurs des ponts de la Levée dont six seulement subsistent

 

Un certain déclin :

Les grands travaux de 1991 ont contribué à améliorer la circulation sur la Levée. À l’Ouest, le flot automobile aboutit dans l’étroite rue centrale de Saint-Laurent-sur-Saône et, surtout, se heurte au difficile passage du pont de Mâcon. Depuis des décennies des bouchons de forment aux moments d’affluence, provoquant des ralentissements préjudiciables. Des aménagements routiers ont été réalisés.

Dès 1979, l’autoroute A 40 le contourne par le nord. En 2009, l’A 406 le contourne au sud.

Saint-Laurent que gêne l’étroitesse du pont de Mâcon a perdu 300 habitants depuis 1975 et n’en a plus que 1700 à peu près de nos jours. Quant à la Levée, remarquable ouvrage de l’administration des Ponts et Chaussées au XVIIIe siècle, victime de l’évolution des transports et des modes de vie ne joue plus qu’un rôle local.