• Nom Collecteur: Marie France DE GUISA
  • Date Création: 21-11-2025
  • LATITUDE: 46.27733
  • LONGITUDE: 4.97435
  • Adresse ou lieu-dit: Route de la Motte Castrale
  • Type Propriétaire: Privé
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Non concerné
  • Commune concernée: SAINT-CYR-SUR-MENTHON
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Architecture militaire
  • Architecture militaire: Château fort
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: 10ème siècle
  • Protection labellisation: aucune
  • Bibliographie: " De terre et de bois, la poype" André Bazzana aux Editions PPA Monographies manuscrites sur les communes de l'Ain d'Eugène Dubois : Médiathèque Roger Vaillant à Bourg-en-Bresse. Pré inventaire Richesses touristiques et archéologiques du canton de Pont de Veyle 1986
Poype des Chânelets
Crédit photo Hélène Anglesio

Description:

 La poype ou motte castrale est située à 150 m au nord de la D 1079. C'est la plus importante poype de la Bresse par ses dimensions. C'est une accumulation de terres extraites, « une motte », d'un diamètre de 45 m et d'une hauteur de 10m. L'emprise au sol est circulaire , elle était entourée d'un large fossé et d'une basse-cour avec enceinte. La terre de la motte , soit environ 5000 m³, est extraite des larges fossés qui l'entourent et est déposée en couches (terre piétinée pour évacuer l'humidité). C'est un travail de terrassement, facile à construire par une main d'oeuvre paysanne, corvéable et nombreuse . Au sommet de la motte, un dôme aplati pouvait recevoir une petite construction de bois pour un usage défensif. Lors de fouilles partielles en 1970, on a retrouvé au sommet des traces de tuiles et de céramiques. La motte est bien conservée mais sur la face sud-est, la pente assez forte a entraîné des glissements de terrain qui ont comblé en partie les anciens fossés. Il n'est pas facile de se représenter actuellement les contours de la basse- cour .

Historique:

On estime la construction de cette poype à partir de la seconde moitié du Xe siècle . En 1272, le seigneur de Saint Cyr reconnaît tenir de Amé de Savoie , "sa maison, sa poype et toute sa forteresse. » Le plus ancien seigneur de Saint Cyr connu est Etienne de Saint Cyr , cité en 1090. 

 En 1970, lors des fouilles , on a découvert un premier niveau de cendre abondante , signe qu'elle a été élevée après un brûlis préliminaire pour délimiter la zone. Ce qui correspond à une période de défrichement à partir du Xe siècle en Bresse. A signaler à Saint Cyr : il y a eu quatre poypes correspondant chacune à un fief:

  •  Le Seigneur de l'Isle dont les terres se situaient à 1km à l'est du village, détenait une poype disparue dite de Conflens «confluent du Menthon et du bief de Cheval Queue » -
  • Une poype à Travernay . Elle a été détruite mais il reste une partie des anciens fossés encore en eau. -
  • Une poype à Tornaz mais il ne reste rien. Elle est citée en 1272 et située entre les Gambys et les Deschamps. 
  •  La poype encore bien visible des Chânelets qui fait l'objet de cette fiche.

 Pourquoi construire une poype ? Quelle était son utilité ? Il s'agissait d' un site défensif (la hauteur, le fossé, la palissade, un sommet aplati pouvant servir de tour de garde ou une habitation temporaire du seigneur). Aux Chânelets, la zone sommitale n'est pas grande . La poype représentait une valeur symbolique pour affirmer l'autorité du seigneur, motte et basse-cour sont un ensemble indissociable, un espace d'habitat et de travail, un lieu défensif, c'est le fondement du pouvoir seigneurial. En Bresse, l'apogée des constructions des poypes se situe au XIe siècle mais dès la fin du XIIIe siècle , les choses changent . En 1272, après le mariage de Sibylle de Bâgé avec le comte de Savoie, une autre organisation administrative savoyarde s'installe . La seigneurie de Bâgé perd son indépendance, les seigneurs deviennent vassaux du comte. Bourg-en-Bresse est la capitale régionale, Chambéry le coeur politique et historique des comtes de Savoie.