la MAISON FORTE de CORSANT devenue BASSECOUR du CHATEAU
Au lieudit Corsant, le domaine des Prâles est installé dans les murs de l’ancienne maison forte de Corsant . Les bâtiments avaient servi récemment encore de maison d’habitation et de siège de l'exploitation agricole pour Marcel COCOGNE et Franck PLOUVET. L'ensemble des bâtiments ont été restaurés en 2022 de manière à les transformer en un lieu de réception.
Sur ce terrain, le château des Andrevet de Corsant fut construit au 16ème siècle. Le bâtiment fut déconstruit en 1794 au motif que le propriétaire (famille de la Poipe de Serrières) avait pris le parti des émigrés.
Le conseil communal atteste le 14 février 1794 que le château, « construit en briques au moins quatre siècles auparavant, était situé sur la commune de Perrex à une demi-lieue de la grand-route de Bourg à Mâcon, consistant en quatre grandes tours et trois corps de logis. Le château étant entouré de fossés, un pont permettait d'accéder à la cour intérieure où se trouvait le puits du domaine. »
La configuration de l'ancien établissement agricole et la consultation des archives notariales conservées à Dijon laissent supposer que ce bâtiment fut, avant la construction du château des Corsant, le siège du fief de Corsant. La maison forte comportait quatre tours d'angle dont deux sont clairement identifiées du côté Est. Une chapelle et une salle d'archives étaient incluses dans la construction fortifiée.
Après la construction du château au 16ème siècle, cette résidence fut utilisée comme bassecour ou ferme du château. Un dénombrement du fief en 1787 apporte quelques précisions : « Item appartient au seigneur le domaine du Château, savoir : Un bâtiment situé au midi dudit château servant de logement pour le cultivateur, à la suite duquel est une grande écurie et plusieurs autres bâtiments avec leurs aisances. »
Lors des travaux de rénovation, ont été récupérées sur les toitures de la grange des tuiles remarquables, les unes datées, les autres gravées (figures humaines ou animales) ont été récupérées sur le toit de la grange :
- une tuile explicitement datée de 1636 portant le nom de Jean [SAFRAY];
- une autre tuile portant une inscription votive témoignant de l'attente impatiente d'un héritier royal, qui naîtra à Saint Germain en Laye le 5 septembre 1638, Louis Dieudonné le fils de Louis 13 et d'Anne d'Autriche : « mon dieu faites nous la grâce de donné puissance à noustre Roy Louy »
Le mariage en France d'Anne d'Autriche et Louis XIII fut célébré le 21 novembre 1615 à Bordeaux. Le roi âgé de 14 ans vécut sa nuit de noces comme une humiliation et ne partagea plus le lit de la reine pendant quatre années suivantes. Conscient du problème diplomatique et dynastique que causait l'indifférence du roi à l'égard de la reine, le duc de Luynes, tenta d'y remédier. A partir du printemps 1619, les relations entre Anne et Louis XIII s'améliorèrent. mais la mésentente prévalut à nouveau, notamment après des fausses couches (14 mars 1622). L’entrevue du 14 juin 1625 à Amiens de la reine et du duc de Buckingham renforça la méfiance réciproque entre les époux royaux.
Sous l'influence de la duchesse de Chevreuse, la reine défia la politique absolutiste du cardinal de Richelieu, premier ministre du roi depuis 1624. En 1635 la France est en guerre contre l’Espagne dirigée par Philippe IV le propre frère d’Anne d’Autriche. Il n'est pas surprenant alors que la reine fut en août 1637 suspectée de contrecarrer les intérêts de la France. En dépit de ces différents susceptibles d'éloigner le roi et la reine, Anne d'Autriche est enceinte d'un enfant.
Plusieurs mémorialistes attribuent ce rapprochement inespéré des époux à un orage providentiel. Empêché de rejoindre Saint-Maur, Louis 13 passa la nuit chez la reine, au Louvre. Le 10 février 1638, le roi signait le Voeu de Louis XIII, consacrant le royaume de France à la Vierge Marie, et faisant du 15 août un jour férié dans tout le royaume.