• Nom Collecteur: Christian Lorin, Michel Coutant, Joëlle Renoud, Dominique Borgat.
  • Date Création: 03-12-2025
  • LATITUDE: 46.25034
  • LONGITUDE: 4.839516
  • Adresse ou lieu-dit: 952 Rue du Carrage
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Chapelle
  • Commune concernée: GRIEGES
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Patrimoine religieux et funéraire
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: Xe
  • Protection labellisation: Inventaire supplémentaire M H
  • Source document: - Bulletins municipaux de Grièges 1994 à 1997. - Archives communales de Grièges numérisées par le Centre de Gestion de l'Ain. - 'Le Progrès' Série Les trésors de l'Ain - Grièges 2 août 2011. - Panneaux explicatifs à l'intérieur de la chapelle - Association de Sauvegarde et de Restauration de la -Chapelle Saint Gengoult. - Articles de presse : - La restauration continue' 3 janvier 1999. -- C Nallet - 'Saint Gengoult priez pour nous'- Le Progrès - 3 janvier 1999
  • Bibliographie: François Sornay "Souvenirs Religieux de Grièges" Editions Emmanuel Vitte 1898

 Historique

 Située au 952 Rue du Carrage, dans l’ancien village de Grièges devenu hameau au XIXe (1861 à priori), sous le nom de Vieux Bourg, la chapelle Saint Gengoult pourrait dater du Xe. « Placée à une cinquantaine de mètres au nord de l’église paroissiale » d’alors, elle était édifiée parallèlement à cette dernière, laquelle a été démolie vers 1860, au moment de la construction de l’église actuelle.

La raison pour laquelle cette chapelle a été construite est difficile à déterminer. L’abbé François Sornay, curé de Grièges à la fin du XIXe émet dans son livre ‘Souvenirs Religieux de Grièges’, plusieurs hypothèses ; elle aurait pu servir : soit à remplacer l’église plus ou moins ruinée et insuffisante à l’époque, «la population ayant considérablement augmenté du fait de l’établissement partiel des Saxons envoyés au sud-est de Mâcon par Charlemagne leur vainqueur » ; soit de chapelle de secours ; soit enfin, uniquement à honorer St Gengoult canonisé en l’an 920.

 Pendant des siècles, et notamment chaque année au 11 mai, date de la commémoration du décès du Saint, assassiné par l’amant de sa femme à la demande de celle-ci, la chapelle a attiré en nombre les pèlerins venant prier «le saint patron des maris trompés, pour obtenir bonne entente et paix dans les foyers» et pour d’autres miracles qui lui étaient attribués. Cette dévotion aurait pris naissance à l’époque où Pierre de Savoie céda la ‘Chillia’, la paroisse originelle de Grièges, au Chapitre de Fourvière (1322).

Elle a connu au fil du temps plusieurs remaniements. Une restauration est signalée vers la fin du XIIIe. A cette époque, (1280 précisément), Sybille de Bâgé, qui deviendra l’épouse du Duc Amédée III de Savoie, affranchit tous les habitants de la banlieue de Pont-de-Veyle de taillabilité et de servitude personnelle. L’abbé Sornay présume que « il serait bien possible qu’elle puisse ne pas être étrangère à cet acte de piété ». (Sous-entendu à la restauration).

D’après le bulletin municipal de Grièges de décembre 1995, l’aspect actuel de l’édifice, de forme rectangulaire, daterait du XVe, résultant de modifications faites au fil du temps. Cependant, un croquis de la chapelle sur l’atlas terrier réalisé au début du XVIIIe montre une aile dans la partie sud-est de l’édifice. Celle-ci n’existe pas ou plus aujourd’hui.

En 1830 le mur nord a dû être rebâti suite à son effondrement.

 

La chapelle dans les tourments de la Révolution.

 Le 2 novembre 1789 l’Assemblée Constituante adopte un décret par lequel tous les biens ecclésiastiques doivent être mis à disposition de la Nation et le 19 du même mois ordonne leur mise en vente pour remédier à la crise financière que traverse le Royaume.

Le 19 avril 1791 la chapelle est mise en vente à Châtillon sur Chalaronne et acquise à la 2ème enchère à la commune de Grièges pour la somme de 1400 livres, au prétexte d’en faire la Maison Commune.

Le 1er juin 1794 le Conseil Général de la commune, (Conseil Municipal + les plus forts contribuables de la commune), apprend que l’agent national du district insiste pour engager celui-ci à délibérer sur l’état et l’emploi de la chapelle.

Réponse : « Le Conseil atteste et affirme qu’il n’y a dans cette chapelle ni autel ni desservant ni aucune marque de fanatisme ou de superstition» Extrait de délibération du Conseil Général de la commune de Grièges sur la transformation de la chapelle Saint Gengoult en Maison Commune.

(D’après le cahier des délibérations de la commune de Grièges)

« Le Conseil Général de la commune de Grièges assemblé au lieu de ses séances ordinaires étant informé par une lettre missive à nous adressée par l’agent national du district de Châtillon comme acquéreur d’un édifice situé au nord du temple de notre commune portant invitation à faire démolir le dit édifice servant ci devant à contenir la chapelle de Saint Gengoult. La ditte acquisition faitte par nous en adjudication … au prix de 1400(francs). Lors de cette acquisition la commune de Grièges n’avait d’autres vues que d’en faire une maison commune, étant totalement éloignée, d’y laisser subsister aucune marque de chapelle …»

 

Retour du culte

En 1901 le Concordat* est rendu possible par l’avènement en novembre 1799 comme 1er consul, de Napoléon Bonaparte, fervent catholique, et de l’élection du pape Pie VII en mars 1800.

La loi sur la liberté de culte permet de choisir un lieu pour l’y exercer. Les citoyens de Grièges choisissent l’église de Grièges pour leur lieu de rassemblement.

*Concordat : Traité entre le Pape et le Gouvernement pour les affaires religieuses.

Par ailleurs pour rendre la chapelle Saint Gengoult au culte catholique, le Conseil Municipal, par sa délibération du 12 thermidor an XI (31 juillet 1803), prend un arrêté pour demander à son Eminence le cardinal archevêque de Lyon, «la bénédiction de la chapelle quand celle-ci sera «ornée de façon convenable», après les réparations nécessaires. La lettre au cardinal suite à cet arrêté est datée du 17 thermidor an XI (5 août 1803).

Le 4 mai 1804, M Alliey, curé de Pont de Veyle ; missionné, visite la chapelle et conclue à son bon état.

Plus tard, au cours de cette même année, le maire et les adjoints au vu de cette conclusion, adressent une pétition au cardinal archevêque, pour une bénédiction le plus tôt possible.

 

Description de l’édifice et de son mobilier

 Créée en 1986 avec comme but 1er de sauvegarder le bâtiment des infiltrations d’eaux pluviales et de redonner vie à ce lieu, l’association ‘Sauvegarde et Restauration de la Chapelle Saint Gengoult’ qui a commencé la restauration en 1991 avec l’aide de la municipalité, a placé à l’intérieur de l’édifice un panneau présentant les différents éléments de l’architecture de celui-ci. En voici la teneur :

« La chapelle se présente sur un plan rectangulaire avec un assez fort décrochement en retrait pour le mur nord du chœur qui a lui seul représente près du tiers de l’édifice. A l’Est l’unique fenêtre aux belles dimensions et à l’Ouest la porte principale sont de style néo-gothique et dateraient du XVIIe ».

A droite de cette porte, une piscine gothique (qu’on appelle aussi lavabo. Ndlr), incrustée dans le mur, porte l’inscription ‘MC Gon 1619’. En hauteur une ouverture étroite de style roman devait donner du jour au sanctuaire lorsque celui-ci ne comptait que la nef. Sur le côté une petite porte permet maintenant un accès direct supplémentaire. Sur le côté Nord une porte maintenant murée devait communiquer avec une sacristie. A son côté une autre porte également murée dont jambages et linteaux sont visibles de l’intérieur, permettait aux élèves de l’école des sœurs de Saint Charles d’accéder à la chapelle sans sortir sur le chemin.

Au-dessus du pignon Est, une statue de la Vierge qui fut érigée en même temps qu’un petit campanile surmonté d’une croix, abritant la cloche et lui faisant pendant sur le pignon Est. (1844)

Les murs extérieurs restaurés laissent apparaître une maçonnerie de briques et de pierres. La grande fenêtre diffuse la lumière de ses vitraux sur le chœur, ses quatre arcs de voûte bien cintrés et sa croisée d’ogives bien sculptée représentant l’Agneau. A chaque angle, les arcs reposent sur des culots aux noms et aux symboles des quatre évangélistes. La nef n’est pas voûtée mais couverte d’un plafond plâtré.

La pierre tombale au milieu de la nef nous rappelle le souvenir de M Bouillard, vicaire perpétuel de Grièges. Son grand dévouement pour la paroisse, ses dons personnels, soins et embellissements de la chapelle, lui valent de reposer dans le sanctuaire. La date du tombeau que la croyance populaire a longtemps rattaché aux restes de Saint Gengoult, fut gravée lors des travaux de 1843, pour mettre fin à cette équivoque. Cette pierre porte l’inscription : ‘’ IN PACE D ANTONIUS BOUILLARD CHILLIACENSIS ECCLESIAE RECTOR A FORVERIENSI CAPITULO PROPOSITUS 1482’’».

Traduction : ‘’(Sois) en paix Dom Antoine Bouillard de l’église de Chilla, curé du Chapitre de Fourvière’’

 Le 11 juin 1886, en procédant au remplacement de l’autel de l’église, l’abbé Joseph Philppe Joachim Michel, prêtre de la paroisse, accompagné de quelques habitants de Grièges découvre, caché dans l’autel à remplacer, des reliques de Saint Gengoult décrites un peu plus loin, ainsi que deux parchemins. « Le 1er était écrit en latin et fort usé avec une écriture paraissant être du XIVe.

Seuls quelques mots ont pu être déchiffrés, dont (approximativement Ndlr) ‘Reliquis Sancti Juingul(p)hi’...Le second, écrit par Messire Bernardin Dombey curé de la paroisse, et daté de 1691, qui dit avoir déposé les reliques de Saint Gengoulf dans laditte boîte telles qu’il les avait trouvées, sans faire de mention de l’authentique des reliques... Ayant fait placer un grand autel en pierre à (la) Romaine au centre du sanctuaire, les reliques ont été placées au centre dudit autel … par Messire Michel ...» Une déclaration dont sont extraites ces dernières lignes, a été rédigée et signée par le curé et plusieurs autres personnes.

 En 1995 à l’occasion de travaux les membres de l’association découvrent une petite boîte en plomb contenant effectivement des fragments d’os enveloppés dans une étoffe et un parchemin.

  

Restaurations récentes

 D’importants travaux sur la toiture et le drainage autour de la chapelle ont été réalisés au départ.

 « L’association de sauvegarde et de restauration, aidée de la municipalité, a recrépi les murs, refait à neuf la nef et posé de nouveaux vitraux. Le chœur de la chapelle ainsi que le portail d’entrée, l’autel et les éclairages ont également été repris en main. Prochaine étape : Le dallage en pierre qui se transformera en terre cuite*.

Pour financer ces travaux, des bougies sont à vendre à l’intérieur de la chapelle, un concert a été organisé ainsi qu’une vente de cartes du vieux Grièges » (Extrait de ‘’La restauration continue’’ Article de presse. 3 janvier 1999)

*Travaux réalisés depuis.

Dans la chapelle également, un panneau recense les objets qu’elle contient : «L’autel provient de l’ancienne église. En 1995, au cours de travaux de restauration, dans une niche sous la table d’autel, on découvre une petite boîte de plomb de 4 cm de côté, surmontée d’une croix, Elle contient les reliques de Saint Gengoult : quelques fragments d’os enveloppés dans une étoffe, ainsi qu’un parchemin retraçant l’histoire et le cheminement de ces reliques. La pierre d’autel, petit bloc de calcaire, contient en son centre un petit tube renfermant les reliques d’un saint. Durant la Révolution, … des prêtres insermentés se déplaçaient clandestinement de village en village se servant de ces pierres d’autel pour célébrer la messe. Celle-ci fut conservée depuis cette époque par une très ancienne famille de Grièges dont l’une de ses dernières descendantes en fit don récemment à la paroisse. Deux toiles peintes, collées sur les murs latéraux représentant l’une Saine Catherine, l’autre Saint Firmin proviennent de l’ancienne église. Une croix de pierre scellée contre le mur nord reste de l’ancien sanctuaire représentant la descente de croix. A droite du chœur, incrustée dans le mur, une piscine gothique permettait l’évacuation par le sol des eaux d’ablution lors des offices (XVe). Une statue de Saint Gengoult en costume de guerre date de 1898. Une autre, en bois sculpté, le représentant en livrée de baron a fait l’objet d’une inscription à l’inventaire des objets mobiliers. Classée par un arrêté du 5 juillet 1995, elle n’est plus exposée, par souci de sécurité, que le 11 mai pour la fête du saint.

Un bénitier placé à la petite porte d’entrée est gravé de ‘GON 1619’. Un second, vers la porte principale, ne comporte aucun détail. La Piéta fut installée lors de travaux de restauration en 1893. Retrouvé en 1994, le Christ, mutilé, a perdu ses bras. Cette œuvre du XVIe en bois polychrome, taillée d’une seule pièce est de très grande beauté. L’expression du visage, le drapé du pagne sont œuvre d’art. Elle a fait également l’objet d’une inscription à l’inventaire des objets mobiliers, classée elle aussi à la date du 5 juillet 1995. Un sarcophage de type bourguignon en calcaire tendre date du VIe. Il fut découvert en 1991, lors de travaux pratiqués près de la chapelle. D’autres restent encore enfouis sous les fondations du mur sud notamment. Ces sépultures prouvent qu’une communauté vivait ici près d’un édifice religieux antérieur à la chapelle ». Extraits du bulletin municipal de Grièges Décembre 1995 « La chapelle débarrassée des broussailles qui l’entouraient apparaît maintenant dans toute la blancheur de sa beauté retrouvée… La cloche a été déposée, nettoyée et son joug entièrement refait … Quant à l’intérieur … l’autel a été entièrement rénové. Faut-il rappeler que les travaux de rénovation effectués par les Compagnons du Devoir de Pont de Veyle ont permis de retrouver au cours du démontage de l’autel une niche dans laquelle se cachait un reliquaire de plomb entouré d’un vieux parchemin contenant une relique de Saint Gengoult. Après avoir établi un constat en règle, tous les objets ont retrouvé leur place première et firent l’objet de nombreux articles dans la presse locale. Après 10 ans d’effort, reste à réaliser la peinture de la nef et installer un vrai vitrail* *Ces 2 projets ont été réalisés avant 1999, dont en 1997 le remplacement des carreaux de verre des fenêtres à l’est du chœur par un vitrail de verre soufflé, réalisé par l’entreprise artisanale ‘L’art du vitrail’ de Châtillon sur Chalaronne.

 

Chaque année une crèche de Noël est installée et le 11 mai une messe est célébrée en l’honneur de Saint Gengoult.