Historique.
C’est à la fin du XIXe que la ligne de tramway entre Trévoux et Saint-Trivier-de-Courtes voit le jour.
Ce réseau, dit « d’intérêt local », est décidé lors de la cession d’août 1890 du Conseil Général.
L’enquête publique se fait en juillet 1892, puis le projet est lancé.
Après études, ce premier réseau départemental est constitué de 4 lignes, à voie métrique et traction à vapeur :
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Ligne de Trévoux à Saint-Trivier-de-Courtes.
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Ligne de Bourg-en-Bresse au Pont de Frans.
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Ligne d’Amberieu à Cerdon, par Ambronay.
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Ligne de Ruffieu à Virieu-le-Grand.
Les lignes de ce premier réseau sont concédées au département par décret du 25 juillet 1894 et rétrocédées à M. Joseph JEANCARD, suivant une convention datée du 26 février 1894.
La Société anonyme des Chemins de fer économiques du Sud - Est (ESE) est fondée le 18 novembre 1897 par Joseph Alphonse JEANCARD, né le 25 mai 1852 à Cannes (Alpes-Maritimes 06) et décédé le 28 janvier 1931 à Paris.
La compagnie ESE les exploite jusqu'à leur reprise, par la régie des Tramways de l'Ain à partir de 1920.
Concernant la ligne Trévoux – Saint-Trivier-de-Courtes, après quelques difficultés d’expropriations, mais surtout plusieurs crues de la Saône, le chantier prend du retard.
Les travaux débutent, finalement, en mars 1896, et sont dirigés par l’ingénieur des Mines, André Marie LECLÈRE, né à Paris en 1858, nommé ingénieur le 1er novembre 1883.
Deux entreprises sont sélectionnées : THURIEUX/FORET pour la section Trévoux – Saint-Laurent et MIALAND/FAYARD pour la section La Madeleine – Saint-Trivier-de-Courtes.
La voie métrique est une voie ferrée dont l’écartement des rails est de 1 000 mm. Elle est réputée être plus économique que la voie normale (1 435 mm), avec des travaux de construction et d'entretien réduits, car utilisant du matériel plus léger : elle occupe une emprise au sol moins importante, accepte des courbes plus serrées et nécessite des ouvrages d’art moins nombreux et/ou des tunnels avec un portail de dimensions réduites.
Longue de 81 km, cette liaison entre en service, dans le canton, le 15 février 1898.
Les gares de 1re classe font 8,60m x 5,10m et sont composées d’un rez-de-chaussée avec un bureau-cuisine et une salle d’attente. A l’étage, se trouve un logement dont les chambres ont des fenêtres seulement côté voie.
D’un côté de la gare, les cabinets d’aisances et, de l’autre côté, une halle pour les marchandises, en bois de 4m de long.
Les gares de 2eme classe sont des bâtiments de 6m x 3m à ossature en bois charpente, murs en briques, salle attente et petit bureau. La gare de Cormoranche est en deuxième classe, petit bâtiment sans logement.
La gare de Saint-Trivier-de-Courtes terminus possède une remise pour la locomotive.
Tout au long du trajet, ce sont 32 arrêts qui sont prévus. Plusieurs villages n’ont pas voulu que le train les traverse invoquant, comme à Genouilleux, que « cela ferait peur aux vaches ».
Les billets sont de 1re et 2eme classe. Le prix en 2eme classe est de 0,35 franc pour faire Trévoux/Jassans sachant que le salaire d’un ouvrier, à l’époque, est de 20 à 25 francs par semaine.
Un wagon est réservé aux ambulants postiers qui tamponnent les lettres suivant le trajet effectué : tampon Saint-Trivier/Trévoux ou Trévoux/Saint-Trivier. Ainsi, les receveurs de ce courrier savent de quelle direction vient leur lettre.
Parcours sur le territoire de la Veyle.
Après Garnerans, le tramway quitte la route, franchit l’Avanon par un pont métallique et s’éloigne à travers champs. Cette déviation dessert les gares de Cormoranche et de Grièges (construite en 1898), puis rejoint la route des Dîmes à la gare de Laiz.
Pour traverser Pont-de-Veyle, le tram passe par la porte de l’horloge, emprunte la grande rue où il n’est autorisé à rouler qu’à 6km/heure et arrive à la gare située au nord de la ville.
Puis, le tacot traverse la ligne P.L.M Macon-Bourg, dessert la halte de Crottet et prend la direction de la Madeleine et de Saint-Laurent.
Le trajet entre Trévoux et Pont-de-Veyle (46km) dure, environ, 3 heures.
Les voyageurs sont nombreux à prendre le tram. Par exemple, les étudiants de Cormoranche qui vont au lycée à Macon le prennent à la gare située « aux Gavillons » jusqu’à Saint-Laurent et montent, ensuite, au lycée à pied.
La gare de Cormoranche n’est qu’un petit bâtiment sans logement.
La receveuse, employée par la Compagnie des Chemins de Fer Economiques du Sud Est, tient « Le Café de la gare » avec son mari.
Au recensement de 1926, le café est tenu par « la débitante » Jeanne Marie FAVRE épouse CHAUVY, née en 1859 à Grièges. Son mari est Joseph CHAUVY, né en 1858 à Saint-Trivier-sur-Moignans.
Au recensement de 1931, la « cafetière » est la veuve Marie Eugénie FORAY, née CHAUVY en 1886 à Saint-Trivier-sur-Moignans. Dans la maison demeurent Joseph CHAUVY, son père, Jeanne Marie CHAUVY née FAVRE, sa mère et Augustine FORAY, née en 1913 à Saint-Laurent, sa fille.
Anecdotes.
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On raconte que parfois, lors des montées, le tramway a tant de peine qu’il faut que les voyageurs descendent pour le soulager, voir pour pousser.
Les gamins du village mettent des cailloux sur les rails et se cachent derrière les haies pour voir l’effet produit, espérant, peut-être, un déraillement qui n’a jamais eu lieu.
Pourtant un jour, mais pas à cause de pierres, la locomotive s’est couchée sur la voie et le sifflet s’est mis à hurler tant qu’il y a eu de la vapeur.
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La voie ferrée traversait la route à la Ronzière, sans passage à niveau, ni signalisation.
Un soir d’hiver, en rentrant du travail avec son vieux camion à bandages, surplus de la guerre de 1914, Nicolas MOREL père, né à Grièges en 1891, créateur de l’entreprise éponyme en 1923, percute le tram.
Un wagon s’est couché sur la voie, mais le camion n’a pas eu de mal !
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Chaque année, au mois de septembre, les pompiers font leur banquet. Ils partent pour la retraite aux flambeaux, précédés de la musique et accompagnés des enfants. C’est une colonne de lumière, plus ou moins zigzagante suivant l’état de participants, qui montent en direction du « Café de la gare ». Là, les verres se vident et les chants éclatent, sous les yeux des enfants qui regardent par les fenêtres.
Marchandises transportées.
Un important trafic de marchandises est possible par le réseau.
M. LACHARME, propriétaire des carrières à Pruzilly (Saône-et-Loire 71), fait construire un quai de chargement à la gare de Cormoranche. Des camions, avec de roues à bandage pleins, transportent les pierres, montent sur le quai et déchargent directement leur cargaison dans les wagons qui se trouvent en dessous.
M. Léon FOURNET, qui dirige une scierie et un commerce de bois à Jassans-Riottier, achète les peupliers aux alentours, les groupe à Cormoranche et les charge sur le tram.
M. Jean-Marie HYVERNAT, né à Cormoranche en 1879, habitant la Ronzière, puis les Greffets, produit des plans de vigne sur les coteaux de Noaillat et les expédient jusqu’aux USA.
Arrêt du tramway.
La concurrence de l’autobus et des camions ont raison du « Tacot ».
Le service « voyageurs » ferme le 15 mai 1935 et le service « marchandises » le 1er février 1936.
Le tram a fonctionné pendant 38 ans.
La gare, qui a, ensuite, été un lieu de rencontre des enfants, est détruite vers 1950.
Le café est devenu une habitation privée (maison BERNY, à l’angle de la rue du Tram).