• Nom Collecteur: J Collet.
  • Date Création: 02-12-2025
  • LATITUDE: 46.184322
  • LONGITUDE: 5.030005
  • Adresse ou lieu-dit: impasse de la mairie
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Eglise paroissiale
  • Commune concernée: CHANOZ-CHATENAY
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Patrimoine religieux et funéraire
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: XII e siècle.
  • Source document: J Collet, revue Dombes n 46.
  • Bibliographie: Barnay Sylvie, Les saints de notre enfance, France Loisirs 2006 Ducotet Juliette : L'église de Chanoz-Châtenay, Lyon, 1989 Dubois Eugène : Monographie (manuscrite) de Chanoz-Châtenay. Mairie de Chanoz : notices rédigées par Paul Cattin, extraites de son Dictionnaire des églises et chapelles de l'Ain, 3 tomes, 1995. Richesses touristiques et archéologiques du canton de Châtillon-sur-Chalaronne, 1991. Séguy Raymond, Monseigneur, Chemins de sainteté en terre bourguignonne, 2006/
2017 Jacques Collet / Eglise de Chanoz

Église Saint Martin : église rurale aux lignes pures, dotée d'une riche ornementation.

Vers l'an 1000, Chanoz était le chef-lieu de l'ager casnensis.

La paroisse de Chanoz (autrefois Chasne) était partagée entre les fiefs de Corrobert et de Châtenay.  En 1663, la terre de Corrobert passa à la baronnie de Châtenay. la paroisse s'appela alors Chanoz-Châtenay. Vous avez deviné que Chanoz vient du gaulois cassanus (chêne) et Châtenay du latin castanetum (lieu planté de châtaigniers).
Comme celle de Chaveyriat, l'église a été bâtie sur un bourrelet morainique, témoin de la dernière période glaciaire. L'église est placée sous le vocable de Saint Martin, comme bien d'autres de notre département.

Elle a gardé sa silhouette romane mieux que sa voisine de Chaveyriat. On note une ressemblance avec celle de Buellas.

Une première mention apparait dans un pouillé (inventaire de bénéfices ecclésiastiques) de Lyon, milieu XIIIe siècle, mais sa construction est antérieure.

Après celle de Chaveyriat en 1376, les églises de Chanoz et de Saint-André-sur-Vieux Jonc furent saccagées par les troupes du sire de Beaujeu, ÉDOUARD II, en 1378.

L'édifice a subi des transformations, au XVII e siècle et XIX e siècle notamment. Le clocher fut abattu  début 1794. L'appareil des murs extérieurs porte les traces bien visibles de ces modifications.  

La façade du porche d'entrée, la travée de choeur, la coupole sur trompes, l'abside, le chevet ont gardé leur caractère roman d'origine.

À l'origine, la nef était rectangulaire.Trois chapelles ont été ajoutées ensuite : deux côtés nord et une côté sud. Les baies romanes ont été murées et remplacées par d'autres aux XVIII e et XIX e siècles. 

L'édifice a subi des transformations, au XVII e siècle et XIX e siècle notamment. Le clocher fut abattu  début 1794. L'appareil des murs extérieurs porte les traces bien visibles de ces modifications.  

La façade du porche d'entrée, la travée de choeur, la coupole sur trompes, l'abside, le chevet ont gardé leur caractère roman d'origine.

La charpente, apparente en 1656, fut lambrissée en 1669.

En 1895, sous la conduite de Tony FERRET, on refit le plafond à neuf ; on plaça de nouveaux vitraux, on remplaça le carrelage de la nef par des dalles en béton. 

I. Entrons dans l'édifice par la petite porte sud.

Quatre tableaux (huile sur toile) de grandes dimensions (1,80 m x 1,30) ornent les murs de la nef.

Ces tableaux présentent des ressemblances ; peut-être sont-ils tous l'oeuvre du même peintre.

Côté sud, au-dessus de la porte, la Sainte Famille. Sainte Élisabeth de Palestine, agenouillée, avec un turban, tient son enfant, le futur saint Jean Baptiste. La vierge Marie porte l'enfant Jésus. Le peintre a cherché à rendre la complicité entre les enfants et les mères. Les tons rouge et bleu des vêtements se répondent. Joseph assiste à la scène, debout derrière Élisabeth. En bas du tableau apparait le nom du peintre : Antonio SOTTI, et la date : 1832.

- Plus loin sur le mur sud, le même artiste a peint un autre épisode de la vie du Christ : son baptême. Jésus, au centre, a les pieds dans le Jourdain ; Jean Baptiste, vêtu de rouge, muni d'un phylactère, verse de l'eau sur la tête du Christ avec une coquille. Deux anges présentent les vêtements du Christ. La colombe du Saint Esprit descend des nuées.

Sur le mur côté Nord un autre tableau, peut-être de A.SOTTI également, représente la crucifixion  On y retrouve les mêmes couleurs avec Marie, vêtue de bleu, à droite de la croix et saint Jean Baptiste de profil, en rouge. Tous deux ont les yeux levés vers le Christ.

 Deux lignes obliques structurent la composition du dernier tableau. Il s'agit de la Vierge intercédant pour les âmes du Purgatoire. En bas, exposés au feu purificateur, les pénitents espèrent le salut. Une femme, les bras tendus, implore la Vierge Marie. Et celle-ci, par sa gestuelle, désigne les âmes du purgatoire et interpelle le Christ, qui, sorti des nuées, entouré de têtes d'anges ailés, se penche sur la scène.

Revenons vers l'entrée pour regarder la chaire à prêcher du XIX e siècle, adossée au mur sud avec un abat-voix pentagonal ; comme les autels de l'église, elle est en bois mais peint en imitation du marbre.

A gauche de la chaire : Saint Antoine, statue du XVII e siècle, en pierre calcaire, restaurée en novembre 2011. Antoine, vêtu d'une robe monastique, présente le livre sacré ; il s'appuie sur son bâton avec un embout en tau tronqué. Un petit porc l'accompagne. Cette statue, restaurée par Fanny GRUÉ en 2011, était dans la sacristie ; on la ressortait le 17 janvier pour la protection des cochons. À l'origine, saint Antoine n'a rien à voir avec cet animal ! (1).

Au fond de l'église, à l'ouest, une tribune en bois, aménagée en 1875, est éclairée par deux oeils-de-boeuf en brique.

- Deux autels avec retable sont adossés aux piliers de l'arc triomphal. Tous deux ont été restaurés en 2001 par Paul VIDGRAIN et Bertrand LOTTEAU. À droite la statue (XVIII e siècle) du patron de l'église, saint Martin en bois de tilleul, doré. À gauche, l'autel avec une Vierge à l'enfant, également en tilleul doré. Mais la palme que tient la Vierge n'a pas lieu d'être !

 L'autel de célébration en chêne, marque l'entrée dans le choeur de l'édifice. Ce bel autel, de forme galbée, était autrefois dans la chapelle sud. Peint couleur faux marbre bleu en vert, il a été restauré en 1999 par P. VIDGRAIN et Pierre NILLON.

Les chapelles.

En 1656, lors de la visite pastorale deux chapelles existaient dans la travée du choeur : la chapelle saint Christophe au nord et la chapelle Notre Dame, saint Antoine et saint Éloi à droite, côté sud ou Épitre.

-Une autre chapelle côté nord, ajoutée peu avant 1670, construite en briques, s'ouvre par un arc légèrement brisé. Elle fut fondée par Claude GARRON, baron de Châtenay, seigneur de Corrobert. qui la dédia à saint François de Sales. On a y installé les fonts baptismaux (2), en pierre de Drom ; les parois de la cuve octogonale sont ornées du trilobe.

- La chapelle du transept nord dite de saint Christophe voûtée en berceau, s'est aussi appelée chapelle de Corrobert ou de la Piquière. Vers 1675, elle passa aux GARRON de la BÉVIÈRE.

Cette chapelle contient le cénotaphe en pierre du coeur de Jean GARRON, seigneur de Corrobert et baron de Châtenay. Il porte l'inscription en latin "Ici repose le coeur du noble et puissant Jean GARRON...Il attend, mais au ciel, une autre vie, exempte de tout malheur. 1680" . Ce cénotaphe a été classé monument historique en 1925.

Sur le mur, on découvre les restes d'une litre funéraire avec les armoiries des GARRON de Châtenay :  deux oiseaux dressés et une couronne perlée de comte.

Un tableau (1,10 x 0, 90 m) du XVIII e ou XIX e siècle représente saint Christophe, en géant vêtu de rouge, qui porte l'enfant Jésus sur ses épaules. Il s'appuie sur un bâton, terminé par un feuillage (4).

Un autre tableau attire notre attention : le Christ aux liens, XVII e siècle, restauré de 2010 à 2012 par Charline VENDITELLI de l'école Condé. Le Christ est représenté sur un fond sombre, recouvert d'un manteau rouge, mais torse nu, les mains liées par une cordelette. Couronné d'épines, il lève les yeux au ciel, plein de détresse.

La chapelle sud, voûtée en berceau, sous le vocable de Notre Dame, saint Antoine et saint Éloi, est mentionnée en 1559. Un pilier d'angle est orné d'une statue de sainte Philomène (5) avec la palme et les attributs de son martyre. Dans la chapelle même, on découvre un tableau intitulé Tête du Christ (16e ou 17e siècle), sans doute une copie de l'Ecce homo de Pierre MIGNARD (musée des Augustins de Toulouse). Cette oeuvre fut restaurée de 2016 à 2018 par Johanne JUSSELME, de l'école Condé, Paris. N'oublions pas un autre autel et un beau tabernacle, daté de 1829, en bois doré, restauré en 2004 par B.LOTTEAU.

Nous entrons dans l'abside, semi circulaire percée de trois fenêtres ; celle du sud a été détruite pour placer la porte de la sacristie au 17e siècle.

Les peintures du cul-de-four du 16e siècle ont été mises à jour et restaurées en 1996 et 1997 (partie basse) par Christine GUILLOUD  et Françoise LEHRMANN. Il s'agit de peinture à la détrempe, avec du jaune d'oeuf comme liant. On découvre une partie du tétramorphe   le lion et Matthieu à droite, l'aigle de Saint Jean et le taureau de Saint Luc à gauche. On imagine le Christ en majesté dans sa mandorle.

II.Extérieur .

1.Le porche, vraisemblablement de la fin du XV e siècle, avec piliers en bois, a été restauré au XIX e siècle : le linteau a été brisé et le tympan a dû être remanié. Autres exemples de porche (ou galonnière) dans notre territoire  : Chaveyriat (1472-1474), Perrex, Saint Genis-sur-Menthon (et autrefois : Saint Jean-sur-Veyle).

2) Le clocher, abattu début 1794, sur ordre d'ALBITTE (6) fut reconstruit par Claude Marie REYDELLET, charpentier de Mézériat en 1831. Sa base octogonale, haute de 7 m, est en briques ; la flèche mesure 10 m. En 1895, Tony FERRET fit remplacer les tuiles par des ardoises.

3) ll y avait un crépi sur les murs, dégagé en 1874, qui fit apparaître l'appareil de construction en briques et galets. On a pu ainsi découvrir d'anciennes baies romanes et côté nord, une ouverture et les anciens joints. Sur ce côté nord les deux chapelles se détachent, notamment celle en briques.

La façade sud a été fortement modifiée. Dans son mémoire, Juliette DUCOTET a reconstitué les différentes phases de remaniements par une "lecture" attentive de ce patchwork de briques et de galets

****** Notes

(1) ANTOINE  le Grand aurait vécu en Égypte, de 250 à 360 environ. Fervent de l'Évangile, il donna ses biens aux pauvres et partit dans le désert pour y vivre en ermite et dut subir les tentations du diable. Il s'aventura jusqu'en Thébaïde. On peut le considérer l'initiateur du monachisme.

Ses reliques auraient été ramenées par un seigneur du Dauphiné au XI e siècle et déposées à Saint Antoine l'Abbaye en Isère. À partir du XVI e siècle, on l'invoqua contre la "maladie du feu" ou "feu de saint Antoine", provoquée par l'ergot du seigle, qui pouvait engendrer la gangrène. Le fils de ce seigneur dauphinois, atteint de ce mal, fut sauvé grâce à l'intercession de saint Antoine et à l'application d'un onguent à base de graisse de porc. Le pouvoir guérisseur du saint s'étendit aux porcs. Antoine est souvent représenté s'appuyant sur un bâton terminé par un embout en tau, lettre de l'alphabet grec en forme de T.

La saint Antoine était fêtée avec ferveur à Chanoz et à Saint-André-sur-Vieux Jonc le 17 janvier, jusque dans les années 1960.

(2) Ces fonts baptismaux avaient disparu de l'église sans doute au moment de la Révolution ; le couvercle en a été enlevé. La cuve baptismale aurait été utilisée au presbytère comme abreuvoir. Plus tard, ces fonts baptismaux furent réhabilités et installés sous le porche avant d'être placés dans la chapelle nord-ouest. Mais leur vraie place est à l'entrée de l'église, côté Évangile (au nord). Rappelons que nos fonts baptismaux gothiques sont les héritiers des baptistères paléochrétiens, comme ceux de Poitiers, Aix-en-Provence, Fréjus...

3) J.GARRON  acquit en avril 1649 la seigneurie de Châtenay. De confession calviniste, il fut ramené au catholicisme par VINCENT  de PAUL . En 1678, Jean GARRON  devint 3e président du Parlement de Dombes.

4) Autre représentation de saint Christophe : peinture murale dans l'église de Saint-Jean-sur-Veyle.  Saint Christophe orne la façade d'une maison à Saint Sorlin-en Bugey. Il suffisait de la voir une fois pour être garanti de tout malheur dans la journée !

Dans la Légende dorée, le géant doit aider un enfant à traverser un fleuve, il y parvient non sans peine. Cet enfant n'est autre que le Christ."...Christophe ayant planté son bâton le retrouva dès le matin suivant transformé en un beau palmier plein de feuilles et de dattes" (Jacques de Voragine, La Légende dorée, Seuil, 1998 p. 363). Saint Christophe est, entre autres, le protecteur des porteurs, des voyageurs.

5) En 1802, on donna le nom de Sainte Philomène à une martyre, dont on venait de découvrir les ossements présumés dans la catacombe de Priscille. Pendant les persécutions de DIOCLÉTIEN, elle aurait été jetée dans le Tibre avec une ancre. Le curé d'Ars lui attribuait des guérisons miraculeuses.

6) Antoine Louis ALBITTE, conventionnel envoyé dans l'Ain par le comité de Salut public, signa l'arrêté du 26 janvier 1794 (7 pluviose, an II), qui ordonnait la démolition des clochers et la livraison des cloches."Le tigre de l'Ain" ne laissa pas un bon souvenir à Chanoz et ailleurs.

 

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