École-mairie : une construction menée rapidement à bien (1862-1866).
À la lecture des comptes-rendus des délibérations du conseil, on constate que l’instruction de la jeunesse a été un souci constant pour la municipalité, qui en a reconnu les bienfaits. Ainsi, la construction d’un bâtiment de mairie-école a été entreprise dès 1862 et achevée en 1865. C’est l’école d’aujourd’hui. La municipalité n’a jamais rechigné à prendre en charge les traitements des maitres et maitresses avant les lois Ferry, saluées par le conseil.
1.En 1833, Chanoz avait un instituteur dûment breveté : Joseph DESPRAS. Comme il donnait toute satisfaction, le conseil lui alloua un traitement officiel. En 1838, il était encore en poste, puis M.ROCHE arriva en 1843. Marie GUILLET était institutrice des filles en 1845. En octobre 1857, Claude MOREL est nommé à Chanoz. Sa conjointe s'occupe des filles. Le conseil lui octroie 80 fr. car "elle s'acquitte consciencieusement de sa tâche" et demande sa nomination comme institutrice communale. En 1864-1865, des cours d'adultes gratuits sont mis en place.
Nous ne savons pas où se trouvait le local qui servait d’école, de mairie et de logement à l’instituteur. La commune subvenait au traitement de l‘instituteur (700 fr.) et au loyer du local (200 fr) par an. Ce modèle fonctionna jusqu’aux lois J FERRY (1882-1886).
2. Une réunion décisive du conseil se tint le 8 mai 1862, avec les plus gros contribuables. Le maire Pierre DUROUX constate que la commune paie depuis 10 ans un loyer de 150 fr pour le logement de l’instituteur et la mairie. Or, ce logement est pour le moins défectueux. Les salles de classes sont basses, mal éclairées et trop petites. Une somme de 6000 fr est votée pour la construction d’une maison d’école et mairie, ainsi qu’une imposition extraordinaire.
Le 10 août 1862, le conseil vote l’acquisition deux parcelles destinées à la construction. L’une appartient à Louis CONTOZ (Chaveyriat) avec un petit bâtiment, une cour, un jardin (superficie : 6,70 ares). Et l’autre, de 6,61 ares, appartient à Louis TRAMBLAY (Condeissiat). En tout : 13, 20 ares pour 1050 fr. La commune en aura la jouissance au 11 novembre1862. Le projet de maison communale (école-mairie) est discuté au conseil en novembre 1862. Les plans et devis de André DELLA JOIGNA (Saint Laurent-les Mâcon) sont présentés. Le bâtiment comporte au rez-de-chaussée deux salles de classes à l'étage le logement de fonction de l’instituteur ainsi que la salle du conseil. Coût 8807, 73 fr
Fin décembre 1862, une réunion examine le financement du projet de maison d'école-mairie : achat du terrain 1050 fr. ; construction : 8600fr. soit au total 9650 fr. Un emprunt de 5000 fr. est souscrit auprès de la Caisse des dépôts et consignations.
-Le 5 janvier1863, a lieu l’enquête commodo in commodo sur le terrain prévu pour la construction. Isidor PÉRUSSET, maire de Neuville-les-Dames, commissaire enquêteur n’a recueilli aucune remarque.
La commune, avec alors 754 habitants, obtient une aide de 3000 fr. de l’État.
7 mai1863. La commune supportera le droit de puisage au puits dans la cour mais profitera du droit de cuisage au four du terrain Louis CONTOZ.
21mai1863. La vente des parcelles est actée par devant Joseph Merle, notaire à Neuville-les Dames. Sont concernées : Claudine CONTOZ, mariée en secondes noces avec Joseph DUCROZET (Condeissiat) ; Marie CONTOZ, femme de Louis TRAMBLAY (Condeissiat)
25 septembre1863.Le montant de la dépense est estimé à 11062 fr. L’emprunt de 5000 fr est autorisé. En novembre, l’entreprise BERTHELON (St Etienne sur-Chalaronne) a obtenu l’adjudication. Les travaux devraient s’achever fin août 1864. Antoine PACARD a fourni pour 300 m³ de terre pour le pisé.
Au conseil du 13 novembre 1864, le maire a proposé de faire clore la cour de la maison d'école et le jardin de l'instituteur et d'y planter quelques arbres à fruits. Le 9 février 1865, on constate que dépenses pour le bâtiment d'école et la mairie dépassent de 1128, 30 les frais prévus (8190 fr.). Il faut demander un nouveau secours à l'Etat
La réception définitive eut lieu en janvier 1866.
3.Mais le nombre d’élèves allait en augmentant avec la population de la commune : plus de 80 garçons début 1876 pour 865 habitants ! Le conseil vota 200 fr pour le traitement d’un maitre-adjoint, poste devenu nécessaire. On se rendit compte en 1878 que la salle de classe des filles était trop petite : une annexe côté ouest fut construite. En 1879, il fallut réparer la toiture du bâtiment après le passage d’un ouragan le 20 février. Une nouvelle salle de classe pour garçons fut bâtie, ainsi qu’un préau. Le bâtiment ancien fut restauré. Dépense : 11551 fr. (architecte : M. ROCHET). Il y avait 4 salles de classe et deux logements d’instituteurs.
Le bâtiment fut encore agrandi en 1890-1892 pour 7800 fr.. Des réparations importantes furent nécessaires de 1928 à 1932 en deux tranches. On construisit une cantine. Il fallut à nouveau le concours de l’architecte Abel ROCHET.
Dans les 4 classes du rez-de-chaussée et dans les logements de l’étage, les travaux de charpente, maçonnerie, plâtrerie, peinture furent effectués par Victor GEOFFRAY (Neuville-les Dames). Le devis se montait à 94 000 fr. (65 000 €).
Autres travaux en 1932 : PUGEAT (Mézériat) : menuiserie, serrures, PERRON (Bourg) : zinguerie : GEOFFRAY (maçonnerie), pour 70 298 fr (56 000 €).
Le maître d'école a exercé longtemps les fonctions de secrétaire de mairie.
4.L’école porte désormais le nom de Henry RIGOULOT, instituteur adjoint en 1912, mobilisé le 3 août 1914 au 133e RI, grièvement blessé en 1916, décédé le 20 octobre 1918 de la grippe espagnole. Une plaque a été apposée sur le bâtiment principal, lors d’une cérémonie en présence de ses descendants en 2024.
Les classes maternelles et élémentaires fonctionnent en regroupement pédagogique inter-communal avec la commune de Chaveyriat. Elles sont installées dans un bâtiment moderne accueillant 4 classes et construit à l’emplacement des jardins alloués à l’origine aux instituteurs. Dans le cadre d’une opération globale liée à la transition écologique, la cour de l’école sera agrandie et désimperméabilisée.
La mairie a emménagé dans l’ancien presbytère.