Domaine des Brahélis
Le nom "Brahélis" provient d'une famille présente dans la région sous l'Ancien Régime : on trouvait des Brahelis (ou Brayelis, Braelis, Brabelis suivant l'orthographe des actes paroissiaux) aux 16ème et 17ème siècle à Biziat, Vonnas, Saint André d'Huiriat et Versailleux. L'Abbé Bourdon, dans sa "Monographie de la paroisse de Biziat" parue en 1905, fait état d'une maison construite au hameau Chanal, par le notaire Jacques Brahélis. Ce dernier a exercé son activité notariale entre 1582 et 1628 à Biziat et on peut penser qu’il fit construire cette maison pendant cette période. Les minutes notariales de Jacques Brahélis sont consultables aux Archives départementales de l'Ain.
Domaine des Brahélis
Le domaine des Brahélis est constitué d’un ensemble de bâtiments, formant un quadrilatère ouvert avec une cour centrale :
1) La Maison des Brahélis elle-même, occupe le côté situé à l’Est
2) Au Nord, un bâtiment à pans de bois, l’étable, détruit récemment
3) A l’ouest une grange à usage agricole, également à pans de bois et transformée il y a quelques années en maison d’habitation
4) Au Sud, un autre bâtiment à pans de bois, le « tonnelier », qui comme son nom l’indique abritait un pressoir, car en effet, jusqu’à la fin du XXe siècle, on faisait beaucoup de vin à Biziat. On trouvait notamment un vin blanc tiré d’un cépage unique, « le noah », qui a été interdit en 1935 pour des raisons sanitaires (on l’accusait de rendre « fou et aveugle »).
5) A l’extérieur du quadrilatère, on trouvait un four à pain, détruit au XXe siècle et une soue à cochons.
1) La Maison des Brahélis
La Maison des Brahélis se distingue de l’habitat rural classique de la Bresse par l’étage dont elle est munie. Il s’agit d’une maison dite « haute et basse » par opposition aux fermes bressanes classiques de plain-pied. Ce type de maison permettait sans doute à son propriétaire de montrer son aisance et sa position sociale. On pense qu’en ce qui concerne le notaire Jacques Brahélis, celui-ci résidait en permanence dans sa maison, contrairement à d’autres sites, comme la ferme des Planons, où le propriétaire ne résidait que de manière occasionnelle.
La Maison des Brahélis occupe donc une position privilégiée dans le quadrilatère constituant le domaine : orientée nord-sud, elle est protégée du vent du nord par l’étable, aujourd’hui disparue. Elle n’est pas mitoyenne des autres bâtiments. La fonction « habitation » a été séparée des autres fonctions liées aux activités agricoles, ce qui témoigne de la recherche d’un certain confort de la part de son premier propriétaire.
Le domaine agricole du domaine des Brahélis reste en activité jusqu’en 1965.
Comme on l’a vu, la particularité de la Maison des Brahélis, est d’avoir un étage, desservi par une galerie ouverte. Cette galerie n’a pas pour but d’augmenter l’espace habitable : elle permet de circuler autour de la maison lorsque les conditions climatiques sont défavorables. La technique utilisée est celle de l’encorbellement : les abouts des solives sont prolongés et reposent sur une sablière elle-même supportée par des poteaux. Les poteaux de l’étage, par l’intermédiaire d’une panne, supportent les chevrons. On remarque que les contrefiches, placées de part et d’autre des poteaux de l’étage, sont sculptées, les motifs alternent à chaque fois : tête de diamant, arrondi, double arrondi...
A une époque indéterminée, les façades Ouest et Est de la maison ont été partiellement revêtues d’un parement de briques destiné à protéger l’architecture à pans de bois primitive en très mauvais état
Au nord et à l’est du bâtiment, l’êtres a été fermé, sans doute au 19eme siècle (car on trouve dans cette partie deux techniques : colombage/torchis d’une part et pisé d’autre part). Un escalier a été intégré dans cette partie, mais ce n’est pas son emplacement d’origine. La partie sud de la Maison est un rajout du XIXe siècle en pisé. Le toit à trois versants est à faible pente, comme c’est l’usage en Bresse « savoyarde ». Il est revêtu de tuiles « canal » posées sur un voligeage.
On peut également rapprocher le style de la construction de celui d’autres bâtiments construits dans la proche région et qui reprennent les principaux éléments des Brahélis et supposer que tous ont été construits à la même époque : par exemple, la ferme de l’île à Vonnas, la ferme de Vaux à saint Julien sur Veyle, mais aussi et toutefois plus loin, la ferme de la forêt à Courtes construite en 1585.
2) Bâtiment à colombage : le tonnelier
C’est un bâtiment à colombage, muni d’un toit à deux pans, orienté est-ouest. L’espace entre les pans de bois est comblé par un hourdis de briques et carrons dans sa partie basse et par un torchis armé de branche d’aulne (la « verne » en patois local) dans sa partie haute. On ne sait pas si la présence des briques est consécutive à une réparation ou bien si ce matériau a été utilisé dès la construction du bâtiment.
La construction de ce bâtiment remonte peut-être au début du XIXe ou plus vraisemblablement au XVIIIe siècle, si l’on se réfère à l’ouvrage de Jacques Fréal « habitat et vie paysanne en Bresse » paru en 1979. Dans cet ouvrage, Jacques Fréal a pu déterminer l’âge des constructions bressannes en fonction du type de colombage utilisé. Par ailleurs, cet édifice apparait sur le plan cadastral dit « napoléonien » de 1811.
C’est un ancien bâtiment agricole, rattaché au domaine des « Brahélis », utilisé jusque dans la première moitié du XXe siècle comme « tonnelier », c’est-à-dire un bâtiment recevant le matériel et l’outillage destiné à la viticulture : pressoir, tonneaux, fûts, etc…