• Nom Collecteur: Denis STEFAN et Jacques BOISSET
  • Date Création: 27-02-2026
  • Commune concernée: PONT-DE-VEYLE
  • Catégorie principale: Présentation de la commune
  • Bibliographie: DUBOIS (Eugène) - Notice historique sur la ville de Pont-de-Veyle, bourg, imp. courrier, 1901, 347 p. DELAIGUE (abbé) - Fortifications de Pont-de-Veyle du XIIIe au XVIIIe siècle, dans la revue littéraire, historique et archéologique de l'Ain, 1880.

Située sur la rive gauche de la Saône, Pont-de-Veyle est une adorable petite commune de l'Ain, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui se déploie à environ trente kilomètres de Bourg en Bresse. Elle se trouve dans le canton de Vonnas, qui rassemble 18 communes au total. C'est en 1790, durant la Révolution française, que les cantons ont été établis. Pont de Veyle est localisé à environ soixante kilomètres de l'ensemble urbain lyonnais et de ses divers lieux d'intérêt touristique. Il s'agit de l'une des plus petites municipalités du département en termes de superficie. On appelle souvent Pont de Veyle la « Petite Venise Bressane » en raison de ses nombreux cours d'eau. Pont-de-Veyle, très animé, attire particulièrement par son patrimoine et son architecture médiévale séduisante.

Les archives de Pont de Veyle et de son hôpital, qui remontent jusqu'en 1275, sont les plus exhaustives du département de l'Ain. Elles offrent une excellente perspective sur l'histoire de la ville depuis cette période.

Les origines et appellations anciennes de Pont de Veyle :

  • Occupé dès l'époque celte par les Euduens, le territoire de Pont-de-Veyle est ensuite envahi par les Romains à l'Antiquité.
  • Vidula (gaulois) Rivière qui coule sous les arbres.
  • Voie naviguable Lugdunum – Lutèce.
  • In villa Vallis au 5e siécle
  • Pont de Vela en 1136
  • Pont de Veila en 1227
  • Apud Ponten Vela en 1230
  • Pontis Vele refait surface en 1350 et 1370, dans le grand cartulaire d'Ainay
  • Pontisvele en 1443, dans les archives de l'Ain
  • Pontde Vaille en 1572
  • Pont de Vayle en 1573
  • Au 17e siècle, les archives utilisent de nombreux noms, dont Pondeveilla en 1615, Pont de Vesle en 1650, le Pont de Vele en 1665 et Pont de Veylle en 1683. En 1757, on retrouve le nom de Pont de Veyle, celui utilisé actuellement.

La commune telle que nous la connaissons, émerge quant à elle au Moyen Âge. Elle passe alors sous le contrôle des seigneurs de Vesle puis des comtes de Savoie, qui lui imposent alors la construction de fortifications pour assurer la défense de ses frontières. Suite au traité de Lyon en 1601, elle est devenue française et a connu une grande turbulence pendant les guerres de religion, devenant un important centre du protestantisme en France.

843 traité de Verdun: Charlemagne, sacré Empereur d'Occident par le pape en 814, et est le premier à unifier l'Europe. Son fils, Louis 1er le Pieux lui succède, qui n'a pas les talents ni l'autorité de son père mais qui su conserver intact son héritage. À son décès, il laisse derrière lui trois fils : Louis, Charles et Lothaire, qui chacun prétend à sa succession. Après une déchirure de trois ans, ils optent pour la paix en 843: c'est ainsi qu'est conclu le traité de Verdun, dont les discussions initiales se tiendront à Saint Romain des Iles, près de Thoissey.

Les trois petits-fils de Charlemagne, se diviseront les territoires connus sous le nom d'Empire carolingien en trois royaumes distincts.

  • Charles le Chauve aura la FRANCIE
  • Lothaire, la LOTHARINGIE
  • Louis le Germanique, la GERMANIE

Pendant le siècle qui suivra, les descendants de Louis le Germanique absorberont la LOTHARINGIE, de ce fait fera donc partie de la Germanie.

Entre 1074 et 1120 : Dans le Cartulaire de Saint Vincent de Mâcon, on trouve mention des seigneurs locaux, tels qu'Eustache et Ogier de Veyle vers 1074-1096, puis Humfroy et Bernard de Veyle vers 1096-1120.

1182 : Le fief passe sous la protection des très puissants voisins les Sires de Bâgé (Vassal)

1272 : Sybille de Bâgé se marie avec Amédée V de Savoie (Suzerain), par conséquent, le département de l'Ain sera sous domination savoyarde.

1275 : La charte de franchise accordée aux Pont de Veylois les dispense de la taille et du service personnel. Les serfs sont affranchis.

1352 : Le comte Amédée V de Savoie instaura un impôt sur les ventes de vin pour financer l'édification des fortifications. En effet, la ville servait de bastion savoyard avancé face à Mâcon, une cité du royaume français, destinée à se défendre contre les seigneurs belliqueux de Beaujeu dont l'influence s'étendait en Dombes jusqu'aux rives de l'Avanon (passage à Bey).

1561 : Le Duc de Savoie a établi Pont de Veyle en tant que comté, 40 ans tout juste avant de le céder lors du traité de Lyon en 1601.

1601 : D'après le traité de Lyon, établi durant le règne de Henri IV, l'Ain est donc cédé au Royaume de France.

Le 17 janvier 1601, à Lyon, a été signé le traité de Lyon qui a mis un terme à la guerre franco-savoyarde (1600-1601). Ce traité de paix a été conclu entre Henri IV, roi de France, et Charles-Emmanuel Ier, duc de Savoie. 

1615 : Le comté de Pont de Veyle a été attribué par voie judiciaire à François de Bonne, duc de Lesdiguières, un homme militaire et protestant.

Depuis le milieu du seizième siècle, Pont de Veyle occupe une place significative dans l'histoire du protestantisme. Emmanuel Philibert de Savoie propose un abri ici aux protestants français cherchant à fuir la persécution intense en France, en particulier à Mâcon.

1685 : Suite à la révocation de l'Édit de Nantes, un exode massif des protestants a eu lieu depuis Pont de Veyle vers la Suisse, l'Allemagne et d'autres pays du Nord comme la Hollande. Plus de 300 individus, comprenant des bourgeois, des nobles, des paysans et des artisans, partent de Pont de Veyle. L'exode massif des protestants cause la régression économique de Pont de Veyle. Parce qu'ils possèdent la plupart des boutiques, des ateliers de tissage et de tannerie. La moitié de la population environ quitte les lieux: on compte 21 maisons désertées et plusieurs logements vides dans d'autres.

Les catholiques se sont adressés au roi pour exprimer leur mécontentement face à l'augmentation de la charge fiscale qu'ils devaient désormais supporter, auparavant à la charge des protestants.

Révolution Française: Pendant la Révolution, Pont de Veyle est devenu le chef-lieu d'un canton associé au district de Châtillon et a subi une transformation au cours du 19e siècle : alignement de la Grande Rue, aîtres substitués par des trottoirs, nouveau pont, puits équipés de pompes, édification de lavoirs, relocalisation du cimetière…Cependant, à cause de son déclin industriel, la ville commence une longue période de repli malgré l'établissement d'une biscuiterie et d'une usine de boutons au début du siècle. Ces dernières disparaissent durant la Seconde Guerre mondiale.

1906: L'activité de Pont de Veyle se concentre exclusivement sur le commerce, l'artisanat et les services.

On recense alors 15 épiciers, 3 plâtriers, 2 cordiers, 3 ferblantiers, 4 vanniers, 4 lingères, 1 forgeron, 13 aubergiste, 2 loueurs de voitures, 7 blanchisseuses, 3 maîtres d'hôtel, 1 banquier, 5 boulangers, 18 couturières, une marchande de volailles, 4 menuisiers, 1 mécanicien, 1 artiste peintre, 4 sabotiers, 5 tailleurs, 2 cafetiers, 1 pharmacien, 3 cordonniers, 5 coiffeurs, 3 serruriers, 1 négocient, 1 receveur-buraliste, 1 charcutier, 2 charpentiers, 2 coquetiers, 2 scieurs de long, 6 maçons, une rempailleuse, 1 bourrelier, 4 repasseuse, 1 badigeonneur, 2 merciers, 1 rémouleur, 1 modiste, 1 distilleur, 1 fabricant de balais, 2 marchands forains, 2 maréchaux-ferrants, 1 carrossier, 2 bouchers, 2 quincailliers, 2 horlogers, 1 chapelier, 1 tourneur, 1 potier, 1 marchand de vin, 1 tailleur de pierre, 1 débitant, 1 tanneur, 2 voituriers, 1 charron et un chiffonnier. Cette activité marchande doit en particulier sa prospérité à l'importance des foires et marchés. Chaque semaine, le lundi et le vendredi, la population des campagnes environnantes fréquente le marché de Pont de Veyle. Les foires ont lieu sept fois dans l'année.

En tant que chef-lieu de canton, Pont de Veyle reste un pôle tertiaire significatif pour les résidents du canton, réunissant administrations et professions libérales. En 1906, Pont de Veyle abrite un percepteur, deux notaires, un bureau de poste, deux médecins, un huissier, deux vétérinaires, ainsi qu’un receveur de l'enregistrement et une gendarmerie.

 

Gravure de Pont de Veyle en 1660