• Nom Collecteur: JCollet
  • Date Création: 13-04-2026
  • LATITUDE: 46.201673
  • LONGITUDE: 4.954758
  • Adresse ou lieu-dit: 480, rue du village
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Non concerné
  • Commune concernée: SAINT-JULIEN-SUR-VEYLE
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Patrimoine civil (ou public)
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: 1875
  • Source document: Registres de délibérations du conseil municipal. Bulletin municipaux, articles de Michel Contet, maire, n⁰ 9 (juin 1992), n⁰ 10 (octobre 1992), n⁰ 11 (février 1993). Archives départementales 2O 9, 2O 16.
école du haut (ex école de garçons), mairie. Façade est , 14 mai 2025, Jacques Collet

 

École de garçons actuelle et mairie de l'époque.

1.Les premiers instituteurs.

-Après la Révolution de 1789, il est question de communes au lieu de paroisses. En 1790, un conseil général de la commune vient de se constituer, prélude au conseil municipal. Le directoire du district de Châtillon a demandé quelles améliorations étaient souhaitées. 

"L’établissement d’une école publique pour l’éducation de la jeunesse a paru très nécessaire" est un vœu de la commune de St Julien (séance du 24 juin 1790). Sa concrétisation se fera attendre logtemps.

-On relève la première référence à un instituteur à Saint Julien dans la délibération du Conseil municipal du 25 août 1833, où il est fait référence à "la loi du 28 juin dernier concernant l’enseignement primaire ". Il s’agit de la loi GUIZOT :  les communes doivent pourvoir les instituteurs agrées par les Universités d’un logement suffisant et d’un traitement.

 Il y a bien un instituteur de la commune, Claude PIN, breveté par l’Académie. Or, il possède déjà un emploi de…marguillier de la paroisse. Il n’est donc pas le plus mal loti, selon le conseil, qui rechigne à l’indemniser. "Le sieur Claude PIN parait propice fonctions dont il s’agit". Il est chargé d’instruire gratuitement les 12 enfants indigents.

En 1834, 18 élèves dits "indigents " sont accueillis gratuitement à l’école. La commune prend en charge leur contribution soit 1f par mois. Au total, 45 élèves étaient susceptibles d’être accueillis par le maitre ! Mais dans quel local ? Sans doute dans le logement du maitre lui-même. Claude PIN ne semble pas avoir exercé au-delà de 1836 dans la commune.

Le 15 avril 1841, le conseil s’alarme de la vétusté du logement de l’instituteur et décide l’achat d’un terrain et la construction d’une école.

L’intention est louable, mais la commune a d’autres priorités comme l’entretien des chemins, le curage des biefs, le pont de Laty, l’agrandissement du cimetière ou la reconstruction du clocher.

En 1845. La commune est "privée…d'un instituteur, par manque de logement". Elle pourrait pourvoir en 1846 à l'acquisition ou construction d'une maison d'école au moyen d'une imposition extraordinaire qui ne pourrait prendre cours qu'en 1848 (séance du 8 mars 1845)

-Lors du conseil du 8 novembre 1846. Jean RONJON, natif de Biziat, s’est présenté "dans l’intention de tenir une école primaire élémentaire au hameau des Prots "( ?), maison appartenant à M.COCOGNE, père. M. le maire explique que la commune n’a plus d’instituteur depuis 10 ans ; pas d’acquisition ou de construction prévue avant 1849. On attribue à M RONJON une aide de 50 fr. pour son logement. M RONJON est encore en poste en 1848.

 Le 10 octobre 1848, Jean Frédéric Ferdinand JACQUAND, auparavant à Montcet, est nommé instituteur. Il aura 12 enfants "indigents" à instruire gratuitement.

Le 7 janvier 1851, M.JACQUAND fait part de quelques dépenses (60 fr.) pour la salle de classe : un poële, une table, un Christ (!).

En septembre 1852, M JACQUAND est toujours en poste dans la commune. Il perçoit les rétributions des élèves (1,5 fr. ou 2fr.) mensuellement, soit un total de de 356, 40 fr. La commune lui verse 200fr. Le gouvernement impose un minimum de 600 fr. Il reste donc 43,60 fr à lui verser.

En 1856, François DOUVRES est instituteur.

2.La recherche d’un local adapté pour l’école de garçons et la mairie.
-En février 1848, le maire Benoit PACOUD a trouvé un local pour l’école et la mairie ; il a passé une convention de vente avec M.Pierre Benoit METRAD, au sud de la terre dite "Buatière ", 6,60 ares.  Une imposition extraordinaire de 6000 fr est votée. Le bâtiment devait avoir 5 pièces au rez-de chaussée, deux appartements (dont un pour la mairie) à l’étage, une écurie, un grange une cave, un jardin. Cette parcelle était contigüe avec la propriété des sœurs de St Joseph.

Seulement, le 4 février 1849, le conseil se rend compte que le terrain METRAD prévu pour l’école est trop près de la communauté des sœurs de St Joseph. Il y aurait "communication des deux sexes pendant la récréation" (!) La commune devra se démettre du terrain acquis à M.METRAD.

-Un bâtiment pour l’école et la mairie appartenant à François VILLIER est proposé dans la foulée.

Le 11 juin 1852 est signé le contrat de vente avec François VILLIER, géomètre à Saint Jean-sur-Veyle pour achat d’une maison* pour logement de l’instituteur et salle de mairie. C’est encore une solution de fortune. Les années passent. * en face de l’actuelle école du haut.

Le 23 mai 1870, M.le Maire donne lecture d’une lettre de M.le Préfet relative au mauvais état de la maison d’école et du logement de l’instituteur. Le conseil le reconnait. Mais il ne partage pas l’avis de l’Inspecteur d’Académie, qui a constaté que la salle de classe est trop étroite, qu’il y manque d’air. "À Saint Julien, la santé des enfants est aussi bonne qu’ailleurs…Le bâtiment tout entier, salle de classe, logement de l’instituteur, mairie n’est plus dans les goûts du jour". Le conseil considère que les ressources ne permettent pas la démolition et la reconstruction d’une maison d’école. Le conseil est à l’expiration de son mandat et ne veut pas s’engager. Il propose d’effectuer les réparations les plus urgentes au bâtiment existant.

Le 15 septembre 1870, le maire Jean VILLIER répond plutôt sèchement à un rappel de M.le sous-Préfet du 12 septembre 1870 : "Il me semble qu’il y ait bien autre chose à faire en ce moment de malaise que s’occuper de reconstruction ou réparation de maison d’école… " Il fait allusion à la guerre franco-prussienne.

Cette saillie du maire mécontente l’administration académique qui répond le 21 septembre 1870 :  "le local actuel devrait être interdit et dans le cas où l’on ne trouverait pas d’école provisoire, l’instituteur serait transféré à un autre poste ". La menace a le don de stimuler la municipalité.

3. Les années décisives : 1873-1875.

En août 1873, le conseil reconnait que "La situation de la maison d’école et de la mairie est dans un état de vétusté, qui ne permet plus de réparations convenables…Il y a urgence dans l’intérêt de tous à pourvoir à l’érection d’un bâtiment plus convenable et plus sain".

Il est envisagé d’aliéner la maison commune actuelle pour 4500 fr. et d’acquérir un terrain pour une nouvelle construction. Une parcelle appartenant à Mme BLONDEL ferait l’affaire (19,77 ares).

 Il s’agit de l’emplacement de l’école actuelle (école du haut). L’école de filles (école du bas) sera construite en face, plus tard (1882-1890)

Les plan et devis ont été présentés le 1er décembre 1873 par M. CARRET architecte à Trévoux et approuvés le 26 décembre. La dépense se monte à 13 000 fr. Il faut ajouter le devis pour l'acquisition et les frais d'actes : 2500 fr et pour la clôture : 2800 fr. Montant total prévu : 18 300 fr.

La commune espère obtenir 5500 fr de l'État et vendre l’ancien bâtiment. Elle décide de contracter un emprunt de 6000 f, remboursable en 9 annuités, à partir de 1875 et vote une imposition extraordinaire de 20 centimes pendant 8 ans.

En juillet 1875, l’entrepreneur, M.DROIN de Saint Martin-de-Senozan, a bien avancé dans les travaux. Les angles ont été renforcés en briques à la place du pisé.

En novembre 1876, le décompte général des travaux, école et mairie s’élève à 12 084 fr.

4.Les lois FERRY pour une école gratuite, obligatoire et laïque ont été votées (1882-1886)

Selon la loi du 28 mars 1882, une commission scolaire est créée, chargée de surveiller et encourager la fréquentation des écoles.

Une caisse des écoles est créée. Le conseil vote 250 fr pour l'alimenter.

Le 7 novembre 1898, le conseil demande la création d’un poste d’instituteur adjoint.  L’effectif est de 70 élèves, la salle est exigüe (56 m²). Le bâtiment de "construction récente (1875) peut se prêter à une transformation relativement peu coûteuse."

13-6-1907. L’architecte M COPPÉ de Bourg, présente le projet d’agrandissement de la 2e salle. Son devis atteint 8390 fr. (70 % à la charge de l’Etat, 30% pour la commune).

Un emprunt est souscrit auprès du Crédit foncier de France.

15-5-1909. Le puits mitoyen* (école de garçons et maison des frères VILLIER) est en très mauvais état. Le puits de l’école de filles servira temporairement pour l’école de garçons.

30-11-1943 : création d'une cantine au sud, suite à l'ouverture d'une troisième classe au 1-10-1943, dans les locaux de la cantine situés au nord (70 480 fr).

*Ce puits est toujours visible dans la propriété actuelle des frères Meure. L'eau courante de l'adduction arrivera le 1er octobre 1960.

5.Les travaux récents.

8-2-1974 : construction d'une cuisine (32 216 fr) et aménagement de la cantine. La charpente nécessite révision, des tuiles sont poreuses, ce qui occasionne des infiltrations, les enduits de façade se dégradent ; les chenaux sont percés, portes, fenêtres et volets sont en mauvais état.

Enfin, une importante réfection est décidée le 3 mars 1992. Les travaux se feront en deux tranches de 1992 à 1993.

Par les entreprises GUILLEMAUD-MICHAUD : charpente, couverture, enduit des façades ; M.TROGNOT : zinguerie ; P. MONNIER : peinture façade, boiseries et bandeaux ; JP. MEURE : portes, fenêtres, volets. Montant des travaux : 410 033 fr.

Coût réel pour la commune : 287 081 fr ; aide départementale : 58 626 fr. Récupération de la TVA : 64 326 fr ).

Actuellement, on parle toujours de l’école du haut et de l’école du bas, ancienne école de filles.

La mairie a quitté l’école du haut en 1982.