• Nom Collecteur: Sandrine GAULTHIER & Geneviève COTTIN
  • Date Création: 08-04-2026
  • LATITUDE: 46.307022
  • LONGITUDE: 4.840513
  • Adresse ou lieu-dit: 210 Place de l'Eglise 01750 Saint-Laurent-sur-Saône
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Eglise paroissiale
  • Commune concernée: SAINT-LAURENT-SUR-SAONE
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Patrimoine religieux et funéraire
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: 07/08/1853
  • Source document: Archives communales

Histoire :

L’église doit son origine à une abbaye, l’abbaye de « Saint-Laurent oultre le pont « qui prend historiquement naissance au VIème siècle.

« Saint-Laurent oultre le pont » avait pour patron le diacre LAURENT, martyrisé à Rome en 248.

Après le IXème siècle, il n’est plus question de l’abbaye, mais seulement de sa chapelle romane devenue église paroissiale, qui mesurait 72 pieds de long et 39 de large, petite église à la taille de la paroisse qui comptait seulement vingt feux en 1540.

Cette chapelle fut pendant un certain temps desservie par un religieux de l’abbaye de Cluny, puis eut enfin son propre curé nommé par l’évêque de Mâcon. Le premier dont nous trouvons la trace est l’abbé LAROCHE en 1383. 

En 1542, une ordonnance déclara que le curé de Saint-Laurent-sur-Saône serait un des sept cathédrants de l’évêque de Mâcon et que la paroisse ferait partie du diocèse de Mâcon. D’ailleurs, le 18 mars 1613, Monseigneur DINET, évêque de Mâcon, y fit une visite épiscopale.

Ce n’est qu’à partir de 1822 que la paroisse fit partie du diocèse de Belley.

Durant la période révolutionnaire, l’édifice eut à subir de nombreuses dépradations, notamment en 1793 la destruction du clocher. Le culte fut supprimé et l’église devenant bien national fut transformée en salle communale et ensuite en entrepôt à grains.

Au sortir de la Révolution, elle se trouvait en assez mauvais état, état aggravé par un important incendie le 19 mars 1804.

Le délabrement s’accentuant et devenant dangereux, ajouté au fait qu’elle était devenue trop petite pour une population qui atteignait alors mille deux-cents personnes, le conseil municipal décida la construction d’une nouvelle église.

Les plans de l’architecte DUPASQUIER furent adoptés le 12 septembre 1852.

La première pierre fut posée le 7 août 1853. Pour permettre la continuation du culte, on empiétait petit à petit sur l’ancienne église et la construction traîna en longueur. En 1855 eut lieu l’inauguration de la chapelle de droite, dite de Saint Joseph, mais ce n’est qu’en 1868 que le gros œuvre fut terminé.

On y ajouta en 1875 la flèche du clocher, en 1890 les tambours et les trois portes d’entrée et en 1893 la sacristie.

L’église actuelle occupe presque en totalité l’emplacement de l’ancienne église avec une légère modification dans l’orientation.

L’église de Saint-Laurent est bâtie sur le tombeau même d’une grande et populaire sainte, admirable pécheresse comme la biblique Marie-Madeleine, de MAGDALA et qu’on nommait la Belle-Dumont.

Ce vocable significatif a servi à dénommer l’une des plus anciennes et principales rues de Saint-Laurent, où cette Madeleine bressane habita longtemps et revint mourir en odeur de sainteté.

 

Description :

C’est une église néo-gothique d’une soixantaine de mètres de longueur et d’une largeur de vingt-deux mètres. Le clocher carré surmonté d’une flèche est bâti au-dessus de la façade.

Le plan rectangulaire offre un triple vaisseau aux voutes nervurées. La nef centrale, voûtée d’arêtes et séparée des bas-côtés par deux rangées de piliers, compte huit travées et se termine par un chœur en hémicycle. Deux chapelles occupent l’extrémité des nefs latérales : celle de la Sainte Vierge à gauche, celle de Saint Joseph à droite.

L’église de Saint-Laurent-sur-Saône retient l’attention par la richesse de son décor sculpté, œuvre du curé RICHTER. Desservant de la paroisse de 1839 à 1889, il fut un maître dans l’art de la sculpture et de la taille de pierre. Sont sortis de son atelier, le maître-autel et les autels des chapelles latérales, les fonts baptismaux, la chaire et la table de communion, le tout ciselé en marbre blanc.

Mobilier :

Maître-autel : son devant juxtapose dans des arcatures au décor ogival très élaboré sept statuettes d’une finesse d’exécution remarquable.

Ce sont de gauche à droite : Saint Pierre, Saint Matthieu, Saint Marc, le Christ, Saint Luc, Saint Jean et Saint Paul. Au-dessus du tabernacle, la sculpture d’un pélican dont le foie est mangé par ses petits (évocation de l’eucharistie) a été endommagée il y a quelques années suite à un acte de vandalisme. Un baldaquin à pinacles qui surmontait le tabernacle a été déposé derrière l’orgue qu’il dissimulait à la vue des fidèles.

L’autel porte à l’arrière une inscription en latin qui peut se traduire ainsi :

« Cet autel, RICHTER, abbé, depuis 1839 guide de cette paroisse, l’a pendant dix ans sculpté lui-même et érigé en l’année jubilaire universelle 1875 ».

Autel de la Chapelle de la Vierge : Il fut acquis aux ateliers RICHTER en 1875. Sur le panneau central de son devant, un bas-relief figure la présentation de Jésus au Temple. On peur reconnaître de gauche à droite Saint Joseph, la Vierge, l’enfant Jésus, Simeon (personnage couché) et un autre personnage sans auréole qui pourrait être Anne.

De part et d’autre de cette scène centrale des niches abritent, à gauche Sainte Apolline, et à droite Sainte Catherine. En retrait, deux statuettes d’ange complètent la décoration.

Autel de la chapelle de Saint Joseph : il date de 1867. Son décor est le pendant du précédent. Un bas-relief occupe la partie centrale du devant. La scène représentée est la mort de Saint Joseph. On reconnaît la Vierge et Jésus au chevet d’un personnage étendu. Ce panneau central est encadré de deux statuettes : Sainte Philomène à gauche et Saint Nicolas à droite. Ce fut le premier autel de la nouvelle église.

Baptistère : il provient aussi des ateliers RICHTER et date du 1875. Situé contre le mur du bas-côté gauche, il se caractérise par le décor gothique de sa cuve sur pied surmontée d’un retable ouvragé au centre duquel une petite porte de bois peint représente le baptême de Jésus.

Chaire : de marbre blanc, fine et élégante, elle date de 1883. Elle est ornée de cinq statuettes qui représentent de gauche à doigter : Saint-Jean, le Christ tenant l’Evangile, Saint-Matthieu, Saint-Marc et Saint-Luc. Les évangélistes sont représentés avec leur attribut. Elle est surmontée d’un abat-voix aux pinacles très ouvragés.

« Noé et le déluge » : toile ayant probablement appartenu à la Confrérie de l’Arche de Noé fondée dans la paroisse en 1675.

« Saint Nicolas » : cette toile, vraisemblablement du XVIIème siècle, rappelle la vocation nautique du village et l’existence d’une Confrérie vouée à ce Saint qui était le patron des bateliers.

« Saint Laurent » : ce tableau, exécuté en Suisse au XVIII siècle et acheté par l’abbé Chabat, représente le Saint devant le préfet de Rome.

« Assomption » : œuvre d’un artiste lyonnais, Chevalier-Lombard, qui la peignit en 1752. Le cadre d’une certaine valeur a été mutilé à sa base.

Autre toile du XVIIème représentant une scène de martyre non identifiée.

Trois autres tableaux ont été placés dans la chapelle de la Vierge : le plus ancien est une Cène du XVIIème ou XVIIIème siècle ; les deux autres du XIXème siècle, figurent les personnages latéraux du devant d’autel : Sainte Apolline et Sainte Catherine.

Bois peint du XVIème siècle (2m x 0,55 m). Classé par les Monuments Historiques (A.M. du 5-10-1920). Il représente Saint Jean l’évangéliste, Saint Pierre, Saint Philippe et Saint Bonaventure aux côtés d’un dignitaire ecclésiastique mitré.

Christ en bois : il proviendrait de l’église antérieure.

Vierge en bois recouvert de plâtre polychromé et doré. Acquise en 1845, elle se trouve dans la chapelle de la Vierge.

Une petite Piéta (Hauteur 36 cm), en bois polychrome, qui viendrait de l’ancienne église est conservée à la sacristie, de même qu’une statuette de la Vierge en bois doré.

Saint Nicolas : statue en bois peint. À ses pieds, les enfants ont malheureusement disparu de saloir.

Chemin de croix : terre cuite blanche, datant de 1873.

Stalles : très ouvragées, elles ont été dessinées par M. Authelin, architecte à Mâcon, et exécutées en 1890.

Orgues : achetées en 1856 par l’abbé RICHTER aux ateliers Claude Ignace CALLINET DE ROUFFACH (Alsace), elles ont été classées monument historique pour leur partie sonore (A.M. du 27-3-1973).

Il convient encore de signaler, conservés à la sacristie, une belle croix processionnaire, quatre reliquaires dorés au fer ainsi qu’un chasublier ancien en mauvais état.

Cloches : l’une d’elles, portant l’inscription : « Bénite en 1606 » provient de l’ancienne église et fut sauvée des destructions ordonnées à la période révolutionnaire. Les trois autres sont sorties des Est Goussel-François de Metz en 1868.