Historique :
« La paroisse de Grièges a l’honneur d’avoir sa première et principale église dédiée à Saint Martin. Aurait-elle été évangélisée par ce grand apôtre des Gaules ? C’est très probable, mais nous ne pouvons apporter, comme document à l’appui de cette opinion, qu’une ancienne tradition et de sérieuses conjectures. Deux fois Saint Martin traversa notre pays. En l’an 355, puis un peu plus tard, lorsqu’il fut devenu archevêque de Tours. Évidemment, l’église est postérieure à Saint Martin, mais elle est son œuvre. »
La première église daterait du IVe ou Ve, mais rien n’a été conservé à ce sujet. Alors que les plans et dessins de l’église du XIIe, construite à l'emplacement de la précédente sur la partie sud de Grièges (actuellement Vieux Bourg) existent.
« En 1853, Mgr Chalandon faisait sa visite pastorale à Grièges. Sa parole éloquente avait fait impression et au milieu de l’enthousiasme général, l’évêque exprima son étonnement qu’une si belle paroisse eût une église si insuffisante et si mal placée. Les nombreuses discussions et votes n’ont pas permis d’accord. Il fallut encore attendre la visite pastorale du nouvel évêque Mgr de Langalerie le 28 novembre 1857. Celui-ci apporta les arguments similaires à son prédécesseur. Le 8 janvier 1860, le vœu exprimé par le conseil de fabrique au sujet du transfert de l’église est agréé par le conseil municipal. Tous rivalisent d’émulation afin d’obtenir les fonds nécessaires : dons, emprunt, souscription, vente du vieux presbytère ... »
Destinée à remplacer l’église du Vieux Bourg jugée trop petite, elle fut construite, en partie, avec les matériaux provenant de l’ancien édifice. Pendant les travaux, démolition de l’ancienne église et construction de la nouvelle, les offices du dimanche sont célébrés sous l’entrée et dans la cour des bâtiments mairie-école (bâtiment Brenon et Thévenard).
La nouvelle église fut consacrée par Mgr Pierre-Henri de Langalerie, évêque de Belley, le 18 mars 1862. « Quand les grandes cérémonies eurent été accomplies avec un ordre parfait, l’évêque monta en chaire pour faire part de sa reconnaissance envers Dieu, sa satisfaction et ses félicitations envers les habitants de Grièges. Les assistants portaient avec bonheur leurs regards de la chaire à l’autel, des colonnes à la voûte, ne se lassaient pas d’admirer l’harmonie des proportions, la justesse et le fini de l’ensemble, l’élévation des voûtes, la beauté des ornements qui, répandus avec discrétion, donnent à ce monument un aspect doux, gracieux et sévère. La lumière y vient d’en haut, comme un sourire du ciel ; le chœur et les chapelles imposent le recueillement et favorisent la prière. »
Les articles entre guillemets sont des articles repris dans le livre de l’abbé F Sornay.
Selon l’architecte de l’époque, la surface totale intérieure est de 425 m². Le chœur, les stalles, la chaire et l’autel représentaient une surface de 50 m², il restait donc pour le public 375 m² prévu pour 940 personnes. L’intérieur de l'église est structurée d'une nef de 20 m de longueur et de 7,08 m de largeur et de deux collatéraux de 3,56 m chacun.
Architecture :
De style néogothique sur un plan en croix latine, son originalité est qu’elle n’est pas orientée (pas tournée vers l'Orient).
Le clocher portique (au-dessus du porche d’entrée) est surmonté de l’horloge puis au-dessus, de deux ouvertures sur chacune des quatre façades. Ces ouvertures au 3ème étage, en arc brisé, sont munies d’abat-sons pour mieux entendre le chant des cloches.
Le clocher est dominé par une flèche octogonale couverte d’ardoises avec une lucarne centrale dans la façade avant et une plus petite sur la partie basse de la façade arrière.
Au sommet, la flèche soutient la croix qui elle-même supporte le coq.
Le toit est recouvert de tuiles plates. Les premières tuiles avaient été récupérées sur l’ancienne église qui possédait également des tuiles vernissées. Il avait été prévu par l'architecte de les réutiliser pour couvrir les collatéraux.
Toutes les ouvertures sont construites en arc brisé, ce qui donne cette impression de hauteur et d’élancement.
L'ensemble repose sur douze piliers surmontés chacun d'un chapiteau sculpté. Dix vitraux permettent d'éclairer harmonieusement l'intérieur.
Une souscription pour les vitraux et un emprunt pour la chaire avaient été souscrits par le conseil de fabrique.
Deux chapelles, à proximité du chœur, viennent compléter l'ensemble :
La première, située à droite, est dédiée à Marie, avec son magnifique vitrail la représentant. Dans cette chapelle, la statue de la Sainte Vierge est accompagnée de la statue du Saint Curé d'Ars et de la statue de Jeanne d’Arc. Son retable date de l'origine de la construction de l'église.
La seconde, située à gauche est dédiée à Saint-Martin. Un splendide vitrail représente Saint Joseph.
C'est l'abbé Boisson qui, en 1873, a fait ériger à la chapelle de Saint-Martin un retable semblable à celui de la Sainte Vierge. Ceci avec le concours de la maison de Faty et de la confrérie du Rosaire.
Ce même abbé avait, en 1866 fait installer une horloge dans le clocher, aidé financièrement par M. Jean Mingret du Carron.
Mobilier :
Le maître-autel et les fonts baptismaux :
Extrait du registre des délibérations du conseil de fabrique de la séance du 1er juillet 1888 : « Le maître-autel, ayant été établi sur des assises non fondées, ne pourrait être rétabli d’une manière solide qu’après avoir été démoli et entièrement reconstruit. Qu’en outre, le ciborium ou exposition est en mauvais état et qu’il y aurait lieu pour la décence du culte de pourvoir à son remplacement.
D’autre part, il convient de considérer que ni l’autel ni l’exposition ne sont dans le style de l’église et que les dépenses faites pour les réparer n’auraient d’autre but que d’établir d’une manière définitive des constructions très défectueuses. La même remarque peut s’effectuer à plus forte raison aux fonts baptismaux dont la forme et le style sont loin d’être appropriés à la nouvelle église où ils ont été transportés comme l’autel. »
La dépense totale pour ces deux constructions serait de 3.500 frs. Le conseil vote un montant de 1.000 frs. Monsieur le Curé prévoir une souscription pour les 2500 frs restants. Le prix de la vente des deux anciennes constructions sera ajouté à la souscription.
Les principaux donateurs étant Mmes Vve Bourdon et Vve Brondel de Faty.
« M. l’abbé Antoinat Joseph (1886-1889) fait exécuter, sur un devis de 3.500 francs, un magnifique plan d’autel. Le 3 février 1889, il célébrera la sainte messe sur ce nouvel autel. Ce maître-autel, complété plus tard par deux anges adorateurs est un monument digne d’attention et une des meilleures œuvres de M. Nogennet. »
L’article précédent entre guillemets est un article repris dans le livre de l’abbé F Sornay.
Extrait du courrier de la Commission d’art sacré du 17 novembre 1969, appelée pour le réaménagement du sanctuaire :
Propositions qui ont semblé recueillir le consentement des paroissiens présents :
« Il convient de déplacer l’ancien autel, de le déposer dans un endroit convenable, en rangeant très soigneusement tous les éléments numérotés et classés, de façon à pouvoir le remonter par la suite, si besoin est (main d’œuvre bénévole). Il faudrait en même temps démonter le podium existant et en garder les plaques. Ensuite, on pourrait continuer l’expérimentation avec l’autel provisoire qui a grande allure, en le situant convenablement mais sans podium, au niveau du sanctuaire, déjà très haut par rapport à la nef.
Les deux tables de communion en bois seront très facilement démontées étant amovibles.
Le Saint-Sacrement trouvera une place très bonne dans un tabernacle facile à faire dans l’autel de la chapelle de droite. »
C’est ainsi, qu’après Vatican II, l’église a perdu deux éléments patrimoniaux intéressants : le maître-autel en marbre et la chaire en bois ouvragé fixée à une colonne de la nef.
Pour anecdote : A l'époque, l'abbé Ferrier, qui était le curé de la paroisse (de 1958 à 1971), avait demandé à un paroissien de casser le maître-autel à coup de masse. Celui-ci n'a pas été d'accord en particulier par respect pour les donateurs, d'autant plus, qu'à priori il pensait que ceux ci faisaient partie de ses ancêtres.
Ce maître-autel a été remonté après modification en lieu et place en 2025.
Les fonts baptismaux, ont été érigés le 20 décembre 1888. Ce sont les mêmes donateurs qui ont contribué aux frais.
Vitraux :
L’ensemble des vitraux a été fourni en 1861 par le prêtre Pron, prêtre retiré à Pont d’Ain.
Le vitrail placé derrière l’autel représentait Jésus-Christ montrant son cœur. Il faisait l’admiration de tous les visiteurs.
Étant en très mauvais état, il a été remplacé à la fin des années 1980.
Dans la chapelle de la Sainte Vierge a été placé le vitrail de l’Immaculée Conception et dans la chapelle Saint Martin, le vitrail de Saint Joseph.
Dans la chapelle baptismale, un superbe vitrail représentant le baptême du Seigneur vient éclairer cet ensemble.
Le vitrail trilobé, situé au-dessus du porche d’entrée a été restauré en 2018.
Un dernier et splendide vitrail, non visible à l’intérieur de l’église, est situé au fond de l’église, dans le local chaufferie. Ce vitrail représente Sainte Bernadette avec la Vierge Marie en médaillon en haut du vitrail.
Les 10 vitraux des nefs sont beaucoup moins riches, beaucoup moins colorés mais ils ont le mérite de proposer un parfait éclairage de l’ensemble.
Statues :
C'est en 1880, lors d'une mission donnée par l'abbé Boisson, que furent bénies les quatre statues qui ornent l’église : La Sainte Vierge, Saint Martin, le Sacré Cœur et Saint Joseph. Celles-ci sont toujours présentes actuellement, d'autres sont venues s'ajouter :
La statue de Notre Dame de Lourdes est située près de la chapelle de Saint Martin.
Dans cette même chapelle, nous retrouvons également les statues de Sainte-Thérèse et celle de Saint-Pierre Chanel.
La statue de Jeanne d’Arc et du Saint Curé d’Ars sont installées dans la chapelle de la Vierge.
La statue de Notre Dame de la Salette placée au fond de l’église.
Cloches :
Les deux cloches portent les inscriptions suivantes :
La petite :
L’AN MIL HUIT CENT VINGT DEUX CETTE CLOCHE A ETE BENITE PAR M. BUGNOT JOSEPH PHILIPPE CURE DE PONT DE VEYLE. JOACHIM MICHEL CURE DE GRIEGES ET DAME MARIE JOURDAN EPOUSE DE Meur SOUZY ONT DONNE LE NOM.
Meur JOSEPH GATHERON, MARIE GERMAINE SOUZY, CLAUDE ANTOINE DHERE CHEVALIER DE LA LEGION D’HONNEUR, LAMBERT NOTAIRE, ETIENNE BERNARD, LOUIS MAGNON, CLAUDE DRUGUET, JEAN BAPTISTE DUFOUR, BENOIT VERCHER, JOSEPH GUDIN, JEAN BOURDON, TOUS MEMBRES DE LA FABRIQUE.
La grosse :
BENITE PAR MONSEIGNEUR ALEXANDRE RAYMOND DEVIE EVEQUE DE BELLEY. MARRAINE : Mme ROSALIE DOUCET.
PARRAIN : Meur J.H. DUFOUR CURE DE DOMMARTIN.
MAIRE DE GRIEGES : Mr. PIERRE MEUNIER.
ADJOINT : M. JEAN MAGNON.
CURE : M. JOSEPH MERMOT.
Cette cloche a été installée en 1841, dans l’ancienne église, sous l’oeuvre de l’abbé Mermod (1839-1847).
Bannières :
Deux bannières sont placées dans le chœur :
Une bannière blanche revendiquée par la Confrérie du Rosaire.
La seconde, dédiée à Saint-Martin a été offerte lors du Jubilé de 1926.
Tableaux :
À l’origine de l’église, deux tableaux ornaient l’ensemble :
- Un tableau représentant Notre-Dame des Douleurs a été obtenu de l’empereur par M. le député de l’époque, M. Bodin en 1861. Ce tableau représentait Jésus-Christ au tombeau, Marie, deux saintes femmes, Marie-Magdelaine, Saint-Jean l’évangéliste environnant le corps du divin sauveur.
Les frais d’encadrement, d’emballage etc se montaient à 193 Frs.
- Un tableau de Notre-Dame de Perpétuel Secours, mis en place à l’inauguration.
Ces deux tableaux ne sont plus à l’église actuellement.
Aujourd’hui, une impression d’un tableau est entreposée dans les fonds baptismaux. Elle représente le Curé d’Ars et la Sainte Vierge.
Stalles :
Elles sont réparties dans le chœur : 21 sont disposées au fond du chœur et 5 de chaque côté du chœur.
Le Sr Bonnat de Grièges les a faites confectionner à ses frais en 1881.
Extérieur de l’église :
A l’extérieur, un mur de clôture fut édifié en 1868 en bordure de la route, avec 3 portes pour fermer la place, afin d’empêcher les animaux d’y paître. La suppression de ce même mur de clôture sera décidée par arrêté du 09 avril 1911 pour créer une place pouvant servir au public, avec un droit de paiement de place. Le 18 mai 1920 il est décidé que, sur cette place, le Monument aux Morts serait érigé.
Rénovations :
Divers travaux ont été réalisés au cours des dernières années :
1988 : restauration de la façade de l’église.
1989 : réfection du clocher et de la toiture.
2007 : restauration de la toiture.
2012 : rénovation intérieure et réalisation du sas de l’entrée principale. La suppression du plafond de l'entrée a permis de mettre en exergue le magnifique vitrail trilobé situé au-dessus de la porte principale.
2018 : création du sas d’entrée latérale et réfection de certains vitraux.