Carrons ou quarrons : apparus au XIIe ou XIIIe siècle entre Saône et Ain, dans le territoire de la Bresse et d’une partie de la Dombes qui faisait autrefois partie des États de Savoie incluant aussi le Piémont, le « carron », appelé aussi « carron savoyard » ou « carron piémontais » mesure de 25 à 32 cm de long, de 12 à 14cm de large et de 7 à 12 cm d’épaisseur.
Ce sont des briques épaisses et massives qui résistent aux chocs et au gel. Il n’est pas nécessaire de l’enduire.
Rapides et aisées à mettre en œuvre, elles peuvent être maniées d’une seule main.
Fabrication des carrons :
A Arciat, l’exploitant prend la terre, vers les barrages, « aux snass ».
Puis les mottes d’argile sont écrasées à l’aide d’animaux (un cheval à Arciat, bœufs ailleurs).
La matière produite est placée dans des moules, séchés au soleil pendant plusieurs mois, puis cuits dans un four bien fermé, dont on monte de plus en plus la température pendant huit jours.
Le charbon, livré en péniche via le chenal sous « le pont de la Goutte », sert à alimenter le four de la tuilerie.
Les tuileries et briqueteries, appelées carronnières, sont, donc, situées près des lieux d’extraction de la terre.
La spécificité de ces bâtiments est liée au processus de fabrication : aire de battage de la terre, hall bien ventilée pour le séchage et four pour la cuisson.
Leur activité se développe avec l’amélioration du niveau de confort des habitations : pavement des sols jusque là en terre battue, substitution du torchis par un remplissage en carrons, ....
Car, en l’absence de pierres, ce matériau est utilisé tant en pavement que dans l’élévation de murs ou leurs renforcements.
A Arciat, le patron, Claude JOLY, l’arrière grand-père de Rolland PROLONGE, né en 1848 à Saint-Laurent-en-Brionnais (Saône-et-Loire 71) emploie un ouvrier Lucien PLATTARD, né en 1876 à Messimy.
Puis sa fille, Antonine PLATTARD, née JOLY en 1883, la grand mère de Rolland PROLONGE ira livrer, avec cheval et tombereau, les matériaux à Mâcon jusqu’à son accident, causé par une roue de charrette.
Sa petite fille, Germaine PLATTARD, née en 1909 à Arciat, est la mère de Rolland.
L’activité des tuileries – carronnières, dont l’essor se situe au début du XIXe siècle, décline dans la première moitié du XXe siècle devant la concurrence des usines de tuiles mécaniques.
La tuilerie d’Arciat cesse son activité à la guerre de 1914.