Le patois bressan, langue locale ou ensemble de patois appartenant au domaine du francoprovençal, est la langue locale de la Bresse.
Au début du XIXe siècle, cette langue est essentiellement parlée dans les campagnes de la région.
Patois mélangeant le celte, l'italien et surtout le latin, il comporte des variations dans les différents lieux de la région, voire au niveau cantonal.
Bien que le bressan soit la langue qui s'est maintenue le plus longtemps dans l'aire francoprovencale, elle n'est plus la langue vernaculaire des communes de Bresse au profit du français.
A noter qu’à partir de 1969, le terme francoprovençal s'écrit en un seul mot, sans tiret.
En effet, dans le cadre du Colloque de Dialectologie francoprovençale organisé par le Glossaire des Patois de la Suisse Romande, à Neuchâtel en septembre 1969, les linguistes établissent ainsi la règle, afin d’éviter toute confusion et soulignent qu’il s’agit d’un ensemble linguistique unitaire et non d’un mélange de français et de provençal, comme cela apparaît parfois.
Le terme francoprovençal désigne un ensemble de caractéristiques faisant des parlers de cette aire géographique un groupe à part, ayant connu une évolution plus poussée par rapport à la langue d'oc (correspondant à la moitié sud de la France, à l'exception du pays basque et de la région d'expression catalane), plus conservatrice, refusant un certain nombre d'innovations typiques des dialectes de la langue d'oïl (partie nord de la France à l'exception des régions d'expression bretonne et germanique), présentant de nombreux traits linguistiques étrangers à la fois au français et au provençal, qui caractérisent ce groupe de parlers et qui permettent de lui assigner une place distincte dans la famille des langues romanes.
L’une des caractéristiques du francoprovencal est son morcèlement et le grand nombre de variétés phoniques et lexicales puisque cette langue n’a pas connu de forme standardisée comme le Breton ou le Basque.
L’aire linguistique du francoprovencal est composée des Alpes, du Sud-Jura et du nord-est du Massif-central.
Elle se répartit sur trois États : la France, la Suisse et l’Italie et correspond approximativement au Comté historique de Savoie et à son successeur, le Duché de Savoie :
· En France : l’Ain, le Rhône et la Métropole de Lyon, la Loire, une grande partie du département de l’Isère, la Savoie et la Haute-Savoie et, enfin, le Sud de la Franche-Comté.
· En Italie : la Vallée d’Aoste, les vallées arpitanes du Piémont et les îlots linguistiques de Celle di San Vito et de Faeto dans les Pouilles.
· En Suisse : la Suisse Romande, à l'exception des parties nord et ouest du Jura.
Aujourd'hui, là où il est pratiqué, le francoprovençal est essentiellement une langue orale, se caractérisant par une variation importante au niveau géographique et par l'absence d'un standard, bien qu’une littérature existe depuis le XIIIème siècle.
D'autre part, avec la démocratisation de la culture et de la vie publique, le partage entre les rôles de l'oral et de l'écrit a subi de fortes transformations et l'usage du francoprovençal peut conquérir de nouveaux domaines.
De nos jours, la préservation du patois bressan se fait grâce aux associations patrimoniales comme le groupe « Les Sabots de Cruzilles » et à des événements comme La fête départementale des patois, folklore, traditions qui s’est tenue, à L'Escale, dans la commune de Saint-Jean-sur-Veyle, le 9 novembre 2019.
Ou les fêtes régulières, mettant à l’honneur le franco-provençal, comme le 25 septembre 2022 à Porrentruy (Suisse) ou le 21 septembre 2025 à La Roche-sur-Foron (74. Haute-Savoie).
Un mariage bressan est reconstitué le 11 juin 2022 avec cortège depuis la Grange du Clou jusqu’au Domaine des Planons, à Saint-Cyr-sur-Menthon.
Les habitants de Cormoranche sont surnommés « les Barlotis » en patois bressan, une déformation du mot patois "barlet" , nom donné au petit tonnelet d'environ un litre, muni d'une poignée, que les paysans emportent dans les champs pour étancher leur soif.
Un surnom, sûrement erroné et non généralisable... dû à quelques buveurs notoires.
M. Bernard BAZIN, natif de Cormoranche où il demeure toujours est un patoisant érudit, maitrisant parfaitement le patois propre au secteur de Cormoranche, mais aussi des fables ou des chansons comme « La bataille de Cormoranche ».
Cette chanson, d’après une note transmise par Philibert Le DUC, est composée, en 1790, par M. BERNARD, dit le grenadier, professeur de mathématiques au collège de Bourg à cette date. Il meurt, dans son domaine de Noaillat en 1840.
C’est l’histoire d’une rixe entre un petit homme et une grande femme, rixe où le petit homme fut battu par la grande femme....