• Nom Collecteur: FRENOIS Anne-Marie
  • Date Création: 18-02-2026
  • LATITUDE: 46.246107179
  • LONGITUDE: 4.8265582714
  • Adresse ou lieu-dit: Rue du Cornet
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Château
  • Patrimoine religieux funéraire: Non concerné
  • Commune concernée: CORMORANCHE-SUR-SAONE
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Habitat
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: XVIIe
  • Bibliographie: Pré-inventaire des Richesses Touristiques et Archéologiques du canton de Pont-de-Veyle, édition 1986 / Archives Départementales de l’Ain / Bulletins municipaux / Personnages illustres du canton de Pont-de-Veyle par Jean MARTINERIE édition 1988.


Historique : 

 La paroisse compte deux fiefs peu importants : le fief d’Amoret avec maison forte aujourd’hui disparue et le fief de Montportail.

 La famille de POLEINS.

 Cette famille, de très ancienne noblesse, possessionnée à Pin, paroisse de Laiz, a donné plusieurs hommes de guerre distingués et il est possible qu’un lointain ancêtre ait participé à la croisade comme en témoigne le croissant figurant au blason.

 Blason : « D’azur à une bande d’or accompagnée d’une étoile d’or en chef et d’un croissant d’argent en pointe »

 Vers 1475, Jean de POLEINS, seigneur de la Jaclière, à Laiz, se distingue lors de la guerre de Valais.    

 Plus tard, Samuel de POLEINS, écuyer, seigneur de la Jaclière et de Montportail est élevé page du duc de Nemours, puis fait capitaine au régiment d’infanterie de ce même duc.

 Son fils ainé, François, sert au Régiment des Gardes. En 1629, il est au siège de Privas et aux barricades de Suze, mais meurt en campagne à l’âge de vingt-deux ans.

 Son frère cadet, Charles Emmanuel, écuyer, enseigne au Régiment de Conti, fait la campagne de Franche-Comté, le siège d’Ivoy, la guerre de Roussillon et de Catalogne. Capitaine au Régiment de la Mothe, il est blessé à Fribourg, en Allemagne, d’une mousquetade au bras droit. Il meurt de sa blessure à Soleure, en Suisse.

 Le fils de ce dernier, Charles Emmanuel II, écuyer, héritier de cette longue tradition militaire sert d’abord au Régiment des Grades Volontaires de l’armée des Flandres et combat vaillamment à Avain. Enseigne au Régiment de Conti, comme son père, puis lieutenant de l’armée de Weimar, il participe aux combats de Saint-Jean-de-Losne, Bletterans, Orgelet, Saint-Amour.... Au siège de Gy, il est atteint par deux mousquetades, une au ventre, l’autre au coté droit.

A peine guéri, il reprend les armes avec le grade de capitaine. Une mousquetade l’atteint au bras droit lors du siège d’Ivoy. A nouveau sur pied, il est à la prise d’Elne, au siège de Perpignan et de Salses. Puis, c’est la frontière de l’est et il est, encore, blessé d’un coup de pique à la jambe au combat de Fribourg.

Dans l’attaque d’une demi-lune de fortification à Courtray, accablé sous les coups, il demeure longtemps parmi les morts, mais en réchappe encore.

En 1646, il participe à la prise de Dunkerque, aux sièges de Mardick et de Furnes en Flandre. A celui de Dunkerque, il commande le régiment après la blessure du lieutenant –colonel, le sieur de SAINT-POINT.

Ayant, en toutes ses actions, données des preuves de générosité et de bravoure, il se retire à Laiz vers 1650. Dernier descendant mâle d’une famille décimée par les guerres, il épouse Marguerite DU PLANET dont il n’a qu’une fille.

La lignée s’éteint à sa mort, survenue à Pont-de-Veyle, en l’année 1657.

 Description.

 Construit au XVIIe sous la direction du Chambellan du roi de Sardaigne et entouré d’un jardin dessiné, dit-on, par LE NÔTRE, le château sert de relais de chasse entre Paris et la Sardaigne.

 Il se compose d’un corps principal : un étage sur rez-de-chaussée avec combles, couvert de tuile creuses avec quatre portes-fenêtres et quatre fenêtres à l’étage en façade ouest, flanqué de deux petites tours carrées sur le coté gauche.

Une tour ronde, sur la droite, comprend une chapelle sainte Catherine.

 A l’arrière droit, une partie dégagée du parc de 8000 m2, appelée « terrasse », est agrémentée d’une fontaine composée d’un bassin recueillant les eaux jaillies de deux vasques superposées.

A l’angle nord-ouest de la propriété, un bâtiment carré de deux étages, surmontés d’une terrasse couverte, est appelé « Belvédère ». On y admire une vue, apaisante et imprenable, sur les rives de la Saône.

 En 1789, le château appartient à M. de MOISSARD et, sous la Révolution, à M. Joseph MARESCHAL et Mme Marie DEVIGNOL.

 Jean-Baptiste GARDON (1799-1870), manufacturier mâconnais, est, un temps, propriétaire.

Extrait du journal de Saône-et-Loire en date du 11 novembre 1840 : « Monsieur GARDON se trouvait à Lyon au commencement de nos désastres. A peine de retour parmi nous, samedi dernier 7 novembre, M. GARDON a frêté la gondole à vapeur N°5 et s’est dirigé avec des barques de sauvetage, des vivres, du sel.... sur la commune de Cormoranche où il possède une propriété considérable. Sa vaste maison, bâtie en pierre, est la seule qui soit restée debout. Il y a installé les habitants qui étaient sans asile et a pourvu abondamment à leurs besoins. C’était, nous a rapporté un homme d’équipage, un touchant spectacle que celui de tous ces malheureux témoignant naïvement leur reconnaissance à leur bienfaiteur.

Depuis, la gondole a fait plusieurs voyages à Cormoranche et y a toujours porté des farines, du vin et des provisions de toute espèce.

Mais sa maison étant encombrée, M. GARDON a chargé le maire de la commune de faire lui-même distributions de vivres à tous les habitants nécessiteux. C’est ainsi qu’on fait usage d’une grande fortune ».

 Le journal signale qu’il y a eu, à Cormoranche, 115 maisons écroulées.

  Le dernier occupant du château est M. Frédéric SIMONET, né en 1844 à Saint Albain (Saône-et-Loire). Marié avec Clémence BERNARD, née à Cormoranche en 1844.

Lors des recensements de 1921 et de 1926, ils sont recensés, au Cornet, avec deux domestiques. Ils ne figurent plus dans celui de 1931.

La vétusté du tènement et le coût élevé de l’entretien entraînent la destruction des tours, constituant le cachet principal de cette demeure.

Actuellement, il reste le portail d’entrée du château, le « Belvédère », transformé en habitation,  dont la terrasse a été remplacée par une toiture.

Et, dans l’ancien parc, une maison, à un étage, reste des bâtiments d’origine.

Le château, lui, est détruit, vers 1930, par un incendie.