Historique :
L'église est placée sous le vocable de Saint Didier et date du XIe. L’Abbesse de Saint-André-le-haut de Vienne est nommée à la cure jusqu’au XVIIe. Le droit de collation passe, ensuite, au chapitre de Bourg-en-Bresse. L’histoire de l’édifice est facile à connaitre en raison des nombreuses visites pastorales dont il fait l’objet en 1656 et au XVIIIe, grâce aussi aux archives du XIXe.
Il n’est pas inutile d’insister sur sa grande importance pour les gens du Moyen-âge : lieu de culte bien évidemment, mais aussi seul lieu de rencontre abrité pour la communauté villageoise de l’époque.
Lors de sa visite du 12 septembre 1656, l’archevêque de Lyon note quelques insuffisances : « Le grand autel n’a aucune marque de consécration et il n’y a point d’autelet. Les saints fonds ne sont pas mal si ce n’est qu’il n’y a point de piscine.... Contre la muraille qui soutient l’arcade du cœur, il y a de chaque costé un autel ; l’un du costé de l’évangile est à M. Rivet de St-Jean-des-Adventures ( Saint-Jean-sur-Veyle) dédié à St Jean-Baptiste....et l’autre est dédié à Notre-Dame de Pitié, sans fondation....Depuis peu, le clocher et le chœur ont été réparés ; néanmoins le pavé du chœur est gasté en plusieurs lieux et le toit de la nef découvert en sorte qu’il pleut par plusieurs endroits et il est pareillement gasté ».
Au XIXe, l’église est jugée trop petite, la population dépassant les 1000 habitants. Elle est donc agrandie à partir d’un projet initial, établi en 1849, par M. ROCHE, architecte à Mâcon de la façon suivante : avec deux collatéraux formés à partir des chapelles prolongées et séparés dans toute la longueur de la nef par quatre arcades remplaçant les anciens murs, une voûte d’arêtes en briques et plâtre pour remplacer le plafond de la nef, des contreforts extérieurs et enfin, une sacristie agrandie par un prolongement à l’est d’un peu plus de deux mètres.
De l’ancienne église, il ne reste que l’abside, le chœur, une partie de la sacristie et les deux chapelles.
Les travaux sont adjugés le 20 avril 1850 à M. Claude RAPHANEL et le décompte des travaux effectués, en date du 10 mars 1853, fait apparaitre un montant de 10561,77 F. La majeure partie de la dépense est financée par le Conseil de Fabrique (conseil paroissial de l’époque), la commune n’ayant versé qu’une faible participation. Dans ce conseil de Fabrique, il y a le desservant de la paroisse qui est, en fait, le financier de l’opération. « M. JOUVENT, curé de la commune, se charge de l’agrandissement de l’église moyennant une rente annuelle de cent francs payée par la Fabrique pendant sa vie durant... » note-t-on dans les délibérations du conseil municipal du 5 août 1849.
Une statue de la Vierge, en pierre blanche, couronne la façade de l’église, suite à la mission de 1855.
AU XX et XXIe, d’autres travaux suivent :
En 1927-1928, le modeste clocher est enlevé et l’actuel est construit plus haut et plus élancé que l’ancien. Le beffroi en place est remarquable par son architecture de poutres et poulies en chêne.
Le beffroi de l’église soutient quatre cloches :
- Cloche 1 fondue en 1807 diamètre 970 mm poids 953 kg
- Cloche 2 fondue en 1890 diamètre 845 mm poids 350 kg
- Cloche 3 fondue en 1890 diamètre 670 mm poids 175 kg
- Cloche 4 fondue en 1890 diamètre 505 mm poids 75 kg
En 1967 a lieu l’électrification des cloches.
En 1978, la très belle abside qui présente des risques d’effondrement, est consolidée par la mise en place de deux chainages en béton, de la consolidation des fondations coté route, de la réfection de la toiture en lauzes et du rejointement des fissures. Le montant des opérations s’élève à environ 200 000 F, la commune bénéficiant d’une subvention de 30% du Conseil Général.
En 1985, sur sa voûte en cul-de-four, les fresques du XIVe, masquées par des enduits successifs, sont restaurées. Ces peintures murales classées sont devenues apparentes grâce au travail effectué par M. ANGELESCU.
En 1991, une chaufferie moderne est installée, l’entreprise MOREL se chargeant des travaux de maçonnerie.
En septembre 1993, les employés communaux rénovent les façades extérieures au nettoyeur haute-pression.
En 2009, une inspection alerte sur la vétusté de l’installation et sur les risques encourus par les mouvements du battant, notamment lors des sonneries de type «Grandes Volées ». La municipalité, en concertation avec le groupe paroissial, prend la décision de limiter ce type de sonnerie en neutralisant la plus grosse des cloches.
En 2009 toujours, rénovation de la toiture de la sacristie et de l’électricité du clocher. Plus la création d’une rampe d’accès pour personnes à mobilité réduite afin d’accéder à l’église.
En août 2014, a lieu la réfection de la toiture de l’église pour un coût de 10000€.
Lors du Conseil municipal du 10 mars 2017 est approuvée une étude diagnostic pour restaurer les fresques. Lors de la restauration de 1985, des produits furent utilisés qui avaient dégradé les peintures. De plus, comme cela se pratiquait à l’époque, des ajouts ont été effectués par le restaurateur, par exemple sur la tunique de saint Jacques.
Conseil municipal du 7 juin 2018 : décision est prise de peindre la porte d’entrée de l’église en vert « comme au Moyen-âge »...
En 2019 toujours, les vitraux de l’église, très abimés sont tous nettoyés et restaurés. Le vitrail principal situé au dessus de la porte d’entrée et représentant le Christ en Gloire est démonté et entièrement reconstruit près de Lyon, sous plombs neufs, avant d’être reposé.
Ce travail de restauration est confié à Françoise GORMAND-DUVAL à 69280 Sainte Consorce.
Les anciennes grilles de protection étant devenues inefficaces, soit déchirées, soit disparues, de nouvelles grilles extérieures de protection sont posées afin de protéger les vitraux. Montant de travaux : 16810 €. Participation du groupement paroissial de Pont-de-Veyle = 1450 €, reste à charge pour la commune = 15 360€.
En décembre 2019, l’ancien beffroi à bout de souffle est descendu par l’entreprise BODET à Trémentines (49), spécialiste en la matière. Il est procédé au démontage des quatre cloches et des appareils de sonneries devenus vétustes, à la découpe puis à la descente de l’ancien beffroi au moyen d’une grue de 35T, au montage des éléments et à l’installation d’un nouveau beffroi, à la remise en place des quatre cloches et au remplacement des quatre moteurs de volées ainsi qu’au remplacement des quatre moteurs de tintement.
Le montant total des travaux s’éleve à 36 394 €. La commune a à charge 25 141€, la subvention de la communauté de communes s’élevant à 11 253 €.
Le 22 octobre 2023, une messe inaugurale est célébrée en présence de l’évêque de Belley-Ars, Monseigneur ROLAND. Cette célébration marque la fin de travaux conséquents, permis grâce à la générosité d’un paroissien du village, Patrick REYNAUD et le soutien de la municipalité.
Une fermeture de près de six mois a permis la réfection complète de la nef, incluant la mise en valeur de la fresque de l’abside par des spécialistes, la réfection des éclairages et la remise en état du mobilier et des nombreuses statues.
Descriptif :
Extérieurement, le toit de l’abside est couvert de lauzes, le clocher d’ardoises et le reste de la couverture est en tuiles rondes.
A l’intérieur, l’abside possède une coupole sur trompes, caractéristique de l’époque romane, ainsi que des arcatures décorées de chapiteaux sculptés.
L’église a bénéficié de restaurations afin de mettre en valeur les peintures monumentales dont certaines datent du XIVe et qui ornent la voûte en cul-de-four de l’abside. Découvertes dans les années 1980, bien que parcellaires, elles représentent un Christ en majesté dans une mandorle quadrilobée, accompagné des douze apôtres.
Le pourtour du chœur est divisé en cinq travées, dont trois sont percées d’une baie. Dans la travée du nord, aveugle, une fresque représente un saint tenant dans sa main un rouleau (saint Jacques). Chaque arcature romane en plein cintre, repose sur des colonnettes jumelées surmontées de chapiteaux décorés de raisins, de feuilles d’acanthe, de têtes d’hommes et d’animaux.
Le vitrail, en façade d’entrée de l’église, est orné d’une verrière à trois personnages : deux anges et un Christ en majesté. L’ouvrage date de 2019.
Le mobilier actuel est majoritairement du XIXᵉ siècle. On peut citer en éléments remarquables :
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Statue de saint Didier (hauteur 87 cm) en bois doré et polychrome. Elle semble dater du XVIIIe ou du XIXe. Elle bénéficie d’une protection au titre des monuments historiques depuis le 02/06/1982.
Statue de St Didier - Statue de saint Sébastien se trouve dans l’église. Elle est en plâtre polychrome à rehauts de dorure. Saint Sébastien est attaché à un tronc d’arbre, une flèche transperçant son torse. L’église de Cormoranche était encore au début du XXe le but d’un pèlerinage à Saint Sébastien. Il était invoqué pour lutter contre les épidémies. Tous les 20 janvier (plus tard le dimanche le plus près de cette date), une messe était dite pour remercier le saint d’avoir guéri les habitants de la paroisse de la peste.
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Statue de la Vierge à l’Enfant aux traits fins. Elle orne la niche d’un autel latéral. La Vierge porte l’Enfant Jésus aux bras écartés. (hauteur 106 cm
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Christ en croix sur une poutre de gloire dans le chœur.
Statue du Christ en croix -
Deux piscines du XVe : l’une installée dans l’église à l’entrée gauche, l’autre dans la sacristie.
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Un autel en marbre du XVIIIe.
Didier de Vienne