Alfred Babad, un peintre enfant du pays (1901-1981)
Alfred Auguste BABAD est né à Chaveyriat le 20 février 1901. Son arrière-grand-père (Guillaume), puis son grand-père (Alfred) avaient exploité une des fermes de "la Forêt". Son père, Auguste, né à Chaveyriat en 1869, en a hérité, puis Alfred lui-même, à la mort de son père en 1937.
Ses parents ont habité ont habité dans la maison, devenue la crèche. Sa mère (née Marie TOINON, de Marmont, Vonnas) vendait tabac et journaux. Son magasin était le centre du village et un lieu d’échanges important.
Pensionnaire en 1913 de l'EPS (École primaire supérieure) à Châtillon-sur-Chalaronne, A .BABAD y est resté comme surveillant jusqu'à fin 1919.
"Fred "Babad s’est marié en 1923 avec sa voisine, Marie PELLETIER, fille des commerçants en tissus qui tenaient un important magasin en face du bureau de tabac.
¶ Après des études à l’École normale de Bourg, la nouvelle Mme Babad, était devenue institutrice. Dès son mariage, elle quitta le département de l’Ain pour Saint-Jean-de-Maurienne, suivant ensuite son conjoint dans plusieurs départements de la région.
En fin de carrière, elle a été nommée à Beynost, où son mari avait été nommé, lui aussi en fin de carrière.
¶ Le ménage BABAD n’a pas eu d’enfant, à son grand regret. Il a, en partie, reporté son affection sur deux petites amies en âge d’être leurs filles, Louisette JOSSERAND et Colette MOURGUES qui en conservent souvenir ému.
¶ Mme et M.BABAD sont toujours revenus à Chaveyriat pour leurs vacances, installés dans la maison PELLETIER. M.BABAD y avait aménagé un vaste atelier, où il pouvait disposer de machines lui permettant de travailler le fer et le bois. Avec sa grande habileté, il y fabriquait de nombreux objets comme des barques miniature (dont il se servait pour ses paysages maritimes) et des maquettes de villages. Il faisait lui-même des ruches pour les nombreux essaims d’abeilles, qu’il a élevés pendant plusieurs années, produisant à Chaussin (Jura), puis à Chaveyriat de grandes quantités de miel. Il était aussi passionné d’arboriculture : on a pu admirer ses poiriers taillés en palmettes dans son jardin de la route de Vonnas. Ses allées et venues avec une charrette à bras entre son domicile et ce jardin faisaient partie de la vie quotidienne du village.
¶À la mort de son épouse en 1969, A BABAD s’est retrouvé complètement désemparé. Des amis lui ont fait rencontrer une institutrice retraitée, Julienne MOREL, qu'il a épousée en 1971. Elle a su lui redonner un certain goût de vivre.
C’était un homme gai, attachant, de bonne compagnie, actif, généreux et curieux de toutes les nouveautés scientifiques. Il était toujours prêt à rendre service et à fournir des explications. Ses loisirs étaient variés : peinture, photographie, météorologie, apiculture, bricolage, jardinage. On avait l’impression qu’il savait tout faire avec ses mains, guidées par ses connaissances, son imagination et son sens pratique.
Sa carrière à la SNCF.
M.Babad avait décidé très tôt d’entrer à ce qui n’était pas encore la SNCF (PLM pour le réseau du Sud-Est soit "Paris- Lyon-Méditerranée "). Encore enfant, il fabriquait des signaux de chemin de fer pour jouer au train à la récréation ! Jusqu’en 1923, il a alterné des périodes de formation et des remplacements, ce qui lui a permis de connaître le métier, En 1923, il est entré à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), comme dessinateur au service des Voies et Bâtiments, qu’il n’a plus quitté. "Fred" a accompli une brillante carrière grâce à sa compétence, à ses dons naturels et à une vraie passion pour son métier.
Ses activités de peintre.
A. BABAD avait hérité de son père et de son grand père TOINON une exceptionnelle habileté manuelle et une grande hardiesse dans la conception et l’exécution de projets variés. Les croquis dessinés pour son examen d’entrée au PLM montrent ce qu’il a pu faire au cours de sa carrière où il préparait tous les plans des ouvrages à réaliser.
Il a présenté des œuvres (surtout des paysages de montagne et de mer) dans des expositions de peintres cheminots et dans la ville de Bad Kreuznach en Allemagne (jumelée avec Bourg-en-Bresse).
C’est surtout pendant sa retraite qu’il a peint les 86 aquarelles, léguées à la commune de Chaveyriat.
Il affectionnait le rouge des tuiles ou briques qu’il opposait et le vert de la végétation. Mais il aimait aussi les teintes douces en particulier celles des murs et le fond bleuté des lointains. Il était très exigeant sur le choix des couleurs. Des puristes pourraient lui reprocher un certain laxisme dans les perspectives mais c’était le plus souvent pour mieux mettre en valeur le motif principal.
L'aquarelle est une technique difficile : il n'y a pas de correction possible. Pour représenter des sites, il faut mémoriser puis reproduire fidèlement les couleurs, les ombres et les jeux de lumière.
-Nous avons sollicité l’avis de deux peintres confirmés à qui nous avons montré quelques travaux d’A.BABAD. Tous deux ont affirmé qu’il avait du talent et un sens averti de l'observation. Les ombres et les couleurs sont bien rendues. Bien sûr, ils ont constaté le caractère inachevé de certaines aquarelles, mais elles n'étaient pas destinées à être exposées. Des habitants de la commune possèdent des aquarelles qu’il leur a offertes. A. BABAD a surtout peint dans les années 1975/1980. 14 de ses œuvres sont datées de 1976 ; il a surtout posé son chevalet dans le bourg et guère dans les hameaux.
-Sur les 86 aquarelles qu'il a léguées, Fred BABAD a choisi pour thème, à 17 reprises, l'église, monument emblématique de Chaveyriat. Il avait réalisé un plan de l'église (1979) pour les besoins d'articles de Louis JOSSERAND (Visages de l'Ain n° 177 et 182, 1981). Il a représenté aussi la croix du Jubilé de 1865.
La galonnière a suscité son intérêt 6 fois et il a réalisé plusieurs esquisses de saint Jean-Baptiste au crayon avant de peindre (4 fois).
D’autres aquarelles ont pour sujet : l’école-mairie, l’école de filles, le poids public, le poste à essence à la Croix Charpennaz ; les maisons et magasins de la rue du centre, les maisons de l’Odion, la maison LÉSY, la maison Pierre ROBIN et son chêne, les auberges ROBIN, BERNAUD, le moulin sur l’Irance. Il aimait peindre les puits : celui des Boulets, le puits MUZY-PERRADIN, le puits LAGNIER, celui de la Croix Reydellet, disparu depuis.
Toutes ses aquarelles ont un intérêt patrimonial et mériteraient d’être mises en valeur.