Une figure de la Résistance locale.
Aimable Chaynes est né en 1899 à Saint Martin-Lys dans l'Aude. Orphelin à 7 ans, il est pris en charge par un oncle. Il s'engage dans la guerre en 1916 à 17 ans. Il sert dans deux régiments (les 143 e et 85 e RI.) Il est atteint d’une d’une surdité à l’oreille. Une invalidité permanente de 10% lui est attribuée; il obtient un emploi réservé de recette buraliste et vient s'installer à Vonnas en 1931.
Il entre dans la Résistance en 1942 et commande le sous-secteur de l’AS de Vonnas, sous le pseudonyme de Maurice. Il place des réfractaires au STO dans des fermes et participe à la réception de parachutages.
-A Chatynes est sans doute victime d’une dénonciation : le 28 août 1943, deux gendarmes viennent l'appréhender à la recette buraliste. Pendant le trajet à la gendarmerie, il avale les plans du maquis d'Illiat dit de Catane.
Pendant ce temps, à la recette buraliste, les fausses cartes d'identité, les tampons sont brûlés par son épouse et son fils René.
-Transféré à Bourg puis à Lyon, Aimable Chaynes est condamné à 10 ans de prison et à une forte amende (10 000 fr.) par le Tribunal pour "menées anti-nationales…action terroriste" (1). La justice du gouvernement pétainiste, à la solde du régime hitlérien, fait preuve d’un grand zèle et se montre sans pitié avec les vrais patriotes.
Il est emmené à la maison d'arrêt d'Eysses (Lot-et-Garonne) début décembre 1943. Le 19 février 1944, il tente une évasion qui échoue.
Le 28 mai 1944, il est transféré à Compiègne puis au camp de Dachau (20 juin-21 juillet) et le 22 juillet à celui de Flossenbürg (2) où il décède le 3 novembre 1944.
-L'Amicale résistance locale a porté son nom, ainsi qu'une rue (3) de Vonnas, inaugurée le 12 juin 1977. Un des petits-fils de "Maurice "est maire de Bellegarde-du-Razès (Aude).
A.Chaynes a été nommé Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume. Le même décret (du 6 août 1955) lui attribue la croix de guerre avec palme, et la médaille de la Résistance de guerre
(1) Martinerie Jean. La résistance dans le canton de Pont-de-Veyle, 1986, p.30.
(2) Au nord de la Bavière. Il était affecté au camp de travail de Hersbruck, où les détenus travaillaient dans des galeries pour installer une usine d’armement souterraine. Le taux de mortalité était élevé (30 décès par jour).
(3) appelée auparavant rue Haute.
Sources :
Lettre KZ Gedenkstätte Flossenbürg, 27 août 2025.
Archives de l'Amicale Résistance Chaynes Aimable.