• Nom Collecteur: FRENOIS Anne-Marie
  • Date Création: 07-03-2026
  • Commune concernée: CORMORANCHE-SUR-SAONE
  • Catégorie principale: Nature et paysage
  • Bibliographie: Archives Départementales de l’Ain / Archives municipales / Bulletins municipaux / Entretiens avec Roland PROLONGE, habitant d’Arciat / Comptes rendus de conseils communautaires – Communauté de Communes de la Veyle / « La Saône, une rivière, des hommes »  de Louis BONNAMOUR ED C.BONNETON (1981) / Rapport d’enquête publique portant sur l’élaboration du PLUi.... Référence TA n° E22000125/69.

Historique. A quoi servait, autrefois, un chemin de halage?

On pense que le halage est en usage, sur la Saône, dès le Moyen-âge. 

Un bateau à fond plat est muni d’un grand mât. Une corde, passée au sommet de ce mât, afin d’éviter les obstacles et ne pas traîner dans l’eau, est tirée par des chevaux, plus rarement des mulets ou des bœufs.

Le long de certaines rivières, on peut voir, à la belle époque du halage, des trains de bateaux, halés par de forts équipages comportant jusqu'à 24 chevaux !

Plus généralement, deux chevaux emmènent, en moyenne, un bateau chargé à 150 tonnes à la vitesse de 20 km/jour.

Le halage perdure, à Cormoranche, jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, vers 1944-1945.

Les attelages sont composés de deux ou trois chevaux. Parfois, les chevaux de rechange se trouvent sur le bateau ou on change dans les relais, au port de By par exemple sur la commune de Grièges.

On transporte, ainsi, du charbon, du sable, du bois, des pierres, des grains, du vin,.....

Description :

Sous le mandat de Jean-Paul De SAINT-JEAN, la municipalité, inquiète de la dégradation de ce chemin qui fait partie du patrimoine local, entreprend des travaux de rénovation et d’entretien.

  • Aménagement sommaire du chemin afin de faire disparaitre les fondrières et les trous les plus importants.

  • Débarrassage du « perré », (c'est-à-dire la partie empierrée pentue qui protégeait le bord du choc des bateaux et qui constitue le mur de soutènement du chemin de halage) des mousses, orties, ronces et arbustes qui recouvrent, peu à peu, les pierres, les descellent et risquent, à la longue, de faire s’écrouler de larges pans de cette construction.

  • Nettoyage les francs-bords, entre Saône et « perré », en conservant, cependant, une partie de la végétation naturelle et en laissant quelques zones sauvages ; cette zone, abandonnée par l’État qui en est propriétaire, aux « bons soins » des Voies Navigables de France, n’est plus entretenue....

Ces travaux nécessitent des centaines d’heures de travail durant quatre années, environ de 1997 à 2001. Sur les francs-bords, ce sont quelques six hectares de berges qu’il faut reconquérir.

Ce travail est fait en accord avec l’État qui accepte la reprise de gestion des francs-bords par la commune (convention signée).

Pour le chemin de halage, il y a, en effet, superposition de gestion entre la commune et VNF qui conserve, en partie, la maitrise de celui-ci. Cette dernière structure a, également, participé en acceptant le réenrochement, sur environ 400m, du « perré ».

Le chemin de halage passe sur plusieurs ponts dont « le pont de la goutte », au lieu-dit Arciat.

Arciat

Ce pont ancestral, en bois rustique, est créé au début du XXe pour permettre l’accès, par voie d’eau, au hameau de la Gott où est en activité, entre autres, une fabrique de tuiles mécaniques.

Que voir depuis le chemin de halage ?

Il se situe dans une zone classée Natural 2000, zone qui abrite une faune et une flore exceptionnels.

Car, au rythme de la rivière, se côtoient prairies humides inondables, lônes et îles, mares et boisements alluviaux.

Quatre kilomètres et demi, c’est la longueur des berges de la Saône sur le territoire de la commune de Cormoranche, un chemin sur lequel on peut flâner en toute liberté.

Tôt le matin, regardez, écoutez, assistez au réveil de la faune et goutez à la quiétude du lieu.

Dans l’eau et dans les roselières, vous verrez des vanneaux, des courlis au bec courbe, (espèce en voie de disparition) et des familles de cygnes, nageant ou volant.

Vous verrez, aussi, des hérons, des sarcelles et des grèbes, des mouettes, des macreuses, des bergeronnettes et des mésanges casquées noir. Tous peuvent se voir à la jumelle.

Dans les haies et les champs, vous croiserez des lapins qui viennent boire et prendre le frais.

Au delà de 10h, toute cette animation s’éteint.

Explications V50 :

La Voie Bleue Moselle - Saône à vélo déroule un itinéraire de 700 km entre Apach, à la frontière luxembourgeoise et Lyon.

En longeant la Moselle, puis la Saône, le parcours traverse des territoires aux identités multiples : les vignobles de Lorraine, les paysages vallonnés de Bourgogne et les plaines verdoyantes de la Vallée de la Saône. Les routes sont majoritairement plates et sécurisées, parfaites pour une balade en famille ou un périple à vélo.

L’arrivée à Lyon marque la fin d’un voyage riche en découvertes, entre patrimoine, nature et gastronomie.

Quand le chemin de halage devient une partie de la Voie Bleue. Projet porté par la Communauté de Communes de la Veyle.

Lors du conseil communautaire du 22 février 2021, à Mézériat, il est acté que «  l’investissement communautaire de l’année 2021 participera fortement à l’effort de transition écologique en finançant la mobilité douce avec la création de l’itinéraire cyclable voie bleue le long de la Saône ».

Ce qui est confirmé le 29 mars 2021, en conseil communautaire, à Cruzilles, après vote à l’unanimité pour l’ouverture des autorisations de programme et crédits de paiement, selon les modalités suivantes : Appel à projet : Itinéraire cyclable en bord de Saône – voie bleue ».

La Voie Bleue est un itinéraire de 11 km de voies cyclables qui longe la Saône, dont une partie sur l’ancien chemin de halage entre Cormoranche-sur-Saône et Grièges, ce premier projet devant initier d’autres aménagements cyclables sur le territoire et notamment le long de la Veyle.

Elle intègre le parcours de la « V50 » reliant le Luxembourg à Lyon et doit rejoindre à terme la « ViaRhôna », piste cyclable longeant le Rhône.

Cette vélo-route constitue une voie agréable et sécurisée vers l’agglomération mâconnaise pour les habitants qui souhaitent s’y rendre à vélo et, bien sûr, un atout touristique indéniable pour le territoire. 

Elle permet, également, de rejoindre la Base de loisirs de Cormoranche-sur-Saône pour offrir détente, restauration et logement aux cyclotouristes.

Base de loisirs de Cormoranche

Ce projet a vu le jour grâce à la volonté de la Communauté de Communes de la Veyle et le soutien de différents financeurs, le département de l’Ain, la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’Etat et l’Europe.

Impacts sur la faune et la flore.

AVIS DU CONSEIL NATIONAL DE LA PROTECTION DE LA NATURE art. L411-1 et L411-2 du livre IV du code de l’environnement Référence Onagre du projet : n°2020-10-18-00969 Référence de la demande : n°2020-00969-011- 001. Dénomination du projet : Véloroute Voie verte V50 (section Mâcon Sud / Cormoranche-sur-Saône).

La demande de dérogation concerne la création et l’aménagement d’un segment de piste cyclable d’une longueur de 10,8 km entre Grièges au nord et Cormoranche-sur- Saône au sud, dans le cadre du développement de la Véloroute Voie Verte (V50) entre Mâcon et Lyon.

Cet aménagement vise à répondre à un objectif d’amélioration des modes de mobilités, à travers le développement des déplacements à vélo sur l’ensemble du territoire de l’intercommunalité d’est en ouest, au quotidien (domicile-travail, activités scolaires et périscolaires, sports et loisirs), et pour le tourisme vert, le long de la vallée de la Veyle et de celle de la Saône.

Le projet et son contexte mettant à profit une courte section existante de bande cyclable, la première phase du tracé envisagé longe la RD51 jusqu’au pont franchissant le canal de contournement de Mâcon, avec une double bande cyclable en enrobé de 1,50 m de large, aménagée le long de la route. Dans la seconde phase, il suit la Route de Quatre Arches en mode « voie partagée », sans aménagement nouveau. A partir de là, le cheminement emprunte un chemin déjà tracé sur 600 m, puis suit une trace agricole parallèle au cours de la Petite Veyle (500 m), traversant une zone de prairie en mode « piste cyclable bidirectionnelle » au sein du site Natura 2000 du Val de Saône. 

C’est la section la plus sensible écologiquement, concentrant l’essentiel des atteintes aux espèces protégées nécessitant la présente demande de dérogation. La piste rejoint alors le chemin de halage et les digues longeant la Saône, puis le Chemin de la Mouille sans aménagement, conduisant au franchissement à nouveau de la Petite Veyle par un nouvel ouvrage en « mode doux » à côté du pont existant. Le tracé aboutit à un nouvel ouvrage remplaçant le pont de bois d’Arciat.

Du point de vue des enjeux écologiques, le projet intervient dans le contexte sensible des prairies inondables du Val de Saône et notamment d’un site Natura 2000 en zone humide, avec une zone de protection spéciale (ZPS FR8212017, directive Oiseaux) et d’une zone spéciale de conservation (ZSC FR8202006, directive Habitat), au cœur de la région de la Dombes, remarquable par ses nombreux étangs et la richesse et la diversité de son avifaune. 

La demande de dérogation présentée au CNPN porte principalement sur un impact résiduel significatif vis-à-vis d’une population d’une cinquantaine de pieds de Laîche à épis noirs (Carex melanostachya) et secondairement sur une quinzaine de pieds de Fritillaire Pintade (Fritillaria meleagris), espèces végétales figurant sur la liste des espèces protégées en région Rhône-Alpes, complétant la liste nationale.

Pour la faune, des impacts concernant une quarantaine d’espèces d’oiseaux de prairies humides et d’espaces partiellement boisés sont également considérés, notamment pour le Busard des roseaux, la Cigogne blanche, le Faucon hobereau, le Milan noir, la Pie-grièche écorcheule Milan noir, la Pie-grièche écorcheur, la Rousserolle effarvatte et de nombreux autres passereaux.

La raison impérative d’intérêt public majeur est bien développée dans le dossier, s’appuyant sur le besoin d’intérêt général de renforcement et de sécurisation des modes de « mobilité douce », au quotidien comme pour le tourisme, dans un contexte climatique, énergétique et environnemental changeant et l’absence de solutions alternatives plus favorables.

................. Les justifications du choix du tracé proposé ont donc été analysées et comparées aux autres options, au regard des incidences résiduelles sur les populations d’espèces protégées et sensibles et du maintien en bon état fonctionnel des écosystèmes où elles vivent, après prise en compte des efforts d’évitement et de réduction des impacts et des mesures correspondantes (ME et MR), ainsi que des mesures de compensations (MC) et d’accompagnement (MA) proposées. 

Il doit en effet être établi, pour remplir les conditions de la présente demande de dérogation, que de l’ensemble de mesures « ERCA », incluant les actions de suivi, résulte effectivement un bilan au moins neutre et si possible positif à l’échelle locale, en termes de maintien en bon état de conservation de populations d’espèces protégées et de leurs habitats. 

Conclusion de l’annexe 4 : « Chaque tracé étudié aura un impact sur des habitats, une faune ou une flore sensible du secteur. Le tracé reprenant le chemin agricole et longeant la petite Veyle présente des impacts plus importants […] en supprimant l’effet de lisière entre la petite Veyle et la prairie et par le dérangement de la faune de bord de rivière […]. Cependant, les autres alternatives présentent de fortes contraintes foncières et liées à la sécurité sans la certitude que le projet puisse voir le jour (nécessite notamment l’acquisition foncière de 14 parcelles).

Ces alternatives présentent aussi des enjeux sur la faune, la flore et des habitats sensibles. Elles sont, en plus, confrontées à une problématique de remblais dans le lit majeur à compenser et un risque de shunt par une section non sécurisée. 

Le tracé reprenant le chemin agricole et longeant la petite Veyle reste donc l’itinéraire le plus pertinent, car il est réalisable immédiatement et peut garantir la sécurité de ses usagers.

La communauté de communes de la Veyle appliquera les mesures [ERCA] pour garantir le maintien dans un état de conservation favorable les populations impactées par cet itinéraire ».

A l’invitation de Christophe GREFFET et en présence du ministre de l’Énergie et de l’Aménagement du Luxembourg, Claude TURMES, les travaux de la Voie Bleue sont présentés, samedi 18 juin 2022, lors d’une journée dédiée au vélo, à la Base de loisirs.

Inauguration de la Voie Bleue le 23 juin 2024
Inauguration de la Voie Bleue le 23 juin 2024

À l’issue de la randonnée qui réunit une centaine de cyclistes, adultes et enfants, lors d’une conférence, le début des travaux, présentés par Sébastien SCHAUVING, Vice-président de la Communauté de communes en charge des mobilités, est annoncé pour le 4 juillet 2022.

Inauguration de la Voie Bleue le 23 juin 2024
Inauguration de la Voie Bleue le 23 juin 2024

Afin de faciliter et sécuriser les onze kilomètres de parcours sur l’ancien chemin de halage entre Grièges et Cormoranche-sur-Saône, plusieurs phases de travaux sont programmées entre 2022 et 2023.

Ils concernent l’élargissement du pont franchissant le canal de dérivation de la Saône RD 51, pour aménagement d’une piste cyclable ; la création d’une passerelle sur la petite Veyle, au port de By, à Grièges, la démolition du pont de bois d’Arciat,.........

Dans le rapport d’enquête publique portant sur le projet d’élaboration du PLUi, rapport dans lequel les objectifs de la Communauté sont énoncés, on peut lire, en page 11,....le territoire possède quelques monuments répertoriés ou inscrits, mais également un grand nombre d’éléments de patrimoine bâti et naturel, pas toujours valorisés alors qu’ils constituent une vraie richesse culturelle et identitaire du pays. .................

Concernant la culture, le patrimoine et le tourisme dans le PLUi, les objectifs de la Communauté de communes sont les suivants :

étudier le potentiel de développement touristique du territoire sur la base d’un recensement des éléments du patrimoine bâti ou naturel (ensembles bâtis, fermes, moulins, lavoirs, puits, ponts, pigeonniers, réseau de vannage, végétation remarquable, prairies humides…).

intégrer des projets de valorisation : itinéraires de découverte faisant connaître certains espaces naturels, projets d’aménagement mettant en valeur le patrimoine bâti remarquable (ex. V50, itinéraire le long de la Veyle…)........................

C’est du côté de la Gravière, à Cormoranche-sur-Saône que le samedi 24 juin 2023, lors d’une grande fête qui réunit plus de 500 personnes, le segment qui concerne le territoire de la Veyle et des bords de Saône est inauguré officiellement.

C’est, de nouveau, le ministre luxembourgeois, Claude TURMES, qui officialise ce nouvel itinéraire en coupant le ruban, associés aux élus du territoire : Florence BLATRIX, Sénatrice de l’Ain, Mireille LOUIS, Conseillère départementale du canton de Vonnas, Christophe GREFFET, Président de la Communauté de Communes de la Vêle, Sébastien SCHAUVING, Vice-président de la CCV en charge des mobilités et les maires de Cormoranche-sur-Saône, Jacques PALLOT et de Grièges, Annick GREMY. 

Le coût du projet s’élève à 3 637 000 €. Son financement est soutenu par le Fonds européen de développement régional (Feder), l’État, la Région et le Département. La communauté de communes de la Veyle, maître d’ouvrage, veut maîtriser son reste à charge ; il s’élève à 776 368 €.

Chaînon manquant sur l’itinéraire de la Voie bleue, « le pont de la Goutte » situé sur le chemin de halage bordant la Saône au niveau d’Arciat, est réouvert le samedi 13 septembre 2025, après une restauration totale.

Positionné sur l’axe prioritaire de la Voie Bleue, sa vétusté a nécessité la reprise des culées, suivie d’un enrochement et de la pose d’un revêtement à structure unique composée de matériaux écologiques. De plus, le franchissement du pont est sécurisé par des garde-corps adaptés.

Supervisés par la Communauté de Communes de la Veyle, les travaux de reconstruction ont été confiés en maîtrise d’œuvre au cabinet d’architectes A.TM Atelier Tropisme Mécanique dont le siège social est à Laval (Mayenne 53).

Pour ce projet, les fondateurs d’A.TM, Thomas MOTRIEUX et Antoine SINTÈS, ont utilisé un procédé novateur et unique, en Béton Fibré Ultra Performant qui permet une grande durabilité et une résistance à toute épreuve, tout en conservant un excellent bilan carbone.

Suite à l’achèvement de la passerelle, le cabinet d’architectes a présenté ce projet au prestigieux concours d’architecture « l’Équerre d’argent 2025 », organisé par les revues « Le Moniteur » et « AMC », qui récompense les meilleures réalisations de l’année parmi les candidats nommés dans 6 catégories.

Ce projet, innovant et durable, a remporté le prestigieux prix de « l'Équerre d’argent 2025 » dans la catégorie « Infrastructures et ouvrages d’art »,

Le coût total de cette restauration en faveur de la mobilité s’élève à 276 294 € HT, une somme financée par l’État à hauteur de 110 518 €.

Le 13 février 2026, La Voie Bleue est élue « véloroute européenne de l’année 2026 », aux Pays-Bas au salon Fiets en Wandelbeurs, à Utrecht.

Le jury néerlandais salue sa sécurité, son balisage clair, son parcours plat accessible à tous et ses 80 % de voies réservées aux vélos. 

Une distinction qui récompense l’engagement de plus de 30 partenaires, dont la Communauté de Communes de la Veyle.

La Voie Bleue permettra, dans les années à venir, de rejoindre la Via Rhôna et, ainsi, de rouler sans discontinuer du Luxembourg jusqu'à la Méditerranée.