• Nom Collecteur: ANGLESIO Hélène
  • Date Création: 27-10-2025
  • LATITUDE: 46.28209
  • LONGITUDE: 5.00907
  • Adresse ou lieu-dit: impasse de l'Eglise
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Eglise paroissiale
  • Commune concernée: SAINT-GENIS-SUR-MENTHON
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Patrimoine religieux et funéraire
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: 1825
  • Protection labellisation: aucune
  • Source document: Copies des archives communales ayant servi à l'exposition de 2025 pour les 200 ans de la construction de l'église.
  • Bibliographie: "Saint-Genis-sur-Menthon, un village bressan" Albert Bugnot. Edité par Histoire et Patrimoine 1995

Description 

 L’église est de style néo-classique simple. Ornée d’une galonnière assez remarquable et d’un oeil-de-boeuf, la façade se termine par une statue de la Vierge. La porte de bois de l’entrée est surmontée d’un arc en plein cintre. Dans la nef, deux autels latéraux l’un consacré à saint Barthélemy et l’autre à la Vierge encadrent l’entrée du choeur. Celui-ci, bordé de stalles en bois se termine par une abside demi-circulaire et donne accès côté Sud, à la tour carrée du clocher et à la sacristie. Les vitraux de la nef sont signés Louis Payet PINXit et Emile Bégule INVit et DELit, ce qui signifie : Louis Payet a peint et Emile Bégule a inventé et dessiné. Parmi le mobilier non cité dans l’historique, on note une chaire avec abat-voix et rampe ajourée qui date du 19 ème siècle. Une pierre placée sur la façade Nord comporte une inscription énigmatique: "PU SA 07 HE PLTIR CONIER LAPIER 1823". 

Les cloches :

Il y a deux cloches dans le clocher de l’église de Saint-Genis-sur-Menthon. La première, la plus petite et la plus ancienne a été fondue en 1804, suite aux destructions de la révolution, les paroissiens réclamaient une cloche pour rythmer la vie quotidienne. Le 8 juillet 1804, le curé Louis-Antoine Alliey de Pont-de-Veyle, bénit cette cloche baptisée « Sainte Jeanne Louise Benoîte » en hommage au maire de l’époque Jean-Louis Greffet et de son épouse Benoîte. Elle a pris place dans la nouvelle église en 1825, puis alors qu’elle était fêlée en 1883, elle a été refondue par les établissements Guillet à Lyon. Suite à la refonte il est écrit sur la cloche : « Fabriquée en 1883 par les fondeurs Guillet père et fils à Lyon. Pierre Gonod, Michel Rozier, Claude Douvre, Jean-Marie Buathier, Joseph Doucet. M. Joseph Servignat, curé. M. Joseph Dubois, maire. »Cette cloche pèse 300 kg. La seconde cloche et la plus grosse , a été achetée en 1826, juste après la construction de la nouvelle église. Elle a été financée par le conseil de fabrique et par une souscription auprès des paroissiens. Ses parrain et marraine sont Claude Dombey médecin à Pont-de-Veyle et son épouse qui possèdent une ferme à Nécudey. Un siècle plus tard on constate des fêlures qui obligent à une refonte de la cloche à Annecy, par la société Paccard en 1830. Elle est bénie le 19 octobre 1930 avec cette inscription : « Je sonne pour la rénovation religieuse de la paroisse de Saint-Genis. Je m’appelle Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, Marcelle, Marie. En 1830, j’ai été baptisée par M . Virigile Béguin, évêque de Belley, sa sainteté Pie IX étant pape. M. l’abbé Molliet, curé de Saint-Cyr et Saint-Genis-sur-Menthon, M. Morel maire de Saint-Genis. Mon parrain est M.Noirclerc, ma marraine Mme Regaud. Bienfaiteurs : M. Quivet, ses gendres et petits-enfants, M Ms Noirclerc, Regaud, Fredel et Traverse, M. Burtin Pt de l’Union catholique diocésaine, M. l’abbé Mollier, M. Paul Dauphin, Mme Vve Tardy, M. Donat, M.J. Peulet, Mlle Marthe Charvet. » Cette cloche pèse 550 kg. En 1992 la sonnerie des cloches est électrifiée et on ajoute un cadran horaire sur la façade Ouest du clocher.

Historique :

La première mention de l’église d’une église à Saint-Genis-sur-Menthon date de 930. Cette église se situait dans le cimetière actuel côté Nord.  A cette époque, alors qu’ elle fait partie des antiques dotations de l’évêché de Mâcon et du chapitre de Saint Vincent, l’évêque Bernon la donne, ainsi que les terres qui en dépendent, en précaire à Léotald, fils du comte Albéric. Définition du don en précaire : forme de métayage venant des communautés religieuses « Selon l’historien Emile Chénon, « la précaire » est une concession d’une terre à charge de redevances et de services, avec rétention de la propriété par le concédant, transfert de la jouissance au concessioniaire et faculté de révocation en cas de non exécution des charges. » Extrait de l’ouvrage de Laurent Morelle « Les actes précaires, instruments de transferts patrimoniaux » 1999.

En l’an 1000 la moitié de cette jouissance est restituée aux moines du chapitre de Saint Vincent de Mâcon qui en jouirent jusqu’à la Révolution. Elle prend le vocable de Saint-Barthélémy. Cette ancienne église était donc de style roman. Très mal entretenue, la visite pastorale de 1656 nous dit qu’elle menace ruine : « La coquille voûtée et blanchie, mais ouverte du côté du vent (ouest?) menace ruine totale si bientôt il n’y est remédié (…) . Le choeur fait à neuf et non encore blanchi (…). La nef bien boisée mais sans lambris, et le pavé miné par endroit avec un sol en pente jusqu’à l’entrée(…). Les fonds baptismaux ne ferment pas. (…) » On apprend dans ce compte-rendu de visite pastorale qu’il y a deux chapelles, dont l’une est placée sous le vocable de Notre-Dame et dont la fondation (revenu donné au prêtres pour y dire des messes) appartient aux Sieurs de Nécudey. Au 18 ème siècle, l’église est réparée. Au moment de la Révolution, le clocher est démoli comme tous les clochers du département et recouvert d’une toiture, et les objets du culte sont dispersés entre les paroissiens. C’est à ce moment que la commune prend le nom de Saint-Genis-sur-Menthon. L’église est fermée en 1794, faute de prêtre et d’objets du culte. Il faut attendre le concordat de Napoléon 1er avec l’Église catholique en 1802 pour voir la réouverture de l’église. Il faut racheter les objets du culte et le mobilier, cela est fait en partie grâce à la contribution du maire Jean-Louis Greffet, puis en 1822, le curé récemment nommé Gabriel Perriot lance une souscription en faveur de l’église qui récolte 212,25 francs. L’église est en très mauvais état. Dès 1818, la maire Claude Pelletier réunit les plus riches propriétaires forains (extérieurs) de la commune afin de soutenir les travaux demandés à l’architecte Favier, de Montrevel, mais en octobre 1820, aucune réparation n’est encore réalisée. En avril 1821, le conseil municipal se réunit assisté des plus forts contribuables de la commune cette fois pour statuer sur un rapport de l’architecte Roche, de Mâcon, qui insiste sur le fait qu’une reconstruction de l’église serait préférable tant les murs sont détériorés. Lors de la création du diocèse de Belley en 1823, le nouvel évêque Alexandre Raymond Devie demande une enquête générale sur toutes les paroisses de l’Ain. Pour Saint-Genis, il est répondu à propos de l’état de l’église : « Elle menace ruine. On se dispose cependant à la réparer. On a obtenu non sans peine une autorisation du roi pour percevoir une somme de 6000 francs à recevoir au 1er janvier 1824. Le rôle est en recouvrement. » Ce rapport est écrit le 19 janvier 1824 par le curé Perriot. Qu’est devenu ce secours de l’état ? Cette somme est bien plus importante que la dépense de 2000 francs mentionnée dans le livre d’Albert Bugnot page 25. La municipalité recule encore l’échéance jusqu’en 1825, le 2 juillet il est décidé de suivre les recommandations de l’architecte Roche. C’est ainsi que l’ancienne église romane est détruite pour faire place à une nouvelle église d’une surface de 568 m². Les travaux sont confiés aux maçon et maître charpentier de Pont de Veyle : Michel et Jean-Marie Rousseau pour un coût total estimé à 2000 francs (soit environ 1400 euros). Cette construction mobilise le village tout entier. Le 14 août, divers particuliers accordent une avance de 1085 francs à l’entreprise Rousseau, cette avance leur sera remboursée le 31 janvier 1834 par la commune, soit 9 ans plus tard. Les travaux commencent en juillet et se terminent en décembre de cette même année. Les matériaux de l’ancienne église ont été réemployés, aussi bien pour la charpente, que pour la nef où l’on peut voir près du choeur une pierre d’autel et une dalle funéraire datant de 1400 qui délimitent l’allée centrale. L’église est bénie par l’évêque Alexandre Raymond Devie le 15 avril 1826, il rend hommage à la générosité et au dévouement de tous les habitants. Pourtant le 15 avril, à part le maître-autel installé par le marbrier Barbet de Mâcon pour le prix de 600 francs et la cloche qui avait été achetée en 1804, l’église est complètement vide de tout mobilier. On achète la grosse cloche dans le courant de l’année 1826. Une nouvelle visite pastorale par l’évêque Devie a lieu le 13 septembre 1826. En 1827, on pose la porte de la sacristie et on construit la galonnière à l’aide de pièces de bois provenant de l’ancienne église. En 1830, la marbrier Barbet installe deux autels, l’un dédié à Saint-Barthélemy, patron de la paroisse et l’un dédié à la Vierge Marie. En hommage à Marie Dubois (épouse de Joseph Perret, résidant à Creffion), qui fit un legs de 400 francs pour sa construction, l’autel de la Vierge porte l’inscription suivante : «  Marie Dubois, femme Perret, 1830 ». Grâce à ce legs , le conseil de fabrique (conseil paroissial) achète quatre chandeliers et un christ destinés au maître-autel. En 1834,, on achète pour la somme de 95 francs, un christ en bois polychrome à Lyon, inscrit à l’inventaire supplémentaire des objets mobiliers classés depuis le 13 janvier 1992. En 1839 on pose un confessionnal pour un coût de 120 francs et l’escalier conduisant au clocher pour un coût de 145 francs par le menuisier Essarety de Bâgé. En 1840, des stalles sont fabriquées par le menuisier pont-de-veylois Guichard pour un coût de 447 francs. Hormis le choeur et l’allée centrale de la nef qui sont pavés de vieilles pierres de l’ancienne église, le reste du sol restera en terre battue jusqu’au milieu du 19ème siècle. En 1850, on décide de la carreler, à cet effet, 1 500 briques plates ou tomettes sont achetées au tuilier François Bataillard de Perrex pour un montant de 300 francs. Le charpentier Michel de Saint-Cyr se charge de la pose pour un montant de 100 francs. D’après l’abbé Cotton, curé de Saint-Cyr et Saint-Genis arrivé en 1828, 7064 francs ont été dépensés pour l’église entre 1828 et 1850.

Séparation de l'Eglise et de l'Etat

Lors de la séparation de l’Église et de l’État en 1905, il faut procéder à un inventaire des biens des paroisses et de leur conseil de fabrique (conseil paroissial) , ce qui est fait sous le contrôle du préfet. A Saint-Genis, cet inventaire est un sujet de controverse entre le maire, le préfet et le curé Rival qui refuse de rendre compte des biens mobiliers de la fabrique dont il est le président car il voit là une menace de spoliation des biens de l’église, ce qui va à l’encontre de sa conscience. Finalement l’inventaire est dressé le 16 juin 1906 et les biens sont mis sous séquestre le 13 décembre 1906, il faut attendre l’année 1911 pour la levée du séquestre. Les biens consistaient en mobilier de l’église et objets du culte, ainsi que des sommes perçues par la fabrique appelé casuel pour la célébration des sacrements, des messes, et pour la location des chaises. Il n’y avait pas à Saint-Genis de propriétés foncières appartenant à la fabrique. Les sommes séquestrées doivent être reversées  au profit des établissements communaux de bienfaisance (anciens CCAS : Centre Communal d’Action Sociale). Apparemment, au moment de l’inventaire, il ne reste sur le compte de la fabrique que la somme de 20 francs et 30 centimes. Au moment où le préfet réclame cette somme pour la verser à la commune, le maire répond qu’elle a été entièrement dépensée par le curé Rival avant l’application intégrale de la loi de séparation.

Statue de la Vierge en façade

En 1939, une statue de la Vierge est placée au sommet de la façade. Après la signature des accords de Munich en septembre 1938, l’abbé Mollier, lieutenant durant la première Guerre Mondiale, et curé des paroisses de Saint-Cyr et Saint-Genis, propose en effet d’ériger une statue en hommage à la paix sauvegardée. Suivant l’exemple de leurs voisins notamment de Saint-Cyr, qui en avaient fait de même l’année précédente, les paroissiens de Saint-Genis inaugurent à leur tour cette statue de la Vierge le 9 juillet 1939.

Modifications au XXe siècle

Les vitraux de la nef sont posés en 1943 : les dépenses sont financées pour moitié par le produit des spectacles de la J.A.C. (Jeunesse Agricole Catholique) et de la J.A.C.F (Jeunesse Agricole Catholique Féminine) donnés dans la salle paroissiale de Saint-Cyr, l’autre moitié incombant aux paroissiens. Les vitraux du choeur ont été remplacés en 1983. En 1978, le clocher est entièrement rénové. En 1982, sur les conseils de la commission d’art sacré, la municipalité assainit l’intérieur et l’extérieur avec l’aide de subventions. En 1986, un système de chauffage à air pulsé est mis en place à l’intérieur du clocher. Grâce à un générateur à fuel de 45 000 calories, les 1050 m³ d’air sont aujourd’hui correctement chauffés. En 1991, l’intérieur est entièrement rénové. Un nouvel autel en bois est installé dans le choeur. Après avis de la commission d’art sacré, seules quatre statues sur les huit que compte l’église seront conservées : celle de Notre-Dame de Lourdes, de saint Barthélemy, de saint Joseph, et celle de l’autel de la Vierge.


L’église de Saint-Genis-sur-Menthon constitue un exemple typique de paroisse rurale dont le patrimoine, anciennement roman, fut entièrement reconstruit au 19ème siècle grâce à l’engagement collectif des habitants.