• Nom Collecteur: Denis STEFAN et Jacques BOISSET
  • Date Création: 07-03-2026
  • LATITUDE: 46.265833
  • LONGITUDE: 4.884722
  • Adresse ou lieu-dit: 10 rue de la Poste
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Château
  • Patrimoine religieux funéraire: Non concerné
  • Commune concernée: PONT-DE-VEYLE
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Habitat
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: 18e siècle
  • Protection labellisation: PA00116533 : L'arrêté d'inscription du 29 mai 2020 se substitue à l'arrêté d'inscription du 27 décembre 1972 : Façades et toitures (cad. A 687) : inscription par arrêté du 27 décembre 1972
  • Source document: Les façades et toitures du château, des communs, des écuries, la glacière et les serres anciennes en totalité, les façades et toitures du pavillon d'entrée, la totalité du parc dont les ponts,passerelles et la roue à godets, ainsi que tous les éléments maçonnés s'y trouvant, le système hydraulique avec ses biefs et tous les matériels participant de son fonctionnement, le portail d'entrée et les fossés subsistants, ainsi que les parcelles d'assises (à l'exception des serres et des bâtiments récents liés à l'activité de la GAEC)
  • Bibliographie: DUBOIS (Eugène) - Notice historique sur la ville de Pont-de-Veyle, bourg, imp. courrier, 1901, 347 p. DELAIGUE (abbé) - Fortifications de Pont-de-Veyle du XIIIe au XVIIIe siècle, dans la revue littéraire, historique et archéologique de l'Ain, 1880.

Au cours des siècles, le château de Pont de Veyle a été le lieu de passage de plusieurs propriétaires successifs. Ne serons cités que les principaux propriétaires.

Au 17ᵉ siècle

François de Bonne (Duc de Lesdiguières) 1543-1626

François de Bonne ( Duc de Lesdiguières) était protestant et militaire.

Il fait la connaissance d'Henri IV qui sera roi de France en 1589, au collège de Navarre à Paris.

En 1615, il achète le comté de Pont de Veyle pour faire valoir sa richesse et sa puissance. Délaissant le château en ruines au centre de Pont de Veyle, il fait donc construire une nouvelle demeure, plus digne de lui, en dehors des remparts de la ville, au milieu d'un vaste parc.

Il possède déjà plusieurs châteaux, dont celui de Vizille proche de Grenoble, qui est à ce jour le Musée de la révolution.

  • Le château de Châtillon-sur-Chalaronne (1615-1645)
  • Le Château de Glaizil, proche de Grenoble
  • Le château de Pont-d'Ain (1610-1648)
  • La maison forte de Lesdiguières, à Saint-Bonnet-en-Champsaur.
  • La maison dite de Lesdiguières dédiée à Marie Vignon, à Serres.

Il fit construire le château de Pont-de-Veyle au début du 17ᵉ siècle. Ce château succède à un ancien château fort du XIIIᵉ siècle (1249) dans l'enceinte de la ville de Pont-de-Veyle, qui fut le centre de la seigneurie de Pont-de-Veyle érigée ensuite en comté.

Il ne viendra qu'une seule fois à Pont-de-Veyle en 1624. Il prendra la ville de Grenoble aux catholiques, et deviendra gouverneur de Grenoble puis du Dauphiné.

Il sera PAIR de France (Titre des grands officiers, vassaux directs de la couronne de France faisant partie de la pairie de France sous l’Ancien Régime).

Deviendra Maréchal de France sous Henri IV.

En 1622, il se convertira au catholicisme pour pouvoir devenir connétable de France sous Louis XIII (responsable des écuries royales, puis de la conduite des armées)

A 81 ans, il participe encore à la guerre d'Italie. Il meurt à Valence dans la Drôme en 1626 à l'âge de 83 ans.

À sa mort en 1626, il céda ses biens à son petit-fils François de Créquy, comte de Sault, qui remit le comté de Pont de Pont-de-Veyle à sa mère Françoise de Bonne, duchesse de Créquy. La famille De Lesdiguières jouira du château de Pont de Pont-de-Veyle jusqu'en 1678.

Le Duc de Lesdiguières (1543-1626), dernier connétable de France, noble chevalier courageux, considéré aussi comme l’incarnation de l’opportunisme, de la ruse, sinon de la brutalité. 

Le château fut racheté par Claude Bouchu, chevalier, conseiller d'État ordinaire du Roi en tous conseils, comte de Pont de Veyle, marquis des Essarts et autres lieux, fut intendant de Bourgogne. Il représente en Bourgogne le bras juridique, fiscal, politique et financier du roi Louis XIV et de son ministre Colbert. Claude Bouchu céda le château à Augustin de Ferriol en 1703.

Au 18ᵉ siècle

Augustin-Antoine de FERRIOL (1653-1737)

De mains en mains, de seigneur en seigneur, le château est en 1703, propriété du comte Augustin Antoine de Ferriol.

Marié le 15 mai 1696 à Grenoble, avec Marie Angélique Guérin de Tencin. 

Augustin-Antoine de Ferriol, est conseiller au parlement de Metz, acquéreur de Etienne-Jean Bouchu, maître des requêtes et intendant en Dauphiné.

Il avait deux fils, Antoine de Ferriol, dit M. de Pont de Veyle, comte de Pont-de-Veyle, intendant général des classes de la marine, chevalier d'honneur en la cour des monnaies de Paris, lecteur honoraire de la chambre du roi, et son frère Charles Augustin de Ferriol comte d'Argental, chevalier, seigneur du Bourg-Argental en Forez, conseiller au parlement de Paris. Il est surnommé "goussaut" dans sa famille (trapu, lourd)

Les deux frères étaient depuis le collège Louis-Le-Grand, des amis intimes de Voltaire, au point de relire les œuvres du philosophe avant leur diffusion. Voltaire a eu l'occasion de se rendre à plusieurs reprises au château de Pont-de-Veyle.

Charles de Ferriol, qui était le frère d'Augustin-Antoine de Ferriol et un diplomate français en mission à Constantinople, avait fait l'acquisition d'une jeune fille circassienne de quatre ans sur le marché des esclaves, rêvant qu'elle lui rendrait un jour avec tendresse ce qu'il avait dépensé pour elle.

Aissé, la jeune fille, serait la descendante d'un chef circassien dont le palais a subi une attaque et un pillage de la part des Turcs.

Le 19 septembre 1698 marquera le baptême de la jeune circassienne à Lyon, paroisse d'Ainay. A son arrivée en France, sous le prénom de Marie Charlotte, pour les siens et pour la postérité, elle sera la douce et belle Aissé.

Il l'a conduite à Paris dès sa jeunesse, elle a été éduquée par la belle-sœur du comte, Marie-Angélique de Tencin, en compagnie de ses deux fils, Antoine de Ferriol de Pont-de-Veyle et Charles Augustin de Ferriol d'Argental. Les deux frères la considère comme leur propre sœur.

Aissé assistera fréquemment aux rencontres littéraires chez Mme de Tencin, la célèbre romancière et salonnière, ce qui lui offrira la possibilité de rencontrer des figures philosophiques comme Voltaire et Montesquieu. Aissé a été l'une des figures les plus marquantes du 18e siècle. Plusieurs peintures d'Aissé ont été réalisées par des artistes de l'époque au château de Pont-de-Veyle.

M. De Pont de Veyle avait le goût de la lecture et du théâtre, était un dandy. Il faisait même la lecture au jeune roi Louis XV à Versailles, où il possédait un appartement. M. De Pont de Veyle a rassemblé une collection de livres, surtout composée de pièces de théâtre et de romans de sa tante, Mme de Tencin, qui possédait un salon littéraire à Paris. Lors du décès de M. De Pont de Veyle en 1774, le duc d'Orléans acquit l'intégralité des ouvrages présents dans cette bibliothèque.

Au décès de Augustin-Antoine de Ferriol en 1738. Quelques mois plus tard, ses deux fils y revenaient pour liquider les biens et céder le château à la Marquise de Sébeville, mais elle ne prit possession du château qu'après la mort de M. de Pont de Veyle.

Mme de Sébeville revendra le château à un noble du nom de M. Beaumont.

En 1813, Léopold 1er, roi des Belges, y séjourne comme officier des armées alliés, coalisées contre Napoléon Bonaparte.

Nous savons peu de choses sur l'histoire du château, car en juillet 1789 et par la suite en août 1793, la population a incendié les terriers, titres seigneuriaux et d'autres documents importants du château.

Au 19ᵉ siècle

Louis Augustin de PARSEVAL 1791-1858

Louis Augustin de Parseval est né le 14 janvier 1791 à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine, en Île-de-France. Il s'éteindra le 23 septembre 1858 à Pont-de-Veyle, à l'âge de 67 ans. II a été Conseiller général de l'Ain et a reçu la Légion d'honneur.

En 1825, il fait l'acquisition du château de Pont-de-Veyle. Louis Augustin de Parseval était l'arrière grand-oncle du général de St Didier, qui sera le dernier propriétaire privé du château.

Il possède une grande variété de compétences, qu'il s'agisse de botanistes, d'agronomes, de paysagistes ou d'architectes.

Il opte pour la modification du parc, en passant d'un plan rectiligne du XVIIIe siècle avec des arbres alignés à un jardin à l'anglaise. Les jardins à l'anglaise, nature et charme. Le jardin à l'anglaise naît au début du XVIIIe siècle sous l'influence de philosophes et d'artistes. Il rejette les codes du style « à la française », trop géométrique, et prône le retour à une nature sauvage et poétique.

Il étend et embellit donc le parc du château, en tirant le meilleur parti des divers bras de la Veyle sur lesquels il fait passer des ponts de modèles élégants et variés.

Il aménage le parc avec des percées visuelles, un bac, deux roues à aubes, une glacière, une serre et un pavillon d'agrément.

En 1849, il met en place une ferme pédagogique du nom de Sainte Marie, dans le but de former les jeunes paysans.

Alphonse de Lamartine était un ami intime de son frère Amédée. Il passait fréquemment du temps au château de Pont-de-Veyle. Il avait sa chambre qui lui était réservée. Laquelle est maintenant le bureau du maire.

Amédée entretenait une relation avec Césarine, sœur d'Alphonse de Lamartine. Le mariage n'a malheureusement pas pu avoir lieu car la famille De Lamartine a jugé que la famille De Parseval n'était pas assez riche et noble pour autoriser le mariage. Amédée finira seul.

 

La famille Brossin de St Didier

Descendants directs de Parvesal, la famille Brossin de St Didier perpétue l'œuvre d'Augustin de Parseval en faisant construire l'écurie octogonale et en réédifiant à l'identique, mais en structure métallique, deux ponts. Le pont à 3 branches et le pont de la cascade.

Le 28 août 1874, les dernières parties médiévales du château disparurent dans l'incendie qui ravagea celui-ci, la partie qui pouvait rappeler le règne des Ferriol a été brulé.

Le château sera refait et adoptera le style architectural du 19e siècle tel que nous le connaissons. Le château actuel est constitué d'un corps de logis avec un fronton triangulaire de style Empire, un oculus au centre du fronton. Le corps de logis est flanqué de deux pavillons agrémentés de terrasses côtés Est et Ouest.

La famille Brossin de Saint-Didier a ajouté des communs au château sur son côté nord au 19e siècle. La famille de Brossin de St Didier, propriétaire du château, disposait d'un personnel important en 1906, soit 8 personnes à leur service.

Au 20ᵉ siècle

Le général de St-Didier St-Cyrien, général de division en 1944, hérita du château entre 1938 et 1950. Il sera le dernier noble ayant habité le château. Le général de saint Didier meurt en 1971.

Le château a fait l'objet d'une inscription aux monuments de France en 1972 pour ses façades et sa toiture.

La famille de St Didier viendra jusqu'en 1976 uniquement pour les vacances.

Le château fut ensuite laissé à l'abandon. A la mort du général Auguste Marie de St Didier, ses héritiers l'ont vendu à la ville de Pont de Veyle.

 

Au 20ᵉ et 21ᵉ siècle

La ville de Pont-de-Veyle rachète le château en 1976 dans un état délabré, et confie aux Compagnons du Tour de France en 1977 la rénovation du château.

Les travaux de restauration menés par les Compagnons du devoir ont respecté l’agencement des pièces, mis à part la bibliothèque transformée en cuisine et le salon en réfectoire. Les planchers des 18e et 19e siècles ont été conservés ainsi que l’escalier central, daté de 1903. Les boiseries du salon 18e siècle, elles, ont disparu, victimes de la mérule en 1976-1977.

Les compagnons du Tour de France seront présents de 1979 à 2015.

La devise des compagnons :

  • Gloire au travail
  • Mépris à la paresse
  • Le travail et l'honneur
  • Voilà notre richesse

On trouve entre 27 à 30 métiers différents.

  1. Apprentis de 2 à 5 ans à partir de 15-16 ans

  2. Aspirants de 5 à 6 ans (itinérant)

  3. Compagnons après la réalisation d'un chef d'oeuvre, ils reçoivent une canne (TORSE) et un ruban et un foulard.

    Bleu pour le bois

    Blanc pour la pierre

    Rouge pour le fer

    Vert pour le cuir

    Beige pour la boulangerie pâtisserie

A la tête un prévôt et une mère (intendante) et 86 écoles.

Le château est maintenant en copropriété avec la communauté de communes depuis 2016. Depuis 2019, le château de Pont-de-Veyle a été transformé en Pôle de services publics. C'est là que se trouvent la Mairie de la ville, le siège de la communauté de communes de la Veyle, l'office de tourisme et la Maison France Services.

En 2020, le château et le Parc ont été inscrits à l'inventaire des monuments historiques.

Ce site présente un intérêt primordial en termes de conservation du patrimoine. Il est également, pour tous les habitants du canton, un monument incontournable, l’âme même de Pont-de-Veyle et pour une grande part son identité.

François de Bonne, Duc de Lesdiguières

François de Bonne - World History Encyclopedia

 

Peinture de la belle Aissé vers 1720

 

Portrait de Charles Augustin de Ferriol, comte d'Argental

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Antoine de Ferriol dit Mr de Pont de Veyle

Pont de Veyle, Antoine de Ferriol Comte de - PICRYL - Public ...

Louis Augustin de Parseval avec la maquette du pont à trois branches en arrière plan