• Nom Collecteur: FRENOIS Anne-Marie
  • Date Création: 10-02-2026
  • LATITUDE: 46.239840897
  • LONGITUDE: 4.8312191385
  • Adresse ou lieu-dit: Place de l'église
  • Type Propriétaire: Public
  • Communication Transport: Non concerné
  • Habitat: Non concerné
  • Patrimoine religieux funéraire: Presbytère
  • Commune concernée: CORMORANCHE-SUR-SAONE
  • Patrimoine rural: Non concerné
  • Catégorie principale: Patrimoine religieux et funéraire
  • Architecture militaire: Non concerné
  • Patrimoine industriel commercial: Non concerné
  • Patrimoine civil public: Non concerné
  • Patrimoine naturel: Non concerné
  • Date construction: XIIe (date connue 1174), puis bâtiment actuel XVIIe
  • Bibliographie: Pré-inventaire des Richesses Touristiques et Archéologiques du canton de Pont-de-Veyle, édition 1986 / Archives Départementales de l’AIN / Personnages illustres du canton de Pont-de-Veyle par Jean Martinerie éd.1988/ Délibérations des conseils municipaux de Cormoranche / Bulletins municipaux / Archives de M. et Mme G. JAILLET.
Maison Rozier côté place
Maison Rozier côté place
Maison Rozier côté cour
Maison Rozier côté cour

Historique : 

Sur la place de l’église, se dresse un ancien prieuré, c’est-à-dire une maison religieuse rattachée à une communauté qui dépendait généralement d’un monastère ou d’un ordre religieux.

Pour celui de Cormoranche, les religieuses de Saint-André-le-Haut à Vienne en reçoivent confirmation, en février 1174, du pape Alexandre III.

L’église de la paroisse est, alors, sous le vocable de Saint-Pierre.

 Par la suite, le bâtiment ne conserva pas une fonction monastique permanente comme certains monastères plus grands ; il est transformé progressivement au fil des siècles.

 Le bâtiment actuel date du XVIIe, époque à laquelle il est acquis par la célèbre famille protestante des UCHARD d’AMORET.

Présentation de la famille UCHARD.

Sur la façade côté cour, Jean UCHARD fait graver ses armes dans un écusson de pierre : au centre, une croix alaisée, cantonnée au 1er et 2eme d’une étoile, au 3eme d’un V et au 4eme d’un J avec, sur le pourtour cette devise empruntée à un psaume :

« SI DEUS PRO NOBIS

QUI CONTRA NOS »

Que l’on peut traduire par :

« Si Dieu est avec nous

Qui peut être contre nous ».

Blason de Jean Uchard
Blason de Jean Uchard

Quelques données sur Jean UCHARD et ses descendants. Ils resteront fidèles à la religion réformée puisqu’il y aura parmi eux plusieurs pasteurs et, après 1685, ils s’exileront vers la Suisse (Zurich, Berne,...) et ne reviendront jamais en France.

 Jean UCHARD, né en 1619 et décédé à Cormoranche en 1676, Profession: Sieur d'Amouret.

De son mariage, vers 1645, avec Philiberte PASSIN, il aura sept enfants. C’est à lui que l’on doit l’écusson de pierre gravé cité ci-dessus.

Son jeune frère, Samuel UCHARD (1633 – 1717 à Londres) se marie trois fois. Il est pasteur de Mâcon de 1660 jusqu'à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685. Il s’exile avec ses cinq enfants à Zurich, puis Londres où sa fille ainée, Catherine UCHARD, épouse François LEGUAT, le « Robinson bressan », à Londres, le 17 février 1716.

Descriptif

Ce prieuré fait partie d’un ensemble de bâtiments religieux autour de l’église, structurant la vie religieuse du village au Moyen Âge.

Dessin de la maison Rozier
Dessin de la maison Rozier

Il est représentatif de ce que l’on pourrait appeler un bâtiment « semi noble ». En effet, certains matériaux et le type de construction l’apparentent à l’architecture rurale : le bois, la brique, la terre se retrouvent utilisés de la même façon que dans les fermes.

 Mais des détails le distinguent de plus humbles demeures :

 ·      Le soin de la construction.

·       La présence d’un étage, symbole de pouvoir de ses occupants, que nous retrouvons dans les « manoirs bressans » et d’une tour, au niveau du porche, qui permet d’accéder à l’étage.

        Aux matériaux rustiques s’ajoute le matériau noble qu’est la pierre.

·   Certains détails soignés comme les soubassements, les colonnades (certaines en pierre) et, dans la cour, d’autres éléments comme l’escalier à vis en pierre qui mène à la salle capitulaire au plafond « à la française ».

·         Le blason des UCHARD, signature noble par excellence et la croix de Savoie, rappel de la présence savoyarde jusqu’en 1601.

La cour intérieure est ornée d’une galerie en bois, soutenue par des piliers en bois ou en pierre. Sur une poutre en bois est sculptée une croix de Savoie.

 On accède, par un escalier à vis en pierre, à la grande salle capitulaire (aussi appelée salle du chapitre, lieu où se réunit quotidiennement la communauté religieuse) couverte d’un magnifique plafond à la française et éclairée d’une fenêtre Renaissance qui a perdu ses meneaux.

 Figurait autrefois, dans la cour, un puits en fer forgé.

 Attention : partie non documentée entre le XVIIIe et le XIXe. La carte postale consultée sur le site des Archives de l’Ain (5Fi 123-10) indique :ancienne poste ?

Le bâtiment figure sur une vieille carte postale, postérieure à 1855 à cause de la statue de la Vierge, en pierre blanche, qui couronne l’église, statue installée à cette date.

Sur la façade de la maison, il est écrit « Bozon Frères » : en 1900, Séraphin BOZON, était « marchand d’étoffes au Bourg », vraisemblablement en location.

Le Prieuré dit « Maison Rozier » :

Jean-Marie ROZIER, né le 18 août 1877 à Saint-Jean-sur-Veyle et Eugénie RATTON, née le 27 février 1883 à Manziat, se marient le 3 septembre 1902.

En 1912, ils s’installent  à Cormoranche et, le 6 janvier 1925, achètent le prieuré qui devient, alors, « la Maison ROZIER ».

Le prieuré leur a été vendu par :

1.      Mme Denise Jeanne Adèle BALVAY (1892 Pont-de-Veyle – 1981 Nantua), épouse NEYRON. Son époux Joseph Albert NEYRON est notaire à Nantua.

 2.      Mlle Suzanne Jeanne Joséphine BALVAY (1898 Pont-de-Veyle  – 1991 Villeurbanne).

 Elles héritent ce bien de leurs parents : Pierre Antoine BALVAY, né en 1860, notaire et leur mère, Marie Angèle, née HYVERNAT, à Cormoranche, le 20 septembre 1868.

Mariage, à Cormoranche le 29 avril 1888.

Leur frère, le Lieutenant Georges Michel BALVAY, né le 21 juin 1889, décède accidentellement le 14 août 1915 à Saint Memmie (Marne). Son nom figure sur le monument aux morts de la commune de Pont-de-Veyle.

Monument aux morts de Pont-de-Veyle.

Eugénie ouvre une épicerie. Dans le même temps, Jean-Marie, secondé par son fils Joanny, développe un atelier de forge et de charronnage.

Epicerie Rozier
Epicerie Rozier

 

Plaque JM. Rozier
Plaque JM. Rozier

 

Cinq enfants naissent de cette union dont le dernier Paul, né en 1924, décédé en 2008, s’implique fortement dans sa commune : conseiller municipal, puis adjoint et, enfin, maire pendant trois mandats de 1977 à 1989. 

Après sa mère Eugénie, avec son épouse Claudette, ils continuent d’exploiter l’épicerie de 1966 à 1998.

 Mme Claudette ROZIER et sa fille, Anne-Marie, épouse de Georges JAILLET, occupent, actuellement, la maison familiale.

 Les façades ont été restaurées, en 2000, côté cour et, en 2002, côté place.